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A l'heure où le monde est presque cuit à point, le charbon polonais s'éteint peu à peu en même temps que la consommation de viande diminue. 

Les pics de chaleur à 40°C se multiplient en France 

C'est (de plus en plus) chaud. Rares il y a seulement quelques décennies, les pics de chaleur à plus de 35, voire 40°C se multiplient d'été en été en France métropolitaine

D'après le climatologue Christophe Cassou, interrogé par l'AFP, sur les trente stations de référence de Météo-France réparties dans l'hexagone, le mercure a dépassé les 35°C à plus de 100 reprises chaque été depuis 2015, contre 13 fois par an en moyenne dans les années 1960. 

Plus inquiétant, le seuil des 40°C n'avait, quant à lui, été atteint qu'une seule fois dans les années 1960, puis dans les années 1970, comme le montrent les données de Météo-France explorées par l'AFP. Depuis 2008, le thermomètre a atteint une telle température au moins une fois par an, sauf en 2014. Les 40°C ont été dépassés à de très nombreuses reprises lors de l'été 2019, où le record absolu a été battu : il a fait 46°C à Vérargues (Hérault), le 28 juin 2019.

La succession d'étés infernaux en 2019 et 2020 ne constituerait pas une accélération brutale du réchauffement climatique. Il s'agirait d'un « hasard », comme l'a encore expliqué Christophe Cassou à l'AFP, « mais il faut le voir comme une tendance : le hasard devient plus probable » explique ce directeur de recherches au CNRS. 

Autrefois inimaginable en France métropolitaine, la barre des 50°C est désormais en ligne de mire. Selon Jean Jouzel, climatologue et ancien vice-président du Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (GIEC), l'est de la France pourrait connaître des pics à 50, voire 55°C dans la deuxième moitié du siècle. A lire dans le Huffington Post (AFP).

A gauche, le faux bulletin météo d'août 2050 (présenté en 2014), à droite, la vraie météo du 8 août 2020. Cliquez sur l'image pour l'agrandir.

En 2014, s'appuyant sur des données issues de l'Organisation météorologique mondiale, Évelyne Dhéliat avait présenté sur TF1 un bulletin dans lequel elle imaginait à quoi pourrait ressembler la météo en France en août 2050. Or, comme l'ont remarqué plusieurs internautes sur Twitter, les températures relevées le 8 août dernier n'ont rien à envier au bulletin futuriste présenté six ans plus tôt.

• 75 départements français sont toujours soumis à un accès restreint à l’eau en raison de la sécheresse qui continue de sévir, ce mercredi 12 août, d’après les dernières données du site gouvernemental Propluvia

• Echoué au large de l'Île Maurice, le Wakashio aurait déjà laissé s'échapper quelque 1 000 tonnes de fioul dans la mer. Les autorités et la population, qui s'activent pour limiter les dégâts de la marée noire, craignent que le vraquier ne se brise et relâche les 2 500 tonnes de carburant qui restent à son bord – Réunion 1ère

• Jeudi 6 août, le ministère de l'agriculture a annoncé que les producteurs de betterave sucrière, dont la production est touchée par une épidémie de jaunisse, pourront à nouveau utiliser des semences enrobées de pesticides « néonicotinoïdes » et ce, potentiellement jusqu'en 2023. Très nocifs pour les abeilles, ces pesticides étaient interdits en France depuis 2018 – Libération

• L’administration Trump est sur le point de mettre fin à l’obligation faite aux compagnies pétrolières et gazières de détecter et de réparer les fuites de méthane - puissant gaz à effet de serre - des puits, pipelines et lieux de stockage. Cet énième retour en arrière pourrait cependant être invalidé en cas de victoire de son rival, Joe Biden, à l’élection présidentielle de novembre – New York Times (en anglais) 

La pandémie enterrera-t-elle le charbon polonais ?

Houille houille houille. Le secteur polonais du charbon a très mal vécu la crise du Covid-19, ce qui pourrait amorcer des changements d'ampleur dans cette industrie soutenue massivement par l'Etat. 

La Pologne a toujours refusé d'entamer sa transition vers des énergies moins sales que son charbon national, malgré la pression de l'Europe. Elle est le seul pays de l'UE à ne pas s'être fixé pour objectif d'atteindre la neutralité carbone en 2050. En 2019, rapporte le Monde, 75% de l'électricité polonaise était issue du charbon. 

