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Lundi 21 juin 2021
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Faire tache sans faire de vagues : le bilan de l'écologie est mitigé au premier tour des régionales.

Régionales : pas de révolution verte

Vœux brouillés. A part la déferlante abstentionniste, le premier tour des élections régionales et départementales ne fait pas vraiment de vagues.

Seul·e un·e électeur·ice sur trois a voté, ce dimanche, pour composer les Conseils régionaux et départementaux des six prochaines années. Une bouderie « abyssale » de l'aveu même du porte-parole du gouvernement, Gabriel Attal. La dernière fois que les Français·e·s se sont autant désintéressé·e·s d'un scrutin, c'était en 2000, lors du référendum sur le quinquennat (30,2% de participation).

Selon les premières estimations, la gauche et les écologistes arrivent en tête sur le plan national, avec 34,3% des scrutins, devant la droite (28,7%), le Rassemblement national (18,9%) et LREM (11,5%). Les écologistes, notamment, passent de 6,6% des voix au premier tour de 2015 à 13,6% ce dimanche. Toutefois, ils n'arrivent en tête de la gauche qu'en Île-de-France (Julien Bayou), en Auvergne-Rhône-Alpes (Fabienne Grébert) et en Pays de la Loire (Matthieu Orphelin) et sans certitude de gagner une région.

L’écologiste Matthieu Orphelin (capitaine) entouré de soutiens écologistes et d’ex participants à la Convention citoyenne pour le climat le 15 juin. Il est arrivé deuxième en Pays-De-La-Loire (18,6%)

Socialistes et Républicains bénéficient, eux, de la « prime au sortant », qui pourrait leur permettre de conserver leurs régions : cinq pour la droite et sept pour la gauche, en France métropolitaine. Une mauvaise nouvelle pour le climat car, comme l'a montré le Réseau Action Climat, l’écologie est quasiment absente des programmes des candidat·e·s LR, et le PS fait à peine mieux.

Les partis d'Emmanuel Macron (LREM) et de Marine Le Pen (RN) essuient en revanche un cuisant revers : le RN n'arrive en tête qu'en Provence-Alpes-Côte d'Azur (Thierry Mariani) tandis que LREM peut, au mieux, envisager quelques sièges au conseil régional de Bretagne.

• L'Office national des forêts (ONF) va supprimer 475 postes sur 8 400 dans les prochaines années, a annoncé le ministère de l'Agriculture, vendredi. Un plan social qui ne dit pas son nom alors que l'établissement, qui gère les forêts publiques françaises, est lourdement endetté. Les syndicats estiment pourtant que le changement climatique et le dépérissement des forêts vont nécessiter de plus en plus de travail pour assurer le suivi sanitaire et le renouvellement des peuplements forestiers. - Le Parisien (AFP)

• Les grandes villes prévoient d'investir au moins un milliard d'euros dans le vélo d'ici à 2026, selon une enquête menée par l'association France Urbaine auprès de ses 28 collectivités adhérentes. Près de 870 millions d'euros seront consacrés à des aménagements de voirie, 48 millions d'euros iront à des projets de "services" (location courte et longue durée notamment) et 15 millions pour des projets relatifs au stationnement. Comme Vert l’avait raconté, le succès des « coronapistes » a fait s'envoler la pratique du vélo dans les grandes villes de France qui les ont mises en place. - 20 Minutes

• En Haute-Corse, la préfecture vient d'interdire le mouillage de certains yachts (entre 24 et 30 mètres de long) pour protéger les précieux herbiers de posidonies. En seulement cinq ans, 30% de ces plantes aquatiques ont disparu des fonds marins corses, le plus souvent arrachées ou abîmées par les ancres des bateaux. Or elles sont considérées comme le poumon de la mer Méditerranée et constituent un important refuge pour la biodiversité marine. - France Info

L'agroécologie peut assurer l'autonomie alimentaire de l'Europe

Ça en fourche un coin. Nourrir les Européen·ne·s en se passant d'engrais et de pesticides de synthèse, c'est possible, à condition de végétaliser notre alimentation, selon des chercheurs français.

