Je m'inscris Je me désinscris
Vendredi 14 janvier 2022
Chères toutes et chers tous,

Vous êtes-vous promené·es sur le chatoyant nouveau site de Vert ? Qu'en avez-vous pensé?

Faites-nous part de votre ressenti ainsi que des éventuels bugs que vous auriez pu croiser !

Présidentielle oblige, 2022 s'annonce sportive pour notre petite rédaction. Aidez-nous à étoffer notre équipe pour vous proposer des reportages, des analyses des programmes des candidat·es et des enquêtes, grâce à un don sur notre cagnotte OKPal.
Un numéro où l'on verra que l'agriculture industrielle ne manque pas d'air et ne se prive plus de nous pomper l'eau.

Les immenses « fermes à saumons » débarquent en France

Faudrait qu'on arête. Pas moins de trois usines d’élevage terrestre de saumons prévoient d'ouvrir en France dans les années à venir, des installations loin d’être inoffensives pour l’environnement et pour les poissons.

Dans sa vidéo de présentation, l’entreprise Pure Salmon exhibe des images de scientifiques en blouses blanches, d’usines ultra-modernes et de poissons frétillants. Sa spécialité ? Élever des milliers de saumons sur la terre ferme, dans de grands bassins où tous les paramètres sont contrôlés par l’informatique. Un concentré de haute-technologie, présenté comme au service d’un élevage sain et durable.

La simulation en 3D présentée par Pure Salmon sur son site.

Cette entreprise portée par le fonds d’investissement singapourien 8F a jeté son dévolu sur la ville de Boulogne-sur-Mer (Pas-de-Calais), où elle souhaite installer une usine qui produirait 10 000 tonnes de saumons par an. Il s’agirait du plus grand élevage aquacole terrestre d’Europe.

En France, pas moins de trois projets de ce type sont en cours de développement. Boulogne-sur-Mer devrait aussi accueillir Local Ocean et ses 8 000 tonnes de saumons par an. Quant au Norvégien Smart Salmon, il a décidé de s’installer à Plouisy (Côtes-d’Armor), près de Guingamp. 10 000 tonnes de saumons sortiront de son usine chaque année. Avec plus de 192 000 tonnes consommées en France chaque année, le saumon est un marché juteux. Et de tels projets bénéficient de la bénédiction des collectivités locales, comme de l'Etat.

Parmi les craintes des associations écologistes, l’immense consommation d’eau requise par ce type d’élevage : entre 550m3 à 2 750 m3, selon les saisons, pour l’usine Pure Salmon. Or, « il y a déjà des périodes de l’année où la situation hydrique du territoire est tendue », indique à Vert Dominique Le Gout, membre de l’association Eau et Rivières de Bretagne. Un point qui inquiète aussi dans le Nord : en mai, la mission régionale d’autorité environnementale (MRAE) pointait les nombreuses insuffisances du projet de Pure Salmon. Le Conseil national de la protection de la nature (CNPN) a dénoncé, lui aussi, l’impact négatif sur la biodiversité d’un tel projet : le site de Pure Salmon devrait être implanté dans un « corridor écologique », qui relie des espaces naturels les uns aux autres. De plus, l’installation devrait se faire sur des terres agricoles, causant la destruction de haies du bocage boulonnais.

En cause également, les déchets produits par ces entreprises – les déjections des poissons en tête. En Bretagne, Smart Salmon explique qu’il revalorisera les rebuts de son usine afin de fertiliser des serres maraîchères et produire du biogaz, grâce à un processus de méthanisation. Or, pour Dominique Le Gout, « la méthanisation ne fait pas disparaître l’azote. Dans une région où l’on s’inquiète des marées vertes [un phénomène provoqué par les rejets d’azote issus de l’agriculture industrielle – Ndlr] ça nous parait assez hallucinant ».

Retrouvez la suite de cet article, où il est question du bien-être des saumons, sur vert.eco

· 151 élevages de volailles français sont désormais touchés par l'épidémie de grippe aviaire, a annoncé le ministère de l'agriculture, jeudi. Ces élevages sont situés pour l'essentiel au sud-ouest du pays, dans les Landes (94 exploitations), les Pyrénées-Atlantiques (28) ou le Gers (16). Dans de tels cas, l'abattage préventif des oiseaux est prononcé dans un périmètre défini par la préfecture. En décembre, « environ 600 000 à 650 000 volailles » avaient été tuées de manière préventive.

· Ecrasé par une vague de chaleur, l'ouest de l'Australie vient d'égaler le record absolu de température relevée dans l'hémisphère sud, qui datait du 2 janvier 1960. La marque de 50,7°C a de nouveau été atteinte ce jeudi dans la ville d’Onslow, en Australie-Occidentale, ce que doit encore confirmer l'Organisation météorologique mondiale. De son côté, la Nasa vient de classer 2021 à la sixième place des années les plus chaudes, notant également que les huit dernières années furent les huit plus torrides jamais mesurées, comme le raconte Sylvestre Huet sur son blog Sciences².

