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Mercredi 22 juin 2022
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Traité sur la charte de l’énergie : le texte qui condamne la lutte contre le changement climatique

Le traité de tous les noms. La colère gronde contre le Traité sur la charte de l’énergie (TCE), qui permet aux compagnies fossiles d’attaquer en justice des États qui adoptent des mesures climatiques contraires à leurs intérêts économiques, alors que débute un quinzième cycle de discussions pour tenter de réformer le texte ce jeudi.

Le TCE est mis sur pied en 1994 dans un contexte d’après-guerre froide - il sera ratifié par la France en 1999. À l’époque, les quelque cinquante États signataires (dont les membres de l’Union européenne, la Russie, plusieurs pays d’Asie centrale ou le Japon) souhaitent favoriser l’implantation de leurs entreprises énergétiques à l’étranger, mais craignent l’instabilité géopolitique. Ils instaurent alors ce texte qui protège et « assure » les investissements des compagnies pétrogazières. Concrètement, le traité laisse la possibilité aux multinationales de l’énergie de porter plainte contre les États qui mettraient leur rentabilité et leur pérennité en péril, et ainsi d’exiger des dédommagements potentiellement colossaux.

Hélas, ce qui permettait dans les années 1990 de rassurer les compagnies énergétiques est devenu un facteur bloquant de l’action climatique internationale. Nombre de nations craignent de porter des mesures ambitieuses sur la sortie des énergies fossiles en raison de la possibilité d’être attaqué et délesté de plusieurs milliards d’euros. « À ce jour, on a identifié 150 cas pour lesquels le montant des compensations demandées s’élève à 115 milliards d’euros, celui des compensations accordées à 42,8 milliards d’euros », détaille au Monde Yamina Saheb, experte des politiques énergétiques et co-autrice du troisième volet du rapport du Giec (Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat - notre synthèse). Ce dernier (en anglais) mentionne d'ailleurs explicitement le TCE comme un frein « destiné à protéger les intérêts des investisseurs [...] pour bloquer les législations nationales ».

L’entreprise allemande Uniper réclame un milliard d’euros à l’État néerlandais pour avoir annoncé la fermeture forcée des centrales au charbon à horizon 2030. Ici, une centrale Uniper aux Pays-Bas. © Roel Wijnants

Jeudi et vendredi, les pays signataires du Traité sur la charte de l’énergie (TCE) et la Commission européenne se réunissent à Bruxelles pour explorer les manières de réformer ce texte très controversé.

De nombreuses voix s’élèvent pour réformer le traité en profondeur, et notamment interdire qu’il puisse s’appliquer aux nouveaux investissements dans les fossiles - gaz, pétrole ou charbon. Mais les négociations patinent et les pays peinent à s’accorder. Certains envisagent de quitter le traité, comme l’ont fait la Russie en 2009 ou l’Italie en 2015. Mais, dans tous les cas, une clause prévoit que les engagements des pays membres s’appliquent encore vingt ans après une éventuelle sortie.

En parallèle, la mobilisation s’organise pour médiatiser ce traité encore peu connu. « En 2022, on ne peut pas se permettre de continuer à laisser des outils juridiques aussi dangereux dans les mains des compagnies pétrogazières », estime l’activiste Camille Étienne dans un long fil pédagogique sur Twitter. Ses opposants réussiront-ils à abattre cette charte ?

· Mardi, plus de 80 scientifiques expert·es du climat ont appelé les dirigeant·es européen·nes à sortir du Traité sur la charte de l’énergie (TCE). Elles et ils mentionnent qu’il existe un consensus scientifique en défaveur de ce traité, et rappellent que même sa version « modernisée » (voir plus haut) ne laisse que deux choix : continuer à exploiter les combustibles fossiles ou payer des indemnités aux entreprises pétrogazières plaignantes.