La mine de lignite de Bełchatów et sa centrale thermique © Phil MacDonald

A l'Union européenne (UE), « nous disions que le charbon était notre atout et le garant de notre sécurité énergétique. Nous disions que la politique de sortie du charbon était une erreur. Aujourd’hui, en raison de ce qui se passe autour de nous, nous devons réviser ces affirmations », a déclaré le ministre des actifs de l’Etat polonais, Jacek Sasin, dans un entretien publié le 3 août par le quotidien Dziennik Gazeta Prawna et repéré par le Monde. 

En juin, de nombreuses mines de charbon ont été contraintes de fermer en raison de la forte prévalence du Covid-19 dans ces exploitations où la promiscuité est inévitable. Malgré cela, les stocks sont au plus haut en raison des températures élevées du dernier hiver et de la baisse de la consommation d'électricité née du confinement. En outre, le charbon polonais subit la concurrence de l'électricité d'origine renouvelable, dont les prix ne cessent de baisser. 

Résultat, le groupe PGG, premier producteur de charbon européen, est au bord de la faillite et ne survit que grâce au soutien de l'Etat. Tout comme PGE, le plus grand fournisseur d'électricité du pays. 

Une profonde restructuration du secteur se dessine, et elle devrait entraîner la fermeture de nombreuses mines ; un vrai défi alors que celles-ci emploient toujours 80 000 personnes. A lire dans le Monde (abonnés). 

• BP, Chevron, Shell, Total ou ExxonMobil... Les géants du pétrole connaissent des pertes abyssales après la guerre des prix menée entre la Russie et l'Arabie Saoudite au printemps, suivie de longs mois de confinement. Si les « majors » européennes sentent qu'une page se tourne, les firmes américaines continuent d'y croire – Le Monde (abonnés)

• L’agroécologie est plus rentable, et pourtant elle est moins aidée que l’agriculture industrielle. C’est ce qui ressort d’une note publiée par France Stratégie, institution rattachée au premier ministre qui suggère de subventionner davantage les cultures qui font preuve de plus d’exigence environnementale - Actu environnement

• Une pluviométrie estivale au plus bas depuis des décennies, des vagues de chaleur et des sécheresses qui se multiplient... Les agriculteurs font face à l'urgence de faire évoluer leurs pratiquesraconte Mediapart (abonnés). 

• Le nitrate d’ammonium, dont l'explosion de 2 750 tonnes dans le port de Beyrouth (Liban) a causé la mort d'au moins 100 personnes le 4 août, est un engrais azoté très utilisé par l'agricultureCe produit était déjà à l'origine de l'explosion, en 2003, de l'usine AZF de Toulouse, qui fabriquait des produits chimiques agricoles – Le Monde

La consommation mondiale de viande devrait baisser pour la seconde année consécutive 

Steak un aurevoir. Après avoir décru une première fois en 2019, la consommation mondiale de viande devrait encore baisser en 2020.

D'après un rapport de l'Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) publié en juin, 333 millions de tonnes de viande devraient être produites en 2020. Une baisse de 1,7% par rapport à l'année 2019, qui avait elle-même connu une décrue de 1%, en comparaison de l'année 2018. 

La FAO explique notamment cette diminution globale par la crise mondiale du Covid-19 qui a entraîné la baisse de l'activité dans les abattoirs, la fermeture de lieux de restauration collective, la baisse des revenus liée à la crise économique, etc. 

Dans le détail, c'est la viande de porc dont la production a le plus diminué, notamment en raison de la grippe porcine qui a frappé les élevages asiatiques. Le bœuf décroit également, notamment aux Etats-Unis et en Australie. La consommation de volaille continue quant à elle son ascension, stable depuis plusieurs années. 

Si la baisse s'explique notamment par des facteurs exceptionnels, le média économique Bloomberg considère que le « pic de viande » (meat peak) – le moment théorique où la production a atteint son maximum et diminuera inexorablement, est peut-être derrière nous. Parmi les signaux de ce changement, la modification des comportements individuels. Si la production de bœuf par individu est en baisse depuis les années 1970, celle de porc a commencé à décroître en 2015. 

La production de viande, boeuf en tête, est extrêmement émettrice de gaz à effet de serre. Le passage à un régime végétarien est l'une des actions individuelles à l'impact le plus positif sur le climat. A lire dans Bloomberg (en anglais).

De l'engrais plein nos toilettes 

Il est un engrais moins dangereux et plus facile à produire que le nitrate d'ammonium : c'est le pipi. Alors que nous gâchons quotidiennement ce précieux fertilisant, plusieurs entreprises se spécialisent désormais dans la collecte et la transformation de l'urine en matière première pour l'agriculture, comme le raconte le Monde dans le dernier épisode de sa série Plan B. 

© Le Monde
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