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Jeudi 18 février 2021

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Au nom de la lutte contre les "séparatistes", l'Etat veut mettre au pas des associations qui ne lui reviennent pas. 

Les écolos, ces séparatistes ?

Lutte alarmée. Votée mardi par les député•e•s, la loi contre le « séparatisme » veut mettre au pas les associations - dont celles qui défendent l'environnement.

Adopté avec une confortable majorité à l'Assemblée nationale, le projet de loi pour « conforter le respect des principes républicains » est désormais attendu au Sénat, où il sera discuté à partir du 30 mars. Présenté comme une réponse de l'exécutif à « l'OPA islamiste » qui nous menace, le texte ratisse large, comme en témoigne son intriguant chapitre consacré au contrôle des associations.

L'article 6 prévoit notamment que celles-ci devront signer un « contrat d’engagement républicain » avec l’État pour continuer de recevoir leur agrément ou des subventions. Celles-ci devront par exemple s'engager à faire respecter l'égalité femme-homme ou la lutte contre le racisme mais aussi à ne pas « causer de trouble à l’ordre public » et ne pas « revendiquer [leur] propre soustraction aux lois de la République ».

De nombreuses actions menées par les associations écologistes causent des troubles à l'ordre public et enfreignent la loi.  © Anne-Claire Poirier

Officiellement, seules les associations à tendance « séparatiste » sont visées. Mais beaucoup d'autres se sentent menacées, à l'instar des organisations d'aides aux migrant•e•s ou de défense des droits humains. Pour Reporterre, les associations environnementales qui organisent des actions de désobéissance civile ou soutiennent des blocages de chantiers pourraient elles aussi être considérées comme « agissant contre la République ». La perte de leur agrément les priverait, par exemple, de leur droit d'action en justice.

Ce malheureux effet collatéral est bien connu du législateur puisque plusieurs associations écologistes ont été auditionnées dans le cadre de l'examen du texte, a raconté la journaliste Marie Astier au micro de France Inter. D'autre part, le gouvernement a reçu plusieurs avertissements, dont celui du Défenseur des droits et de la Commission consultative nationale des droits de l'homme, qui ont tous deux regretté des atteintes aux libertés associatives. Visiblement, l'exécutif considère que l'activisme est un séparatisme.

• Mercredi, les député•e•s ont validé le principe d'un référendum sur le climat en commission des lois. Celui-ci reprend la proposition, faite par la Convention citoyenne pour le climat (CCC), d'inscrire la protection de l'environnement dans la constitution. Un premier projet de loi comprenant cette mesure sera examiné le 9 mars par l'Assemblée nationale. Puis, le projet de loi « climat et résilience », qui porte les autres mesures législatives proposées par la CCC, sera examiné à partir du 29 mars. – AFP

• Le préfet de Loire-Atlantique a saisi la justice contre l'arrêté anti-pesticides du maire de La Montagne. Le 31 décembre dernier, le Conseil d'Etat avait interdit aux édiles de prendre des arrêtés interdisant l'usage des pesticides. Comme Vert l'avait raconté, le maire de cette petite commune avait trouvé comment contourner l'interdiction, en invoquant une compétence propre aux élus : la lutte contre les dépôts sauvages de déchets. L'initiative n'a guère plu au représentant de l'exécutif. Elle sera réglée devant le tribunal administratif de Nantes. – Actu Environnement (abonnés)

Le conseil d’État prononce un non lieu climatique

Juge est parti. Le conseil d’État a débouté la ville de Grande-Synthe (Nord), qui avait formulé un recours contre l'Etat et son « amateurisme » dans l'adaptation au changement climatique.

Alors dirigée par l'actuel eurodéputé écologiste Damien Carême, la commune avait déposé, début 2019, un recours en excès de pouvoir qui visait le second Plan national d'adaptation au changement climatique du gouvernement. Représentée par l'avocate Corinne Lepage, Grande-Synthe estimait que le document, publié avec près de trois ans de retard, ne reprenait presque aucune des préconisations du rapport commandé au Conseil général de l'environnement et du développement durable (CGEDD) sur le sujet.

