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En se liant les mains dans d'improbables traités ou en poursuivant leurs vigies écologistes, les Etats condamnent le monde à l'inaction climatique. 

Quand l’Etat français se démène contre les organisations écologistes

Ces dernières années, en France, la répression de l'appareil d'Etat s'est accrue à l'encontre des militant•e•s écologistescomme le montre Libération dans une riche enquête.

En 2019, les membres d'ANV-COP21 multiplient les décrochages pacifiques de portraits d'Emmanuel Macron dans plusieurs dizaines de mairies pour dénoncer l'inaction du gouvernement contre la crise climatique. Plus de 120 personnes sont placées en garde à vue et 85 perquisitions sont menées au domicile de plusieurs d'entre elles. Celles-ci « ne visaient pas à récupérer les portraits puisqu’ils n’en ont retrouvé aucun, mais à intimider et à criminaliser le mouvement », dénonce le militant Jon Palais auprès de Libération. 

Cette répression n'est pas le fruit du hasard puisqu'une circulaire interne a été envoyée à toutes les gendarmeries afin de les inciter à ouvrir systématiquement des procédures pour vol aggravé, comme l'avait alors dévoilé le Monde.

A Bure (Meuse), l'Etat a déployé des moyens sans précédent pour surveiller les opposant•e•s au projet de site d'enfouissement des déchets nucléaires Cigéo, ainsi que l'avaient rapporté Mediapart et Reporterre dans une vaste série d'enquêtes

En 2019, pour la première fois, des peines de prison ferme ont été prononcées pour des militants associatifs, deux ans après l'intrusion d'activistes de Greenpeace sur le site de la centrale nucléaire de Cattenom (Moselle). Ils seront finalement condamnés à des amendes en appel. 

Christophe Castaner, alors ministre de l'Intérieur, en compagnie de Christiane Lambert, présidente de la FNSEA (à droite), lors de la présentation de Déméter en 2019 © Compte Twitter de Christiane Lambert

C'est encore sous la présidence d'Emmanuel Macron que naît la cellule Déméter, fruit d'une coopération entre la gendarmerie et des lobbies agricoles, censée lutter contre l'« agribashing ». Si la montée des atteintes au monde paysan reste à prouver, Déméter est bel et bien devenue un outil de surveillance et d'intimidation des associations écologistes. 

Les travaux de Christian Mouhanna, affilié au CNRS et au Centre de recherches sociologiques sur le droit et les institutions pénales, confirment le sentiment général des associations d'« un durcissement et une surveillance accrus des militants environnementalistes ». Plus d'informations dans Libération.

Un août mondialement caniculaire

C'est (toujours plus) chaud. Août 2020 fût le quatrième mois d’août le plus torride jamais mesuré.

C'est ce qu'indique le dernier bulletin mensuel de Copernicus, programme européen de surveillance de la planète. Dans le détail, la température s'est particulièrement élevée au nord-ouest et à l'est de la Sibérie, ainsi qu'au nord-est du Groenland. 

Les écarts entre les températures d'août 2020 et la moyenne des mois d'août de la période 1981-2010  © Copernicus

Mais c'est surtout dans le sud-ouest des Etats-Unis que le mercure s'est affolé. Les 54,4°C mesurés dans la Vallée de la mort (Californie) le 16 août pourraient constituer un nouveau record mondial, comme Vert l'avait expliqué. Des incendies monstres ont ravagé la Californie – plus de 8 000 km2 sont partis en fumée depuis le début de la saison, du jamais-vu depuis 1987. La France, elle, a connu son troisième mois d'août le plus chaud après ceux de 1997 et 2003.

Sur Terre, la température moyenne des douze derniers mois s'est élevée à 1,3°C au-dessus de celle de l'ère préindustrielle. Plus d'informations sur le site de Copernicus

Malgré les quelques gouttes qui sont tombées ça et là, 79 départements subissent toujours des restrictions d’accès à l’eau à cause de la sécheresse qui sévit en France. Celles-ci vont d'une interdiction de laver sa voiture, à celle d'utiliser de l'eau à des fins agricoles. La carte des zones concernées et le détail des restrictions est consultable sur le site gouvernemental Propluvia.

