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Mercredi 18 mai 2022
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Le gendarme du nucléaire préfère mettre les points sur les "i" avant qu'on ne relance l'atome à tout prix.

L'Autorité de sûreté nucléaire pointe la « fragilité inédite » du parc français

Atone. Mardi, le président de l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN), a présenté un bilan sans concession de la situation du parc français, alors que plus de la moitié des réacteurs sont à l’arrêt.

Lors de sa présentation aux parlementaires (voir la vidéo) de son rapport pour l'année 2021, le patron de l’ASN, Bernard Doroszczuk, a donné une bonne appréciation générale sur la sûreté jugée « satisfaisante » des installations nucléaires. S'en est ensuivie une série d'avertissements : « le système nucléaire doit faire face à double fragilité inédite, qui résulte pour l’essentiel de l’absence de marge et d’un déficit d’anticipation », s’est-il inquiété.

La première fragilité tient tout d'abord au fait qu'un nombre record de 29 réacteurs (sur 56) est actuellement à l'arrêt. Aux arrêts déjà prévus pour contrôle, maintenance ou rechargement du combustible (un calendrier compliqué par la pandémie), s'est ajouté un phénomène inattendu et encore largement inexpliqué : EDF a mis sur pause douze réacteurs dont les tuyauteries sont atteintes par la corrosion (Vert). Alors que des contrôles sont encore en cours pour déterminer l'origine et l'ampleur de ces anomalies, le président de l'ASN a prévenu que les travaux de réparation dureraient plusieurs années. De quoi grever significativement la production nucléaire.

L'autre fragilité tient aux dysfonctionnements constatés dans la gestion du combustible usé, qui conduisent notamment à une saturation des lieux d'entreposage. « Ces difficultés, si elles s'aggravaient, pourraient fragiliser le fonctionnement des centrales nucléaires dans la mesure où elles ne pourraient plus évacuer les combustibles usés de leurs installations », a prévenu Bernard Doroszczuk. Certaines de ces situations sont pourtant connues depuis longtemps. L'arrivée à saturation, au plus tard en 2030, de la piscine de refroidissement des combustibles usés de la Hague (Manche) est sue depuis 2010. Or, une deuxième piscine ne sera pas prête avant 2034, au plus tôt.

Emmanuel Macron, le 10 février, dans l’usine Steam power de General electric de Belfort. © Jean-Francois Badias / AFP

Le 10 février dernier, Emmanuel Macron a annoncé son souhait de construire 6 à 14 nouveaux réacteurs à eau pressurisée (EPR) et de prolonger « tous les réacteurs qui peuvent l’être » au-delà de 50 années d’exploitation (Vert). Or, selon le gendarme nucléaire, ce scénario « risque d'engager le système électrique dans une impasse, en particulier dans le cas où le nombre réacteurs aptes à fonctionner jusqu'à ou au-delà de 60 ans serait finalement insuffisant ou connu tardivement ».

L'ASN, qui délivre les autorisations décennales d'exploitation aux centrales, indique qu'« à ce stade, les éléments ne permettent pas de conclure que la poursuite de certains réacteurs est acquise au-delà de 50 ans ».

Enfin, le président de l'ASN rappelle que « la relance des activités nucléaires rend la question des déchets encore plus prégnante », celle-ci étant déjà « sensible et sujet à controverses ». En particulier, Bernard Doroszczuk prévient que la construction de nouveaux réacteurs et/ou la prolongation d’autres, entraînerait « forcément » une extension du centre d'enfouissement des déchets hautement radioactifs Cigéo à Bure (Meuse), lieu d'une très vive contestation.

· Mardi, l’ancien ministre délégué aux transports Jean-Baptiste Djebbari a déclaré n’avoir « aucun état d’âme » à rejoindre prochainement le conseil d’administration de la start-up privée Hopium. En septembre 2021, le constructeur de voitures à hydrogène s’était servi de l’image du ministre délégué dans une vidéo promotionnelle; un peu plus tard - quatre mois avant de quitter le gouvernement - Jean-Baptiste Djebbari avait demandé à la Haute autorité pour la transparence de la vie publique l’autorisation de rejoindre la firme française, comme Vert vous le racontait hier. - La Tribune

· Mardi encore, le média Disclose a révélé l’existence de milliers de nouvelles victimes potentielles des essais nucléaires menés en Polynésie française, dans une étude menée en partenariat avec l’Université de Princeton (Etats-Unis). L’examen des retombées du tir « Pallas » en 1973, fait apparaître que le nuage radioactif aurait contaminé quelques 3 000 personnes. Une mise à jour qui fait suite aux révélations de l’enquête Toxique, parue en août 2021, sur l’impact caché des essais nucléaires menés par la France. - Disclose

· Mardi toujours, le groupe pétrolier français TotalEnergies a annoncé sa volonté de débuter l’exploitation du champ pétrolier de Ballymore dès 2025. Trois nouveaux puits devraient entrer en activité dans cette zone du Golfe du Mexique, pour une production de 75 000 barils de pétrole par jour. Pour contenir le réchauffement à moins de 1,5°C (par rapport à l’ère préindustrielle), il faudrait renoncer immédiatement à tout nouveau projet fossile, a récemment rappelé l’Agence internationale de l’énergie. - Connaissance des énergies (AFP)

