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Vendredi, 11 décembre 2020
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L'accès à l'eau et à l'électricité est sacrifié sur l'autel du marché. 

La goélette Tara remet les voiles

Bardée d'instruments de mesure et de scientifiques, la goélette Tara remet les voiles, ce samedi, sur les traces de la vie microbienne sous-marine

Depuis 2004, la fondation Tara Océan fait voguer son voilier sur toutes les eaux du globe pour mieux comprendre les impacts des activités humaines sur la vie aquatique. Lors de sa dernière mission, en 2019, la goélette a sillonné les fleuves et les façades maritimes d'Europe pour collecter et analyser des milliers d'échantillons à la recherche de pollution aux micro-plastiques.

Samedi, Tara s'élancera de Lorient en direction de l'Amérique du sud pour un périple de deux ans. Après un tour du continent, le navire longera l'Antarctique, puis l'Afrique de l'Ouest. Sa mission : étudier la foisonnante vie microbienne sous-marine, faite de virus, de bactéries, de micro-algues, et d'organismes unicellulaires en tous genres. Comme le rapporte 20 Minutes, les chercheur•se•s cibleront les endroits de la planète où les conditions de vie sont les plus marquées : forte présence d'eau douce, faible teneur en oxygène, etc. 

La goélette Tara © Fondation Tara

Issu•e•s de 38 institutions du monde entier, les scientifiques qui se relaieront à bord tenteront de mieux comprendre le fonctionnement de ces micro-organismes qui furent les premiers à coloniser la planète, et qui sont à la base de la vie : premiers maillons de la chaîne alimentaire, ils captent des quantités phénoménales de dioxyde de carbone (CO2) et restituent de l'oxygène au reste du vivant. 

La mission aura pour objectif de mesurer les impacts de la pollution aux microplastiques, des rejets d'engrais ou de pesticides issus de l'agriculture, mais aussi et surtout les conséquences du réchauffement climatique sur les microbiomes sous-marins. Plus d'informations dans 20 Minutes

• Jeudi, le Conseil constitutionnel a validé la loi réautorisant pendant trois ans l'utilisation de semences de betteraves à sucre enrobées de néonicotinoïdes, ces pesticides interdits en 2018 en raison de leur dangerosité pour le vivant. Les associations écologistes espéraient que le Conseil consacre le principe de non-régression, selon lequel on ne peut pas revenir sur une amélioration de la législation environnementale. - France Info (AFP)

• Jeudi, sept militant•e•s d’ANV-COP21 ont été condamné•e•s en appel pour avoir décroché trois portraits d’Emmanuel Macron en 2019. Allégées par rapport au premier procès d’octobre 2019, les peines sont de 500 euros d’amende avec sursis sans inscription au casier judiciaire. - Le Figaro

• Le gouvernement britannique va laisser un an à ses éleveurs de vaches laitières pour que ceux-ci mettent fin à l’abattage systématique de jeunes veaux mâles peu après leur naissance, révèle le Guardian. Dans une enquête de 2018, le quotidien britannique avait estimé que 95000 veaux étaient ainsi tués chaque année, jugés moins rentables que les femelles, futures productrices de lait. Parmi les pistes : l’utilisation de semences sexuées, ou la créations de nouveaux marchés pour ces jeunes bovins. - The Guardian (anglais)

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C'est le nombre de nouvelles espèces menacées ajoutées à la liste rouge de l'Union internationale pour la conservation de la nature (UICN). Jeudi, l'organisme a publié une mise à jour qui comprend l'évaluation de 11 845 espèces supplémentaires. 

31 nouvelles espèces – animales ou végétales – sont désormais considérées comme éteintes. « La perte d’espèces est maintenant entre 100 et 10 000 fois plus rapide que le taux d’extinction naturel », alerte auprès du Monde Craig Hilton-Taylor, président de l’unité « liste rouge » de l’UICN. Au total, 35 765 des 128 918 espèces évaluées à ce jour sont menacées d’extinction. 

Quelques bonnes nouvelles toutefois : la grenouille d’Oaxaca n'est plus « en danger critique », mais « quasi-menacée ». Le bison d'Europe connaît également un rétablissement encourageant, note l'UICN. 

EDF, bientôt éclatée par Bruxelles et l'Elysée

Le coût de la panne ? EDF sera bientôt coupée en trois pour ouvrir une partie du service public de l'électricité aux quatre vents de la concurrence

Jeudi, plus du quart des employé•e•s d'Electricité de France (EDF) ont fait grève pour protester contre Hercule : un immense projet de démantèlement de l'énergéticien historique au nom de la libre concurrence. 

Voilà plus de 20 ans que Bruxelles met la pression sur la France pour qu'elle mette fin au monopole d'EDF sur la production et la fourniture d'électricité. En 2010, le gouvernement Fillon avait déjà introduit un mécanisme obligeant EDF à revendre une partie de sa production nucléaire à bas prix - parfois en-dessous des prix du marché - aux fournisseurs alternatifs, afin de favoriser l'émergence de concurrents.

Désormais, le gouvernement négocie directement - et dans une totale opacité – avec la Commission européenne pour scinder EDF en trois : EDF « bleu » s'occuperait des activités nucléaires et resterait aux mains de l'Etat ; EDF « vert » gèrerait la distribution (Enedis), les services (Dalkia) et les énergies renouvelables et son capital serait en partie ouvert aux investisseurs. Enfin, indique Libération qui a révélé, mercredi, que la France aurait cédé aux positions les plus libérales de Bruxelles : l’hydraulique sera gérée par un EDF « Azur », dont les concessions pour les barrages devraient être ouvertes au marché. 

L'Alsace produit une large part de son électricité grâce à de nombreux barrages sur le Rhin, comme ici à Rhinau (Bas-Rhin). Leurs concessions pourraient être ouvertes au marché. © Au fil du Rhin

Le démantèlement de ce service public apparaît d'autant plus inconcevable en temps de réchauffement climatique : une gestion centralisée semble cruciale alors que la production est menacée par la baisse du débit des cours d'eau qui alimentent les barrages hydroélectriques et les problèmes de refroidissement (hydraulique) des centrales nucléaires lors des pics de chaleur. 

Selon plusieurs sources ministérielles, Emmanuel Macron souhaite accélérer et envisage l'option d'une restructuration d'EDF par ordonnance dans le cadre du la future loi climat, c'est-à-dire sans débat au Parlement. Une note complète sur l'histoire du projet Hercule est à lire sur le site de l'institut Rousseau.

Le vendredi, chez Vert, c'est le jour du Do it yourself (faites-le vous-même) ! Cette semaine, gardez une haleine fraîche dans vos masques grâce à cette recette de dentifrice aussi frais que bon marché.

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© Vert 

Comme un requin (de la finance) dans l'eau

Après l'or noir, l'or bleu ? La population mondiale augmente et les ressources en eau se raréfient : une catastrophe pour le plus grand nombre mais une aubaine pour les marchés financiers. L'édifiant documentaire Main basse sur l'eau raconte comment la finance confisque, petit à petit et pays par pays, l’eau. Arguant d'un hallucinant prétexte écologique : si elle coûte cher, les gens arrêteront de la gaspiller, pas vrai ?

Cette croyance que le marché peut, mieux que les États, réguler l’usage de l’eau pousse même certaines organisations écologistes à souscrire à la marchandisation du bien le plus précieux. Heureusement, de nombreux•ses citoyen•ne•s refusent de se laisser faire, prenant la rue et les institutions internationales.

Main basse sur l'eau (2019), Jérôme Fritel, diffusé sur Arte. 

© Arte

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