Le modèle d'agriculture industrielle développé en Europe à la sortie de la seconde guerre mondiale est devenu toxique. Sa dépendance aux intrants à base de pétrole pour cultiver ses céréales n'a d'égale que ses importations de soja sud-américain pour nourrir ses élevages. Autrefois puits de carbone, l'agriculture représente aujourd'hui 10% des émissions de gaz à effet de serre de l'Union européenne, sans compter les nombreuses atteintes à la biodiversité et à l'eau provoquées par les pollutions au nitrate.

La ferme de la Bourdaisière, dans laquelle l'association Terres d'avenir a expérimenté des techniques agroécologiques intensives, inspirées de différentes approches, dont la permaculture. © DR

Or, la généralisation de pratiques agro-écologiques – qui réconcilient agriculture et environnement – permettrait de préserver la biodiversité tout en garantissant la souveraineté alimentaire du continent, promet une équipe de chercheurs du Centre national de la recherche scientifique (CNRS).

Leur scénario, exposé dans la revue scientifique One Earth, repose sur trois leviers principaux. Le premier : réduire notre consommation de viande. Depuis 1960, la part de produits animaux dans la diète moyenne est passée de 35% à plus de 55%. Les auteur·rice·s recommandent de faire retomber ce taux en-deçà de 30%.

Il s'agit ensuite de mettre un terme à l'hyper-spécialisation des régions – soit dans l'élevage, soit dans la culture – pour restaurer les exploitations mêlant polyculture et polyélevage. La culture de légumineuses peut en effet servir de fourrage aux animaux tandis que le pâturage et les déjections animales constituent un excellent stimulant pour les sols. Enfin, les auteur·ice·s prônent des rotations de cultures longues et diversifiées, en lieu et place des mono-cultures qui épuisent les sols.

Banque éthique : la Nef atteint le milliard d'euros d'encours

Saltimbanque. Depuis sa création en 1988, la coopérative financière de la Nef a financé plus de 7 000 projets à forte utilité écologique, sociale et culturelle.

Le saviez-vous ? L’argent déposé sur nos comptes en banque représente notre premier poste d’émissions de CO2, et de loin. En finançant massivement les projets d'énergies fossiles, les six principales banques françaises représentent en effet près de huit fois les émissions de gaz à effet de serre de la France entière (Oxfam). Alors qu'elles s'acharnent à financer le chaos climatique, un petit poucet s'évertue à faire exactement l'inverse. La Nef se définit comme une « banque éthique » c'est-à-dire que son activité de prêts promeut l'écologie et l'entrepreneuriat social.

Elle est aujourd'hui l'unique banque française qui rend compte de l’ensemble de ses financements. Ainsi en 2019, elle a accordé 74 millions d'euros de prêts à 445 projets, dont plus de la moitié à la « filière bio ». Les énergies renouvelables, l'habitat écologique, le logement social ou encore le commerce équitable figurent également dans son bilan annuel. Elle compte aujourd'hui près de 67 000 épargnants et gère un encours d'un milliard d'euros.

Dans une interview accordée à l'Humanité, son directeur de l'innovation Léo Miranda explique que sa production de crédit a triplé en quatre ans. « C’est clairement dû à un changement de comportement des Français qui veulent que leur argent finance des activités durables écologiquement et qui ont un impact social », explique-t-il. L’épargne totale des Français·e·s représente plus de 5 000 milliards d’euros.

Captain Fantastic

Captain mon captain. Sorti dans les salles en 2016, Captain Fantastic est un road movie utopiste qui se déroule des forêts profondes du nord-ouest américain aux buildings de la côte est. Ben est un père transgressif, qui enseigne à ses enfants des valeurs écolos et humanistes. Mais après des années d’autarcie, un drame familial les conduit à reprendre contact avec la société capitaliste et consumériste. Le film séduit par ses questionnements moraux et ne manquera pas de provoquer de franches tranches de rires. Il est rediffusé sur Arte jusqu'au 27 juin. A ne pas râter !

© Arte

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