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Lundi 8 février 2021

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Face aux renards des lobbies, Nicolas Hulot et les ursidés se trouvent bien esseulés. 

Le poids des lobbies dans le détricotage de la Convention citoyenne pour le climat

L'Observatoire des multinationales révèle certaines manœuvres employées par les lobbies industriels pour amoindrir les propositions de la Convention citoyenne pour le climat (CCC). 

Mercredi, le projet de loi « climat et résilience » sera présenté en conseil des ministres. Ce texte est censé reprendre les propositions faites en juin 2020 par les 150 « citoyens » pour réduire de 40% les émissions de gaz à effet de serre d'ici 2030 par rapport à leur niveau de 1990. 

Hélas, ces derniers mois, le gouvernement n'a eu de cesse d'annoncer allègements, reports, ou annulations des mesures les plus importantes avancées par la CCC. L'ingénieur et député (ex-LREM) Matthieu Orphelin a calculé que dans sa version actuelle, la loi climat ne permettrait de réduire les émissions que de 13 millions de tonnes de CO2 par an, en moyenne jusqu'à 2030. « Soit 12% du chemin à parcourir entre 2019 et 2030 et non 50 à 66% comme annoncé », indique l'élu.

Le décalage entre les propositions de la Convention citoyenne pour le climat et le contenu du projet de loi © Observatoire des multinationales

Dans un rapport publié ce lundi, l'« Observatoire » de Bastamag dévoile certaines astuces de l'industrie pour torpiller des propositions jugées dérangeantes. Les grandes entreprises ont pu compter sur les associations professionnelles comme la PFA (Plateforme française de l’automobile) ou l’ANIA (Association nationale des industries alimentaires). En octobre, cette dernière a écrit une lettre à plusieurs ministres pour protester contre l'interdiction des publicités pour les aliments les plus néfastes. Avec un certain succès : la proposition est absente du projet de loi. 

Des communicants ont semé des mots dans le débat, repris par certains ministres comme « aviation-bashing » : terme employé par Jean-Baptiste Djebbari, ministre des transports, pour s'opposer à la réduction du trafic aérien. Des « think tanks » ont aussi été mobilisés, comme l'Institut Montaigne qui a publié un sondage censé montrer que les Français•ses jugent la Convention « inutile ». Ou « noyautée par des militants », des mots de Brice Couturier, de la Fondapol. 

La bataille va désormais se jouer à l'Assemblée nationale. « Tous les cabinets de Paris travaillent sur la CCC », déclarait récemment à Contexte un lobbyiste. Par exemple, le cabinet Boury Tallon qui compte BASF et Air France parmi ses clients a tenu à rencontrer Matthieu Orphelin. Plus d'informations dans Bastamag

• L’ancien ministre de l’écologie, Nicolas Hulot, juge que le projet de loi « climat et résilience » n’est pas à la hauteur des enjeux« Ni de l’objectif de réduire nos émissions de 40 % d’ici à 2030 par rapport à 1990, et encore moins du nouvel objectif européen de les abaisser d’au moins 55 %. Sur tous les sujets […] c’est toujours le plus petit dénominateur commun qui est employé » a-t-il indiqué dans un entretien accordé au Monde (abonnés). 

• Dimanche, des militant•e•s ont instauré une zone à défendre (ZAD) dans le Triangle de Gonesse (Val d’Oise), des terres agricoles sur lesquelles doit être bâtie une gare du Grand Paris Express. En novembre 2019, elles et ils avaient obtenu l’abandon du projet de centre commercial Europacity, mais l’avenir de ces quelque 110 hectares est incertain. - France bleu Paris

1,6 milliard d’euros
Soit 146,2 milliards de roubles : c’est l’amende-record infligée par la justice russe, vendredi, au géant minier Norilsk Nickel. En mai 2020, la fuite d’un réservoir avait entrainé le déversement de 21 000 tonnes de diesel dans le système fluvial de l’Arctique russe. - France info (AFP)

