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Mercredi 7 juillet 2021
Chères toutes et chers tous,

🪶 Aujourd'hui, nous avons le plaisir d'accueillir une nouvelle plume, celle de Mathilde Doiezie, dont voici le premier numéro!

🕶️ En juillet et en août, les éditions quotidiennes et hebdomadaires ne font plus qu'une : l'estivale vous sera envoyée chaque mercredi dans un format légèrement remanié. Nous espérons qu'elle vous plaira.
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Sommé d'en faire davantage pour le climat par tout ce que le pays compte d'institutions, l'Etat choisit de s'en prendre aux associations.

Le gouvernement veut réprimer plus durement les opposants à l'avion

Déconnage immédiat. Mardi, la majorité LREM à l’Assemblée nationale a validé le projet gouvernemental de créer un délit d'intrusion sur les pistes des aéroports, visant délibérément les associations écologistes opposées au développement du transport aérien. 

C'est un projet de loi fourre-tout « portant diverses dispositions d’adaptation au droit de l’Union européenne dans le domaine des transports, de l’environnement, de l’économie et des finances » qu’ont adopté les député·e·s ce mardi 6 juillet. Son article 10 instaure un « délit d'intrusion », qui punira de six mois d'emprisonnement et 7 500 euros d'amende « le fait de s'introduire dans la zone côté piste d'un aéroport ». Une peine majorée si elle est « commise en réunion » ou si elle est « précédée, accompagnée ou suivie d’un acte de destruction, de dégradation ou de détérioration ».

Ce nouveau délit vise délibérément les ONG environnementales qui ont fait de l’avion, moyen de transport élitiste et responsable à lui seul de 6% du réchauffement mondial, une cible privilégiée. En octobre dernier, des dizaines de militant·e·s avaient envahi le tarmac de l’aéroport de Roissy (RTL) pour protester contre la construction d’un quatrième terminal. En mars 2021, Greenpeace avait investi la même piste pour repeindre en vert un avion d’Air France (Libération), dénonçant le greenwashing du gouvernement, davantage porté sur la promotion des carburants « verts » que sur la réduction du trafic aérien.

© Denis Meyer / Greenpeace

Ce n'est pas la première fois que le gouvernement tentait d'imposer ce délit contre les activistes écologistes. En novembre, l'exécutif avait déposé un amendement similaire à la proposition de loi sécurité globale. Il avait été déclaré irrecevable, l'Assemblée nationale ayant estimé qu'il ne présentait pas de lien avec le texte déposé. La deuxième fois aura été la bonne.
Les températures historiques enregistrées la semaine dernière en Colombie-Britannique, Etat de l'Ouest canadien, ont déclenché près de 200 feux, dont 184 étaient toujours actifs dimanche, selon le service canadien de lutte contre les feux de forêt. Le village de Lytton, qui détient le nouveau record national - 49,6 °C - depuis mardi dernier, a été détruit à 90 % par l'incendie qui s'y est déclaré. - Le Point 

• Vendredi dernier, la Cour des comptes a étrillé l’inaction de l’Etat dans la lutte contre le phénomène des algues vertes en Bretagne. Dans son évaluation des politiques menées entre 2010 et 2019, l'institution juge que les objectifs des plans de lutte étaient « mal définis » et que leur ambition s'est « réduite » au fil du temps. De plus, les actions entreprises ont eu des « effets incertains » et les soutiens financiers accordés aux exploitations agricoles dont les pratiques sont plus vertueuses ont été « insuffisants ». Les épisodes de pollution aux algues vertes sont provoqués par les rejets azotés de l’agriculture industrielle bretonne. - La synthèse du rapport

• Lundi, le ministre de l'Agriculture, Julien Denormandie a annoncé que les contrôles dans les abattoirs seraient renforcés à partir de septembre. Des inspecteur·rices seront envoyé·e·s « simultanément et de manière inopinée » dans plusieurs établissements à la fois, et les sanctions seront renforcées, a promis le ministre. Il a également déclaré qu'il allait adresser un courrier à toutes les préfectures pour leur rappeler les principes de la protection animale en abattoir. - Consoglobe

