Bulletin d'informations
  Organisation Internationale du Travail
Bureau de l'OIT pour l'Union européenne
et les pays du Benelux

Bulletin d'informations
novembre 2016

 
L’Avenir du Travail que nous voulons
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« Le débat sur l’avenir du travail est certainement l’un des plus importants de notre époque » a affirmé le Directeur général de l’OIT, Guy Ryder, lors de l’ouverture de la conférence organisée par l’OIT et le Comité économique et social européen sur ce sujet. La mondialisation, la croissance des inégalités, les innovations technologiques et les évolutions démographiques sont autant de facteurs de changement qui affectent profondément le monde du travail et ceux-ci ont été discutés lors de la conférence. Mais le Directeur général a également exprimé son inquiétude face à l’apparition d’une réaction en chaîne depuis la crise de 2008, au travers de laquelle la détérioration de la situation sociale a nourri l’insatisfaction citoyenne qui aujourd’hui affecte directement la scène politique. Les sentiments d’injustice et d’impuissance au sein de nos sociétés, ne peuvent être compris sans prendre en considération certaines évolutions dans le monde du travail. Dès lors, il importe d’insérer le débat sur l’avenir du travail dans les réflexions portant sur les réponses à apporter au mécontentement croissant envers les institutions publiques. Comme l’a souligné le Directeur général lors de son discours, la poursuite de la justice sociale, notamment dans le monde du travail, est plus que jamais un impératif démocratique.

Si la conférence a soulevé plus de questions que de réponses, l’apport des partenaires sociaux et de la société civile demeure essentiel pour construire l’avenir du travail que nous souhaitons pour nous-mêmes et nos enfants. Je remercie tous les participant(e)s pour leurs importantes contributions au débat et je vous souhaite une agréable lecture,

Claire Courteille, Directeur du bureau de l’OIT à Bruxelles

Photo: EU2016
 
 
 

Actualités

 
 

Le Directeur général de l’OIT: l’engagement du secteur privé est fondamental dans la lutte contre le chômage des jeunes

 
Le 15 novembre, le Directeur général de l’OIT Guy Ryder, a participé à un événement organisé par l’Alliance pour la jeunesse au Parlement européen. Lors de ce débat de haut niveau sur l’emploi des jeunes et l’apprentissage, il a souligné la nécessité de combiner les efforts provenant du secteur public avec ceux du secteur privé.

L’Alliance pour la jeunesse regroupe des entreprises qui se sont engagées pour l’emploi des jeunes européens. Depuis le lancement du projet en 2014, 115.000 jeunes de moins de 30 ans ont réussi à trouver un emploi ou un stage. Les partenaires se sont à présent fixé l’objectif d’offrir 230.000 opportunités d’emploi ou de stages supplémentaires d’ici à 2020. Le Directeur général a félicité les partenaires pour cette initiative et a tenu à rappeler l’ampleur du problème: 71 millions de jeunes dans le monde sont sans emploi et 40 millions d’entre eux rejoignent le marché du travail chaque année.

Le Directeur général a également souligné l’importance de l’efficacité de la collaboration entre décideurs politiques et acteurs privés, mise notamment en évidence par le système dual d’apprentissage. En effet, les pays dotés de systèmes d’apprentissage de qualité, enregistrent des taux de chômage des jeunes considérablement moins élevés que les pays où de tels instruments sont moins développés. L’OIT s’attache à faciliter le dialogue entre les différents acteurs impliqués. Ainsi, au mois de février dernier, l’Initiative Globale pour l’emploi décent des jeunes a été lancée à New York rassemblant plusieurs gouvernements, le système onusien, des entreprises, des institutions académiques ainsi que des organisations de jeunes et de travailleurs. L’objectif est de renforcer les actions menées et parvenir à créer des opportunités de travail de qualité partout dans le monde.
 
 

Réduction de la classe moyenne européenne


Selon une étude de l’OIT réalisée en coopération avec la Commission européenne, la taille de la classe moyenne européenne s’est réduite de 2,3% entre 2004 et 2011 et cette chute s’est poursuivie depuis lors.

Dans la plupart des Etats membres de l’UE, la classe moyenne a connu une croissance rapide dans les années 80 et 90, grâce notamment à une hausse de la participation au marché du travail. Cependant, dans un certain nombre de pays, la classe moyenne a commencé à se réduire avant la crise de 2008. C’était le cas en Allemagne mais également au Luxembourg, en Grèce et au Royaume Uni. Cette tendance s’est renforcée dans les années de crise, en particulier entre 2008 et 2011.