L’Etat sommé de changer sa politique de l’ours

Oups brun. Le Conseil d'Etat et l'Europe demandent au gouvernement de revoir sa copie en matière de protection des ours pyrénéens

Depuis un quart de siècle, la réintroduction de l'ours dans les Pyrénées est un véritable casse-tête (raconté ici par Reporterre). En juin 2019, afin de prévenir les dégâts sur leurs troupeaux, les éleveurs avaient obtenu un arrêté leur ouvrant la possibilité de réaliser des « tirs d'effarouchement » : tirs à blanc ou de cartouches en caoutchouc, par exemple. Le 4 février, saisi par des associations écologistes, le Conseil d'Etat a partiellement annulé cet arrêté. Les juges estiment que ces dérogations « ne permettent pas de s'assurer de […] l'amélioration de l'état de l'espèce ».

L'ours tué par balles en juin 2020 © Ministère de la transition écologique

Trois ours tués en 2020, dont un côté français : un drame pour les organisations écologistes qui réclament le remplacement des animaux morts de la main de l'Homme. Fin janvier, dans un courrier adressé à 28 associations françaises et espagnoles, un membre de la direction générale de l'environnement de la Commission écrivait : « Je vous informe que la Commission a déjà indiqué aux autorités françaises que le remplacement des trois ours tués semble à minima nécessaire, à la lumière de l’état de conservation défavorable de l’ours en France » (Ferus).

En visite à Pau (Pyrénées-Atlantiques) il y a un an, Emmanuel Macron avait promis qu'il n'y aurait « pas de réintroductions d’ours dans le massif pyrénéen ». Si la France refusait l'injonction de Bruxelles, elle se mettrait en infraction. Fin 2018, deux ourses en provenance de Slovénie avaient été réintroduites dans les Pyrénées. La population totale atteint désormais 52 individus, trop peu pour assurer leur viabilité, selon les associations. Plus d'informations dans le Monde (abonnés).

Recréer une forêt primaire

Forêt s'y mettre. A 82 ans, le botaniste Francis Hallé caresse un doux rêve : recréer une forêt primaire en Europe

A 82 ans, survolant parfois leurs cimes en radeau, il a voué sa vie a étudier les plus anciennes demeures des arbres : les forêts primaires d'Afrique, d'Amazonie ou d'Indonésie. Des forêts vieilles de plusieurs siècles et restées intouchées par les humains. Sols foisonnants de vie, arbres multiséculaires ; ces forêts rendent des services sans pareille à l'ensemble du vivant et absorbent des quantités phénoménales de CO2. 

On entend souvent dire que la forêt, en France ou en Europe, a regagné du terrain au cours des dernières décennies. Une pâle copie, tout au plus : « On parle là de plantations rectilignes, sans variétés d'essences ou d'âges, sans aucune biodiversité, et qui ne stockent pas le carbone », explique Francis Hallé au Parisien.

Il y a un an, Francis Hallé s'est donc mis à la recherche d'un terrain de quelque 70 000 hectares (ou 26km2) en Europe de l'Ouest. Un lieu où faire naître et laisser s'exprimer le vivant pendant plusieurs siècles. La forêt du Risoux, dans le Jura fait partie des candidates, rapporte France 3.

Un projet qui s'inscrit dans une temporalité d'un autre âge, qu'assume le botaniste : « J'en ai marre de cette tyrannie de l'immédiateté, dit-il encore au Parisien. Quand nos ancêtres construisaient des cathédrales, cela prenait bien plusieurs siècles. » Amen. 

Des haricots « Merco » 

Pour gagner du temps à l'heure d'écosser vos haricots, rien de tel que de les écraser avec votre « Merco ». C'est la dernière astuce prodiguée par la ferme de Cagnolle : un superbe lieu dédié à l'agroécologie en Dordogne, dont la vie et les conseils sont racontés à coups de « vlogs » sur une savoureuse chaîne Youtube

© La ferme de Cagnolle

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