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Lundi, 14 décembre 2020
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Sommés d'agir, les Etats de la planète organisent des sommets pour rien.  

Un « sommet de l'ambition climatique », ersatz de COP 26

Organisé samedi par l'ONU, la France et le Royaume-Uni, le « sommet de l'ambition climatique » n'a été l'occasion que de quelques rares annonces.

Cinq ans jour pour jour après la signature de l'Accord de Paris, le monde est sur une pente glissante, alertait mercredi un important rapport des Nations unies (Vert). Samedi, à l'ouverture de ce raout international en ligne, le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, a appelé les nations à « déclarer l’état d’urgence climatique »

Seuls les gouvernements ayant des annonces fortes et inédites à faire ont été invités à s'exprimer. Parmi ceux-ci : la Chine a promis que ses émissions de gaz à effet de serre atteindraient un pic « avant » 2030, avant une décrue ; le Pakistan a annoncé la fin des nouvelles centrales à charbon ; le Royaume-Uni, l'arrêt « dès que possible » des subventions aux projets fossiles à l'étranger. 24 Etats ont indiqué qu'ils viseraient la neutralité carbone (c'est-à-dire que l'ensemble des émissions seront compensées) à un horizon plus ou moins lointain. 

Boris Johnson (à gauche), premier ministre britannique et Antonio Guterres, secrétaire général de l'ONU © Eskinder Debebe / ONU

Mais les promesses faites samedi sont encore loin du compte. Il y a cinq ans, lors de la COP21 de Paris, les Etats avaient chacun pris des engagements pour réduire leurs émissions : ce sont les « contributions déterminées au niveau national » (CDN). Hélas, celles-ci « n'étaient pas suffisant[e]s » et « n’ont pas été respecté[e]s », a tancé Antonio Guterres. Les CDN devaient être revues à la hausse au moment de la COP26, prévue pour cette fin 2020 mais repoussée à l'année prochaine ; seuls 22 Etats, représentant 9 % des émissions mondiales de CO2 ont présenté leurs nouvelles contributions, d'après le World resources institute. La France n'en fait pas partie.

Autre insuffisance de ce sommet, relevée par le Monde : les financements mondiaux qui doivent permettre l'adaptation des pays pauvres au dérèglement climatique ont été absents des discussions. Plus d'informations dans le Monde (abonnés). 

• Vendredi, les 27 chef•fe•s d'Etats et de gouvernements de l’Union européenne (UE) se sont entendu•e•s pour réduire leurs émissions d’« au moins 55 % » d’ici à 2030 par rapport aux niveaux de 1990. Le précédent objectif était de -40% ; celui proposé en octobre par le Parlement, de -60%. Ce nouvel objectif constituera la mise à jour de la « contribution déterminée au niveau national » (CDN) de l'Union Européenne dans le cadre de l'Accord de Paris. - Actu-environnement

• Ce lundi, à Paris et en ligne, Emmanuel Macron rencontrera plusieurs membres de la Convention citoyenne pour le climat (CCC). La semaine dernière, nombre d’entre elles et eux s’étaient alarmé•e•s d’un « détricotage » après l’annonce des premiers arbitrages retenus par le gouvernement dans le cadre de la future loi climat, qui doit reprendre 40% des quelque 150 mesures proposées par la CCC (France Info). Le président devrait faire de nouvelles annonces à ce sujet. - La Tribune (AFP)

La porte de Brandenburg à Berlin, en Allemagne, vendredi 11 décembre © Compte Twitter de Luisa Neubauer

Vendredi, à la veille du « sommet de l'ambition climatique », des milliers de jeunes se sont mobilisé•e•s à travers le monde avec un mot d'ordre : « Fight for 1 point 5 » (battez-vous pour 1,5°C). Répondant à l'appel du mouvement de Greta Thunberg, Fridays for Future, ces manifestations avaient pour but de rappeler les gouvernements à leur promesse de tout faire pour contenir le réchauffement à moins de 1,5°C. Plus d'informations dans Libération

Le plastique, serial killer des océans

Le colonel moutarde, avec un pot en plastique, au fond de l'océan. Une vaste analyse de plusieurs études scientifiques a déterminé quels plastiques étaient les plus mortels pour la vie marine

Pour son analyse, publiée dans Conservation letters, l'agence nationale scientifique australienne (CSIRO) a passé en revue 655 articles sur les déchets en mer. Il ressort que l'ingestion de plastique en mer a été observée chez plus de 1 400 espèces animales : parmi 81 des 123 espèces de mammifères, chez les sept espèces de tortues de mer et chez la moitié des plus de 400 espèces d'oiseaux marins. 

Parmi les déchets les plus meurtriers, révèle l'analyse : les plastiques fins (comme les sachets ou les films en cellophane) ont causé le plus de morts chez les cétacés et les tortues ; les déchets de pêche ont été les plus ravageurs chez les pinnipèdes (phoques et otaries) et les fragments de plastique dur ont été les plus mortels chez les oiseaux. Le caoutchouc, les restes de matériel de pêche, le métal, et les ballons et autres objets en latex ont les taux de létalité les plus élevés.

L'ingestion de plastique peut causer la mort de nombreuses manières : par obstruction ou perforation intestinale, affamement, péritonite, scepticémie, fécalomes, etc. « La mort causée par l'ingestion de ces objets n'est pas rapide, et n'est probablement pas sans douleur », s'est émue auprès du Guardian Lauren Roman, autrice principale de l'analyse : « C'est une affreuse manière de mourir ». Plus d'informations dans le Guardian (en anglais). 

Contraindre les entreprises à s’engager pour le climat

Une bonne action ? Un fonds d'investissement veut forcer les multinationales dont il est actionnaire à en faire davantage pour le climat.

D'après le Monde, le fonds spéculatif TCI a récemment demandé à Vinci, Safran et Getlink d'inscrire une résolution sur le climat à l'ordre du jour de leur prochaine assemblée générale. Si la majorité des actionnaires en décide ainsi, ces sociétés pourraient s'engager à présenter, chaque année, un bilan détaillé de leurs émissions de CO2 et rédiger un plan précis permettant de les réduire. Ce plan serait soumis à un vote consultatif des actionnaires. 

« Les entreprises représentent 35 % des émissions de gaz à effet de serre, mais la plupart d’entre elles se contentent de promettre la neutralité carbone à l’horizon 2050, sans expliquer comment elles vont faire. Très peu présentent des mesures concrètes et rendent compte de leurs progrès. Il faut changer cela », a expliqué au Monde le milliardaire et fondateur de TCI, Chris Hohn. Depuis plusieurs années, celui-ci veut ériger son fonds « activiste » en contre-modèle de BlackRock, premier gestionnaire d'actifs au monde peu intéressé par le climat.

Plusieurs obstacles à ce nouveau mode d'action subsistent : en France, explique encore le Monde, les conseils d'administration peuvent décider de balayer une résolution s'ils jugent qu'elle empiète sur leurs prérogatives. Il faudra également convaincre les actionnaires eux-mêmes, pas toujours réceptifs. A lire dans le Monde (abonnés).

Tenir sa parole, c’est sympa

Tout le monde – jusqu'au secrétaire général des Nations Unies – crie l'urgence à tout changer pour lutter contre le dérèglement climatique. L'occasion est donnée à Emmanuel Macron, dont le projet de loi sur le climat sera bientôt présenté à l'Assemblée nationale. Dans leur dernière vidéo, les vidéastes de Partager c'est sympa présentent les enjeux de ce texte qui s'annonce déjà comme une occasion manquée alors que le président multiplie les renoncements. 

© Partager c'est sympa

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