Une visualisation réalisée par le météorologue Scott Duncan.

10 mois avec sursis

Maussade Caussade. Jeudi, la cour d'appel d'Agen a réduit à dix mois de prison avec sursis les peines prononcées en première instance contre Serge Bousquet-Cassagne et Patrick Franken, respectivement président et vice-président de la chambre d’agriculture du Lot-et-Garonne. En juillet dernier, tous deux avaient été condamnés à des peines de prison ferme pour avoir creusé de manière illégale une retenue d'eau de 20 hectares à Caussade (Lot-et-Garonne), afin d'alimenter les exploitations agricoles alentour. Un jugement alors considéré comme historique dans une affaire de délit environnemental.

A la sortie du tribunal, Serge Bousquet-Cassagne a savouré ce « camouflet pour les associations environnementales, rapporte le Monde. On savait pertinemment que la justice de notre pays n’allait pas nous mettre en prison pour avoir fait un lac ». Les deux représentants sont également condamnés à verser entre 15 000 et 25 000 euros aux associations requérantes.

Creusée manu militari en 2019 par des dizaines de membres et de bénévoles de la chambre d'agriculture, malgré le refus répété des autorités, la retenue d'eau illégale est toujours en fonctionnement. Or, avec ses 920 000 mètres cubes, elle prive les sols et la biodiversité locale d'immenses quantités d'eau, qui sert à irriguer des cultures asséchées par le réchauffement climatique.

La maison magique - Earthship, l'habitat autonome du nouveau monde

 Il faut retrouver la maison. Dans La maison magique, Benjamin Adler et Pauline Massart racontent leur ambitieux projet de construction d’une maison autonome près de Périgueux (Dordogne).

C’est au cours d’un dîner à Los Angeles, en Californie, où ils habitent alors, que Pauline Massart, ancienne directrice marketing et Benjamin Adler, ex-journaliste, apprennent l’existence de maisons autonomes, appelées Earthship (géonefs en français). Nous sommes en 2014 et la graine d’une idée un peu folle vient d’être semée. Elle éclora trois ans plus tard à Biras, en Dordogne.

Dans ce journal intime et pratique qu’est La maison magique - c’est ainsi que l’a baptisée Noéha, leur fille de sept ans -  le couple narre avec force humour des péripéties rencontrées pour faire sortir de terre leur maison semi-enterrée, contenue par des murs en matériaux recyclés (pneus, canettes, bouteilles). Le terrain orienté plein sud, les voisins sympathiques, la mairie enthousiaste, le prêt bancaire compliqué, l’épuisant terrassement, le chantier-école et, bien entendu, les doutes et les alléluias : rien n’est tu. Si ce n’est le prix – 320 000€ – que l’on trouve sur internet (We demain).

Pour bâtir ce premier Earthship officiel en Europe, le couple a fait venir l’architecte à l’origine du concept né dans les années 70, Michael Reynolds et son équipe depuis les Etats-Unis. Il n’aura fallu que 24 jours pour faire sortir de terre la géonef de 148 m². Et quelques mois de plus pour mettre au point les systèmes de phytoépuration, les puits canadiens et les panneaux solaires, garants de leur autonomie en eau et en électricité.

Au-delà du chantier lui-même, ce témoignage invite à penser nos habitats à l’aune de leur consommation énergétique. Il souligne également l’importance des réseaux d’entraide et du soutien local pour inventer demain sans dépendance aux énergies fossiles.
 
La maison magique - Earthship, l'habitat autonome du nouveau monde, Benjamin Adler et Pauline Massart, Massot éditions, janvier 2022, 144p, 19,9€.

La folie du CBD

Dis-moi weed. Le 31 décembre, le gouvernement a pris un arrêté afin de régir la vente de CBD - cette molécule dérivée du cannabis, prisée pour ses vertus relaxantes - qui prévoit d'interdire la vente des « fleurs et feuilles brutes sous toutes leurs formes ». Une interdiction partielle contestée par les acteurs d'une filière qui s'est fortement développée ces dernières années. Ce vendredi, le Conseil d'Etat étudie leur recours pour faire suspendre l'arrêté gouvernemental. En attendant, regardez cet épisode d'Envoyé spécial, le magazine de France 2, pour tout savoir sur le CBD.

© Envoyé spécial

Afin de continuer à vous proposer un contenu de qualité, Vert a besoin de votre soutien !
 
Si ce que vous lisez vous plaît, faites un don (déductible d'impôt) de quelques euros par mois sur OKPal.
+ Pauline Paillassa et Juliette Quef ont contribué à ce numéro
La conservation d'emails produit du CO2, n'hésitez pas à supprimer vos anciens numéros.
Cliquez ici pour retrouver les éditions passées.

Vous recevez trop de mails ? Vous voulez changer de rythme ? 
Je gère mes abonnements

Les mentions légales sont disponibles sur le site de Vert.