9 millions

Le fond de l'air effraie. La pollution de l'air, de l'eau et des sols est responsable de neuf millions de morts chaque année, soit un décès sur six dans le monde, révèle une étude du Lancet Planetary Health parue ce mardi. Cette publication est la mise à jour d'un premier travail de recherche mené en 2017. Premier constat : le nombre global de morts est resté stable depuis quatre ans. Dans le détail, la pollution de l'air occasionne environ 6,7 millions de décès annuels, celle de l’eau, 1,4 million et celle des sols, 800 000. Ces chiffres mondiaux cachent une surexposition frappante des pays à faibles revenus qui concentrent 92% de ces décès. En Asie du sud par exemple (Inde, Pakistan, Bangladesh, etc.), la pollution de l’air extérieur et intérieur est responsable, à elle seule, de 75 % des décès. Si les scientifiques ont constaté une légère baisse de la mortalité liée à des pollutions « historiques » (comme la combustion de charbon) ou liée à l'extrême pauvreté (consommation d'eau polluée, notamment), celle-ci est compensée par la hausse des formes modernes de pollution, en particulier les pollutions chimiques. En hausse de 66% depuis les années 2000, ces pollutions, qui touchent à la fois l'air, l'eau et les sols, sont responsables de quelque 1,8 million de décès annuels, dont 900 000 rien que pour la pollution au plomb.

Corinne Morel Darleux : « Il y a une époque où l’on pouvait être romantique et révolutionnaire »

Pour son prochain hors-série « Comment nous pourrions vivre » (actuellement en prévente), le magazine Socialter a confié l’orchestration de ses 180 pages à l’écrivaine et militante Corinne Morel Darleux. Entretien avec l’autrice qui vit au pied du Vercors et refuse de séparer esthétique et politique.
 

Quelles ont été les prémices de votre collaboration avec Socialter ?

Début février, Philippe Vion-Dury et Clément Quintard m’ont proposé d’être la prochaine rédactrice en chef invitée. On entrait dans une séquence d’élections présidentielle et législatives ; Zemmour tournait en boucle sur nos écrans. On ne s’attendait pas franchement à vivre un moment réjouissant. L’objectif du hors-série était de redonner de l’élan et des horizons, après cette séquence, pour garder l’envie d’agir. J’ai tout de suite accepté. Ce furent quatre mois de travail intense, qui se sont particulièrement bien passés […].

On y parle d’utopies et d’élans, sans niaiserie ni candeur : il ne s’agit pas d’un « feel-good » magazine, ni de redonner « espoir ». L’espoir a provoqué beaucoup de dégâts et génère surtout des désillusions. En revanche, on s’est efforcé de rouvrir des horizons politiques. « Rester lucide et sortir de l’amer », comme je l’écris dans mon édito. Pour cela, nous devons montrer d’autres manières de vivre – qui, pour certaines, existent déjà –, et lancer des pistes pour, par exemple, réhabiliter le beau et la poésie en politique.

Corinne Morel Darleux © Vincent Astier-Perret

Pour s’opposer à ce monde, « il faut aussi chercher la force de dire non, lorsque le refus devrait être un devoir », dites-vous dans votre livre Plutôt couler en beauté que flotter sans grâce (Vert). Récemment, lors de leur cérémonie de remise de diplômes, huit étudiant·es d’AgroParisTech ont appelé leurs camarades de promo à « déserter ». Est-ce que c’est ça l’élan, le « refus de parvenir » ?

Le refus de parvenir est une notion qui a été définie par Albert Thierry au début du XXème siècle et qui a longtemps été confinée aux réseaux libertaires. Il s’agissait de refuser les honneurs et les privilèges tendus par les classes dominantes à certains éléments « méritants » des classes populaires pour, in fine, les mettre à leur service. Refuser de parvenir, c’était en quelque sorte refuser de trahir sa classe sociale pour une carrière ou des médailles. Dans mon essai, j’ai repris ce concept pour l’élargir et le mettre en rapport avec la situation de chaos écologique et social que nous traversons actuellement. Refuser de parvenir, ce n’est pas abandonner toute ambition, mais refuser que celle-ci se fasse au détriment des autres et des écosystèmes.

Retrouvez la suite de ce riche entretien sur vert.eco

La nature en justice

Vert dicte. Aujourd’hui, et jusqu’à dimanche, c’est la 16è édition de la fête de la Nature. Celle-là même qu’Emmanuel Macron, alors en campagne, avait promis d’inventer ! De nombreuses animations labellisées par l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN), visent à (re)découvrir les richesses naturelles autour de chez soi. L’occasion aussi de s’interroger sur les moyens de mieux les protéger. Dans cette vidéo des Nomades philosophes, la juriste en droit international Valérie Cabanes présente une perspective peu connue en France : celle de donner des droits à la nature. Révolutionnaire.

© Les nomades philosophes.

+ Loup Espargilière, Juliette Quef et Anna Sardin ont contribué à ce numéro.
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