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Vendredi 28 mai 2021

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Le gouvernement australien brade sa jeunesse contre un peu de charbon, mais la justice a décidé de mettre fin à ses singeries.

En Australie, la justice juge le gouvernement responsable de la santé climatique des enfants

La justice a signifié au gouvernement australien - qui veut autoriser l'extension d'une gigantesque mine de charbon - son obligation de préserver la santé des enfants dans un climat qui se réchauffe.

Dans l'Etat de Nouvelles-Galles du Sud, au sud-est du pays, le groupe Whitehaven Coal veut agrandir sa vaste mine. Pour cela, il doit obtenir l'approbation du gouvernement australien. Sa chance : le premier ministre Scott Morrison est un adorateur du charbon (lire notre article sur le sujet).

En septembre 2020, un groupe de huit activistes âgé·e·s de 13 à 17 a déposé un recours contre ce projet, au motif qu'il aggraverait la crise climatique, dont elles et ils seraient voué·e·s à souffrir. Jeudi, le tribunal fédéral leur a donné en partie raison.

En 2017, alors ministre des finances, Scott Morrison avait brandi un morceau de charbon en plein parlement pour vanter les bienfaits de l’hydrocarbure et moquer les énergies renouvelables, prétendument responsables d’un black-out dans le sud du pays. © DR

Le juge a refusé de prononcer l'interdiction de cette extension. En revanche, il a reconnu que la ministre de l'environnement, Sussan Ley, était tenue de protéger la santé des enfants au nom de la loi australienne sur le devoir de vigilance. C'est elle qui devra décider de l'autorisation - ou non - de l'extension.

Dans son jugement, rapporté par ABC news, le juge Mordy Bromberg a rappelé que l'agrandissement de la mine entraînerait l'extraction de 33 millions de tonnes de charbon, dont la combustion émettrait 100 millions de tonnes de CO2. De quoi générer une hausse des températures « petite mais mesurable ». La disparition de la grande barrière de corail et de certaines forêts, les centaines de milliers d'hospitalisations et les nombreuses morts prématurées liées aux chaleurs ou à la fumée des feux de bush ont motivé sa décision.

Les jeunes plaignant·e·s savourent leur victoire. « C'est la première fois dans le monde qu'un tribunal reconnaît qu'un ministre a le devoir de protéger les jeunes des préjudices catastrophiques du changement climatique », a applaudi Ava Princi, 17 ans.

• Jeudi, le Conseil d'Etat a sommé le gouvernement de faire appliquer la loi au sujet des conditions de vie des poules pondeuses. En 2018, une disposition de la loi Agriculture et alimentation (Egalim) devait instaurer un moratoire interdisant la construction ou le réaménagement de bâtiments comportant des cages. Mais en deux ans et demi, le gouvernement n'a jamais publié le décret permettant son application. - Le Monde (abonnés)

• Jeudi encore, le président de l'Autorité de sûreté du nucléaire (ASN) Bernard Doroszczuk a indiqué que la sécurité du parc français s'était « globalement améliorée » en 2020, à l'occasion de la présentation du rapport annuel du gendarme de l'atome. Un an plus tôt, il avait pointé du doigt un « recul » dans la rigueur d'exploitation des centrales d'EDF. En revanche, Bernard Doroszczuk a dit sa préoccupation au sujet du devenir du parc à l'horizon 2040, alors que la plupart des centrales auront dépassé 50 années d'exploitation : « rien ne garantit qu’une prolongation supplémentaire soit possible » au-delà de cet âge canonique, a-t-il indiqué, et les pouvoirs publics doivent anticiper la forte baisse de production qui s'ensuivra. - L'Usine nouvelle

• Jeudi toujours, près de 150 paysan·ne·s se sont introduit·e·s dans le hall de la direction générale de Pôle emploi, à Paris, pour dénoncer les premiers arbitrages rendus par le gouvernement au sujet de la future Politique agricole commune (Vert). Selon les protestataires, la répartition des aides de la PAC détruit de nombreux emplois paysans en favorisant les plus grandes exploitations, largement mécanisées. Récit dans Reporterre.

La mondialisation et nous

Une formondiale époque. Dans La folle histoire de la mondialisation, des économistes mettent en dessin notre ouverture au monde et ses conséquences sur notre quotidien.

La crise du Covid-19 a jeté la lumière sur l'interdépendance de nos économies, la délocalisation en Asie de nos productions – y compris stratégiques, comme les masques –, ou l'importance des flux touristiques. « Pour certains, [la mondialisation] c'est la clé du développement, qui a sorti de la misère des millions de gens. Pour d'autres, c'est la cause des dérives inégalitaires, ce qui a détruit l'environnement et rendu les Etats impuissants », explique l'un des auteurs. Entre ces deux polarités, l'ouvrage offre une vision docte, limpide et contrastée de la mondialisation.

« Où fabrique-t-on un jean ? », « La mondialisation fait-elle davantage de perdants que de gagnants ? », « Peut-on dompter la finance ? » ; assis dans un café parisien, les chercheur·se·s Isabelle Bensidoun et Sébastien Jean brossent à grands traits l'interconnexion de nos économies et ses dérives à partir d'exemples concrets. Superbement illustrée par Enzo, journaliste à Alternatives économiques qui, dans cet ouvrage, n'hésite pas à porter le crayon dans la plaie, la bédé s'attarde aussi sur les conséquences environnementales de l'ouverture à tous crins.

Les auteur•rice•s rappellent par exemple que les émissions de CO2 liées au commerce de marchandises proviennent en majeure partie de leur mode de production et en minorité de leur transport. En revanche, si elle et il constatent la nécessité d'aller vers plus de sobriété au niveau individuel « surtout pour les hauts revenus, responsables d'une part disproportionnée des émissions », les universitaires balaient d'un revers de la main un modèle de sobriété collective et vantent les mérites des solutions technologiques et de l'innovation.

Au cœur d'un jeu à somme négative pour le vivant, cette bande-dessinée grand public apportera aux lecteur•rice•s les connaissances et les concepts clés pour identifier les mécanismes sur lesquels ils et elles peuvent agir, afin de ne pas abandonner la critique de la mondialisation aux populistes nés de sa crise.

La folle histoire de la mondialisation, Enzo, Isabelle Bensidoun, Sebastien Jean, Les Arènes BD, avril 2020, 248p, 24,90€

Une chronique signée Juliette Quef
Le vendredi, chez Vert, c'est le jour du Do it yourself (faites-le vous-même) ! En ces jours où le soleil pointe enfin ses rayons, voici une recette de crème solaire écologique.

Vous pouvez cliquer sur l'image pour l'afficher en plein écran et l'enregistrer d'un coup de clic droit © Vert

Et le singe inventa la culture

Savants singes. Qu'est-ce qui nous distingue des chimpanzés ? L'utilisation d'outils ? Non. Le rire ? Pas plus. La culture ? Il semblerait qu'elle ne soit pas non plus notre apanage.

Pour s'en convaincre, des scientifiques arpentent les forêts primaires du globe depuis des décennies pour étudier les us et coutumes de nos lointains cousins, comme le raconte le réjouissant documentaire Et le singe inventa la culture. D'un groupe à l'autre, les chercheurs découvrent que des individus ont développé des techniques différentes pour résoudre des problèmes similaires, signe d'une culture propre à chacun.

Et le singe inventa la culture, Eva Demmler et Axel Friedrich, 2013, disponible en replay sur le site d'Arte.

© Arte

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