• Lundi encore, la justice a rejeté le référé-liberté déposé samedi par la mairie de Ramatuelle (Var) qui dénonce l'augmentation des rotations quotidiennes d'hélicoptères autorisée pour cet été dans la presqu'île de Saint-Tropez. Un arrêté préfectoral pris fin juin prévoit 50 mouvements quotidiens, contre 40 lors des saisons précédentes. La commune poursuit sa requête avec le dépôt d'une action en référé-suspension et d'une plainte sur le fond, pour limiter les surfaces d'atterrissage dans les parties protégées du littoral et les nuisances sonores provoquées par ces déplacements prisés d'une clientèle fortunée. – BFMTV

La coulée de boue survenue samedi à Atami, à une centaine de kilomètres de Tokyo au Japon, a fait 4 morts, selon le dernier bilan partagé par les autorités, ce mardi. 24 personnes restaient introuvables. Cette coulée de boue avait entraîné un glissement de terrain. Elle a été provoquée par des précipitations abondantes liées à la saison des pluies, dont l'intensité s'accroît en raison du réchauffement climatique.

• Mardi, le Premier ministre Jean Castex a annoncé l’abandon du projet de révision constitutionnelle qui visait à inscrire la protection de l'environnement dans la Constitution. Ce renoncement intervient après une bataille sémantique entre les deux chambres législatives : en mai, le Sénat avait refusé d'adopter la formulation validée par l'Assemblée nationale, qui prévoyait que l'Etat « garantit la préservation de l’environnement et de la diversité biologique et lutte contre le dérèglement climatique ». Il s’agit d’une nouvelle proposition de la Convention citoyenne pour le climat abandonnée par l’exécutif. - Franceinfo

© Televisa Veracruz / Twitter

Il y a le feu au Golfe. Vendredi dernier, au large du Mexique, la rupture d'un gazoduc marin a généré une fuite qui a créé un « œil de feu » à la surface de l'océan. L’accident s’est produit à proximité d'une plateforme de forage pétrolier exploitée par l'entreprise mexicaine Pemex, où sont extraits chaque jour 700 000 barils du sous-sol du Golfe du Mexique. Il a fallu trois bateaux et cinq heures pour venir à bout de ce curieux incendie. L'origine de la fuite reste inconnue. En 2019, Pemex avait été classée comme la neuvième entreprise la plus polluante au monde en termes d'émissions carbone par le Guardian. Voir la vidéo sur Francetv.
• Glypho pas pousser. Deux chercheurs autrichiens en toxicologie génétique ont passé en revue les 53 études réglementaires portant sur les propriétés génotoxiques du glyphosate, qui ont permis aux autorités sanitaires européennes de réautoriser l'utilisation de cet herbicide controversé en 2017. Leurs conclusions, dévoilées vendredi : la grande majorité d'entre elles ne remplissent pas les critères de conformité attendus d'une étude scientifique. - Le Monde (abonnés)

• Tout schuss vers le chaud. Alors que la pratique sportive est déconseillée au-dessus de 32°C, un réchauffement climatique de 2°C pourrait faire perdre neuf jours de sport en moyenne en France chaque année, selon une étude du WWF publiée ce mardi et financée par le ministère des Sports. A +4°C, la privation atteindrait, en moyenne, 22 jours. Ces chiffres triplent pour le sud de la France. - WWF

Peut-on mourir de chaud ? L'épidémiologiste environnemental Rémy Slama répond à cette question de manière littérale pour Le Monde. Lors des épisodes de chaleur extrême comme celui vécu à l'ouest du Canada la semaine dernière, « c'est comme si le corps faisait une course de fond en permanence », explique-t-il : « l'organisme se fatigue énormément, d'autant plus quand il y a des pathologies préexistantes », ce qui peut conduire à des morts subites.
 
9 mois

Une gestation pour le climat. Dans une décision rendue jeudi dernier, le Conseil d’Etat a laissé neuf mois au gouvernement pour que celui-ci prenne des mesures suffisamment ambitieuses pour réduire les émissions nationales de 40 % d’ici 2030 par rapport à 1990. L'instance avait été saisie en janvier 2019 par la commune de Grande-Synthe (Nord), qui plaidait que ses administré·e·s étaient mis·es en danger par l’inaction de l’exécutif. Le Conseil d'État estime que cette demande est valable, alors que « la baisse des émissions en 2019 est faible et que celle de 2020 n'est pas significative car l'activité économique a été réduite ».