L’érosion de la classe moyenne européenne est la conséquence d’un ensemble complexe de facteurs comprenant le déclin ou la stagnation des salaires, l’augmentation des emplois de pauvre qualité ainsi que l’affaiblissement des mécanismes de négociation collective. En revanche, les pays aux relations industrielles stables, tels que les Pays-Bas, la Suède, la Belgique et la France, connaissent une plus grande stabilité de leurs classes moyennes.
Photo: Alex Proimos
 
 

L’OIT promeut les bonnes pratiques en matière de gouvernance de la migration des travailleurs domestiques


Un nouveau rapport de l’OIT intitulé «Travail décent pour les travailleurs domestiques: faire avancer l’agenda», présente des recommandations pour améliorer les politiques relatives à la migration des travailleurs domestiques. Ce rapport, qui s’appuie sur les connaissances acquises au travers d’un programme financé par la Commission européenne, plaide pour une coopération renforcée entre les pays d’origine, de transit et de destination.

L’OIT estime qu’environ 2.2 millions de migrants vivant en Europe sont des travailleurs domestiques, représentant 19% des travailleurs du secteur. Le travail domestique se caractérise par un niveau d’informalité élevé et une liberté syndicale souvent limitée. Le rapport invite les pays de destination à améliorer la protection des travailleurs domestiques migrants, en soulignant que les processus de négociations collectives au niveau national devraient être renforcés par la mise en place d’un dialogue social impliquant les pays d’origine et de transit.
 
 

Vers un changement des conditions de travail en Europe


Le 17 novembre, Manuela Tomei, Directrice à l’OIT du département des conditions de travail et de l’égalité, a participé à une conférence au Parlement européen sur la Sixième enquête européenne sur les conditions de travail d’Eurofound.

La Directrice a souligné que la qualité du travail est un élément essentiel pour atteindre une croissance inclusive. Elle a notamment présenté des éléments tangibles provenant de travaux de recherches menés par l’OIT, qui démontrent une corrélation positive entre l’amélioration des conditions de travail et la hausse des niveaux de productivité. À la lumière de ces résultats, elle a souligné que l’érosion de la qualité du travail au niveau mondial est particulièrement inquiétante dans la mesure où cela risque d’affecter la durabilité de la croissance dans le futur.
 
 

Le gouvernement du Luxembourg signe un nouvel accord de coopération avec l’OIT


Le 23 novembre, Romain Schneider, le Ministre de la Coopération et de l'Action humanitaire du Luxembourg, et Guy Ryder, Directeur général de l’OIT, ont signé un nouvel accord de partenariat pour la période 2016-2021. Le nouvel accord vise à soutenir la réalisation des Objectifs de l’Agenda 2030 pour le développement durable.
 
 

La Commission européenne établit ses priorités pour le développement durable


Le 22 novembre, la Commission européenne a publié deux Communications présentant sa stratégie pour parvenir à un développement durable au niveau planétaire.

Dans la communication «Prochaines étapes pour un avenir européen durable», la Commission propose d’intégrer les Objectifs de développement durable (ODD) dans les initiatives et politiques européennes existantes ainsi que de faire du développement durable un objectif essentiel de toutes ses politiques.

En ce qui concerne la promotion des ODD dans le cadre de la coopération au développement, le Nouveau Consensus européen pour le développement établit les priorités et souligne l’importance d’une collaboration approfondie entre les agences de développement des Etats membres et l’UE. L’OIT se félicite de la référence faite aux normes internationales du travail et à la promotion de conditions de travail décentes dans les pays tiers.
 
 

Le Parlement européen discute de l’exploitation par le travail dans l’UE


Le 8 novembre, la Commission d’Emploi du Parlement européen a facilité un échange de points de vue sur l’exploitation par le travail au cours duquel l’OIT a présenté la situation mondiale actuelle concernant le travail forcé.

Selon les recherches de l’OIT, près de 21 millions de personnes sont victimes de travail forcé, ce qui génère 150 milliards de dollars de profits illégaux par an. Pour mettre fin à cette situation, l’OIT a lancé l’Alliance 8.7, une initiative multi-acteurs qui a pour objectif d’éradiquer le travail forcé, l’esclavage moderne, le trafic d’êtres humains et le travail des enfants.

De plus, le Protocole de l’OIT sur le travail forcé, un instrument juridique important dans la lutte contre l’esclavage moderne, est entré en vigueur le 9 novembre dernier. A ce jour, il a été ratifié par quatre Etats membres de l’UE: le Royaume-Uni, la France, la République Tchèque et l’Estonie. L’OIT continue de promouvoir la ratification de cet instrument, notamment à travers la campagne 50 for Freedom, à laquelle vous pouvez vous unir en cliquant ici.
Illustration par Gill Button
 
     
 

Evénement à venir

 
16 décembre – Bruxelles
L’OIT participera au panel de haut niveau du Secrétaire général de l'ONU sur l’autonomisation économique de la femme, organisé en collaboration avec la Commission européenne et le bureau d’ONU femmes à Bruxelles.
 

Vidéo du mois




Regardez l’ouverture de la conférence sur « l’Avenir du Travail que nous voulons »

 
 
 
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