Cliquez sur l'image pour accéder au bulletin détaillé © Propluvia

Le traité qui empêche les Etats de réduire leurs émissions

Les marteaux des fossiles. Relativement méconnu, le Traité sur la Charte de l'énergie (TCE) empêche les Etats de se désengager du pétrole, du gaz ou du charbon

Entré en vigueur en 1998, ce traité a été conçu pour protéger les entreprises occidentales qui avaient des intérêts économiques dans les pays de l'ex-Union soviétique, comme le raconte Equal times. Depuis lors, des tribunaux arbitraux leur permettent d'attaquer des Etats lorsque ceux-ci changent les conditions dans lesquelles les investissements ont été réalisés. Un outil largement utilisé par les industriels de l'énergie fossile. 

Fin 2019, les Pays-Bas ont voté une loi mettant fin à la production d'électricité à base de charbon d'ici 2030. Un recours a été lancé par l'allemand Uniper, qui y a ouvert une centrale au charbon en 2016, rapporte encore Equal times. En 2017, selon les Amis de la Terre, la menace d'un procès engagé par la société canadienne Vermilion a déjà découragé la France de mettre fin à l'exploration d'hydrocarbures sur son territoire d'ici 2040. Au total, les Etats ont déjà dû débourser plus de 51 milliards de dollars (43 milliards d'euros) pour indemniser les entreprises fossiles, selon les chiffres publiés en 2018 par l'ONG Corporate Europe Observatory.

De quoi décourager les 53 signataires - dont l'Union européenne – du TCE d'engager un changement en profondeur et mettant hors d'atteinte la réalisation des objectifs de l'Accord de Paris. Un vaste sujet traité en profondeur dans Equal times

• Dans la Somme, imbroglio autour de la « ferme des mille vaches » : cette immense exploitation a été condamnée à réduire son cheptel, mais l’Etat ne fait toujours pas appliquer la décision de justice. Pas davantage depuis que Barbara Pompili, députée du cru et adversaire de longue date de la ferme, a été nommée ministre de la transition écologique - Reporterre

• Située en amont du plus gros réservoir de poissons d'eau douce du monde, la Chine assèche le Mékong et les millions de personnes qui en dépendent, en multipliant les barrages - Le Monde (abonnés) 

Le Brandalism contre les SUV

Des brandales dans nos rues. Ces derniers jours, des street-artistes ont placardé plus d'une centaine de publicités parodiques pour des SUV à travers l'Angleterre et le Pays de Galles.

Membres du réseau mondial Brandalism, contraction de brand (« marque ») et vandalisme, les faussaires ont investi les panneaux publicitaires et autres arrêts de bus de Londres, Leeds, Bristol ou Cardiff, avec des dizaines de caricatures de réclames pour des véhicules utilitaires sportifs (SUV) ; ces voitures de deux tonnes responsables de premier plan de l'aggravation de la crise climatique

« Conduisez sous l'eau, puisque les mers montent » © DR
« Personne n'a besoin d'une telle machine. Les gens s'achètent du respect au travers du matérialisme et en valorisant l'accumulation économique. L'enfer nous est apporté par le consumérisme, par les excès et par l'ego », explique, dans une vidéo, l'artiste Michelle Tylicki. Elle a choisi de représenter un SUV Lamborghini dans un paysage d'enfer du XVIème siècle emprunté au peintre flamand Jérôme Bosch. 
« Destination : CHAOS CLIMATIQUE » © DR
En novembre 2015, les artistes de Brandalism s'étaient faits connaître en recouvrant 600 panneaux publicitaires de la ville de Paris pour dénoncer les « mensonges » des grandes marques, sponsors de la COP 21 qui s'ouvrait. A lire (et à voir) sur le site de Street art news (en anglais). 

Le zoo sordide d'Islamabad va fermer

C'était la demeure hideuse de l'éléphant Kavaan, dont Vert racontait hier le transfert imminent, ainsi que celle de nombreux animaux sauvages maltraités depuis des années. Le zoo de Marghazar, situé dans la capitale d'Islamabad (Pakistan), va bientôt fermer ses portes après une décision prise en mai 2020 par la justice pakistanaise. Les images obtenues par l'ONG Four paws, à la manœuvre dans cette libération, sont à voir dans cette vidéo de Brut

© Brut 
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