«La nature et la physique ne sont ni amusées, ni distraites par votre théâtre»
- Greta Thunberg
Invitée à s'exprimer vendredi dernier devant l'Austrian World Summit, créé il y a cinq ans par Arnold Schwarzenegger, la Suédoise Greta Thunberg s’en est prise aux dirigeant·e·s politiques et de grandes entreprises. Pire que leur inaction, elle a dénoncé leur « jeu d’acteur » fait de « mots vides », qui leur permettent tout au plus de mieux « dormir la nuit ». Un discours puissant, dont la traduction en français est à lire sur un blog de Mediapart.
Zéros sociaux. Fin juin, dans son rapport annuel 2020 sur le développement durable, Facebook se félicitait d'avoir atteint la neutralité carbone, grâce à la réduction de 94% de ses émissions depuis 2017, et à l'alimentation à 100% de ses data centers en électricité d'origine renouvelable. Auprès de France info, deux experts nuancent cette annonce un peu trop belle pour être vraie : les chiffres avancés par le réseau social occultent notamment les émissions indirectes liées à la construction de ses gigantesques data centers, des ordinateurs utilisés par le groupe, des voyages professionnels des salarié·e·s ou celles générées par l'utilisation de ses produits, gourmands en électricité pas forcément renouvelable. - Franceinfo
• Bas les palmes. Mardi, le PDG de TotalEnergies a annoncé que son groupe cesserait d’utiliser de l’huile de palme à partir de 2023. Le pétrolier s’en sert notamment pour fabriquer des biocarburants dans sa nouvelle raffinerie de la Mède (Bouches-du-Rhône), ouverte en 2019. Un site plusieurs fois bloqué par des associations environnementales pour dénoncer l’importation d'huile de palme, responsable d'une importante déforestation en Amérique latine, en Asie et en Afrique. Le site de la Mède ne sera pas fermé pour autant, le groupe espérant utiliser du gaz issu de la méthanisation... qui a aussi ses détracteurs. 

• Débranchée. Depuis jeudi, la pêche électrique est interdite dans l'Union européenne. Depuis Boulogne-sur-Mer, Reporterre raconte les effets délétères de cette pratique et l'engagement de plusieurs années de l'association Bloom pour en arriver-là. Si la lutte a payé, c’est qu’« il y avait la convergence d’enjeux majeurs écologiques mais aussi sociaux : s’il n’y a plus de poissons, il n’y a plus de pêcheurs », raconte Younous Omarjee, eurodéputé La France insoumise engagé de longue date sur le sujet.

• Plastiques planqués. Depuis jeudi 1er juillet, la vente ou la distribution de produits plastiques à usage unique - comme les cotons-tiges, les pailles, les gobelets, les touillettes, ou les barquettes de polystyrène - sont interdites en France. C’est la fin d’une période de six mois de tolérance qui avait été accordée à partir du 1er janvier aux fabricant·e·s et aux commerçant·e·s pour leur laisser le temps de s’adapter. Il s’agit d’une disposition de la loi relative à la lutte contre le gaspillage et à l'économie circulaire adoptée en 2020, elle-même la transposition d’une directive européenne. La liste des produits interdits sur Service-public.fr.

• Saumons fumés. Mercredi dernier, l'assemblée législative de la province argentine de Terre de feu a adopté à l’unanimité une loi bannissant l'élevage de saumons. Espèce étrangère à la région, son « apparition provoquerait un déséquilibre dramatique du milieu marin », d'après le texte. C'est le premier territoire dans le monde à adopter une telle interdiction. Mais le Chili, qui possède la seconde moitié de l'archipel et est le deuxième producteur de saumons au monde, entend pour l'instant continuer cette activité. - Le Point (AFP)

Mon voisin Lubrizol

Le 26 septembre 2019, un incendie s'est déclaré dans l'usine Lubrizol située entre Rouen et Le Petit-Quevilly. 9 500 tonnes de produits chimiques sont alors parties en fumée. Sous le panache, les nombreuses caravanes d'une aire pour les gens du voyage, à qui les autorités ont dit de rester sur place. Une nuit de l'horreur dont Vanessa et ses enfants se souviennent très bien. Depuis, cette mère de famille se bat seule pour réclamer un relogement plus éloigné des usines à risque où les pouvoirs publics avaient confiné cette population. Un documentaire de Streetpress la suit dans sa bataille.

© Streetpress

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