· Mardi encore, la Cour suprême des Etats-Unis a rejeté l’appel du groupe allemand Bayer, propriétaire de Monsanto, dans le cadre d’un procès qui l’oppose à un homme qui attribue son cancer à l’utilisation de l’herbicide controversé Roundup, dont la principale substance active est le glyphosate. Cette décision entérine le précédent jugement de 2019, qui avait condamné le groupe à verser 25 millions de dollars de dommages et intérêts au plaignant. Bayer fait par ailleurs l’objet de quelque 31 000 plaintes supplémentaires, sans compter celles pour lesquelles le groupe a déjà conclu un accord. - La Croix (AFP)

· Mardi toujours, l’Organisation des Nations unies pour l’éducation, la science et la culture (Unesco) a annoncé l’extension de son programme de protection contre les tsunamis à toutes les zones considérées comme « à risque d’ici 2030 ». Déjà mis en place dans des dizaines de communautés de la région caribéenne, du Pacifique et de l’océan Indien, le programme « Tsunami ready » permet d’identifier l’ampleur de la menace et de préparer les populations à y faire face. Le littoral méditerranéen est concerné par cet élargissement, alors que « la probabilité d’une vague d’un mètre, donc catastrophique, dans les 30 prochaines années, y est très élevée ». - Le Monde (AFP)

Saumons fumants. Un producteur des îles Féroé, la firme Bakkafrost, veut acheminer ses saumons à travers la planète avec son propre avion pour... réduire ses émissions de CO2. Actuellement, ceux-ci transitent par l’aéroport de Heathrow (Londres). Aussi, au nom de la lutte contre le changement climatique, l’entreprise a donc décidé d’affréter son propre Boeing 757, aménagé en avion réfrigéré. La livraison rapide, en ligne directe jusqu’aux États-Unis, permettrait aux poissons pêchés le jour même d’être « moins gaspillés », selon les dires du directeur général de Bakkafrost, rapportés par le Guardian. Un argumentaire jugé plus que douteux par des militant·es écologistes, qui rappellent au quotidien britannique que transporter la marchandise par avion de la Scandinavie jusqu’aux États-Unis émet 17 fois plus de CO2 que par bateau. Pire, le concurrent féroïen de Bakkafrost, Hiddenfjord, a mis fin au fret aérien en octobre 2020 et achemine ses poissons par la mer, ce qui lui aurait permis de réduire de 94% son empreinte carbone.

Depuis leur salle de classe, des apprentis journalistes sur la piste du septième continent

C’est la classe. Impliquer les élèves du CM1 à la 6ème dans une expérience interactive qui mêle éducation aux médias et à l’environnement : c’est l’ambition du projet pédagogique « les apprentis journalistes en quête du 7ème continent » imaginé par le Journal des Enfants (JDE) et la maison d’édition Epopia pour la rentrée de septembre 2022.

« Et si notre planète cachait un continent mystérieux, encore jamais découvert… L’un des plus extraordinaires au monde… Rêveriez-vous d'être les premiers à poser le pied dessus ? » Ainsi commence l’intrigue à laquelle seront soumis·es les apprenti·es journalistes. Elles et ils devront mener l’enquête pour confirmer ou démentir l'existence d'un 7ème continent (celui que forment des déchets plastiques dans l’océan entre les côtes d’Hawaï et de l’Amérique du Nord) tout en développant leur esprit critique sur la pollution marine et le recyclage.

Une enquête née de l’alliance de la maison d’édition Epopia, qui veut transmettre le plaisir de lire par des courriers postaux dont les enfants de cinq à dix ans sont les héro·ïnes, et le JDE qui, depuis 1984, propose un hebdomadaire de 16 pages pour les plus jeunes. Ensemble, ils proposent aux classes de se transformer en salle de rédaction à travers l’envoi de lettres et d’exemplaires spéciaux du JDE qui invitent les élèves à mener l’enquête. Analyse des informations reçues, vérification des sources, création de son propre média… de quoi permettre aux jeunes reporters de distinguer les fausses informations des véritables découvertes, tout en expliquant les différents métiers du journalisme. Pour en savoir plus et inscrire votre classe, rendez-vous sur le site d'Epopia.

Il développe des techniques de guerre écologiques

« Une guerre propre, c'est une guerre où le trou est dans l'ennemi plutôt que dans la couche d'ozone. » Ce sont les mots de Bertrand Usclat, chef de la section développement durable de l'armée de terre, qui raconte les nouvelles techniques de guerre écologiques dans le dernier épisode de Broute, la délicieuse série pastiche de Canal +.

© Canal +

+ Loup Espargilière, Anne-Sophie Novel et Anna Sardin ont contribué à ce numéro.
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