Dans son arrêt de vendredi 12 février, que l'AFP a pu consulter, le Conseil d’État estime que ce plan n'est pas « entaché d'une erreur manifeste d'appréciation ». La plus haute juridiction administrative souligne en outre que les préconisations du CGEDD ne sont pas contraignantes et que leur non-respect est donc sans incidence sur la légalité du Plan national d'adaptation au changement climatique.
Ce recours était l'une des deux actions menées contre l’État pour inaction climatique. L'« Affaire du siècle », examinée la semaine dernière par le tribunal administratif de Paris, a abouti à la condamnation de l’État pour « carence fautive » (Vert).

• Le végétarisme se développe fortement chez les jeunes, en particulier les plus aisés. Selon une enquête du Réseau français étudiant pour le développement durable, 73 % des jeunes interrogés « ont diminué leur consommation de viande et de poisson ou souhaitent le faire », tandis que 11 % sont déjà passés à un régime végétarien. Cette démarche fait partie d'un engagement environnemental plus large - Le Monde

S'armer contre le greenwashing à l'embauche

« On vous rappellera ». Le collectif Pour un Réveil Écologique aide les candidats à évaluer les ambitions réelles de leurs employeurs en matière d'écologie.

Pour les jeunes diplômés en quête de sens, il n'est pas toujours aisé de distinguer les entreprises qui verdissent leurs pratiques de celles qui verdissent uniquement leur image. Car le greenwashing se pratique aussi en entretien d'embauche, comme le rappelle le site Positivr. Depuis 2019, le collectif d'étudiants Pour un Réveil écologique enrichit son guide anti-greenwashing pour ne pas se faire duper.

Pour commencer, celui-ci propose une liste de questions à poser et à se poser, telles que l'utilité de l'entreprise pour la société, l'évaluation environnementale des fournisseurs et sous-traitants ou encore les groupes d'influence financés. Ensuite, c'est l'argumentaire déployé par l'entreprise qui nécessite souvent d'être décodé. Le passage d'un logo rouge à vert comme celui de McDonalds, le recours à des labels privés ou l'utilisation abusive de termes flous et connotés positivement font partie des signes les plus facilement identifiables.

Rien de tel qu'un logo repeint en vert pour faire croire que tout a changé. 

D'autres le sont moins. Par exemple, « ce n’est pas parce qu’il y a des chiffres que l’information est transparente », prévient le collectif. Ainsi quand H&M évalue son impact “eau” à 87%, ce chiffre ne veut tout simplement rien dire. Gare aussi au manque de proportionnalité quand, par exemple, Porsche se vante d'avoir réduit de 75% les émissions de CO2 lors de la construction de ses voitures alors que l'immense majorité des émissions seront émises à leur utilisation.

Pour aller plus loin, le collectif a adressé un questionnaire détaillé à une centaine de grands groupes français, dont les réponses sont reproduites sur son site. Sur cette base, il a également lancé un travail de comparaison des engagements écologiques des entreprises, secteur par secteur. Celui du luxe est le premier à avoir fait l'objet d'une note d'analyse parue en septembre 2020. D'autres suivront en 2021.

Le devenir des invendus textiles

Fibre écolo ? Certes, les soldes ne sont pas terminées, mais réfléchissez à deux fois avant de vous précipiter dans une enseigne de fast-fashion ! Au micro de France Inter, la journaliste Camille Crosnier fait le point sur l'industrie textile – la cinquième plus polluante du monde – et en particulier sur ses invendus. On y apprend que le recyclage est quasi impossible vu la piètre qualité des fibres utilisées et que la destruction est encore pratiquée. Même si un décret vient de paraître pour l'interdire en France.

© France Inter

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