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Mardi 9 février 2021

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Un numéro où l'on verra que l'argent public irrigue les champs de pesticides.

Les subventions publiques à l'agriculture ne servent pas à réduire l'usage de pesticides

En France, seul 1% des financements publics alloués à l'agriculture contribue réellement à réduire l'usage des pesticides, alerte la Fondation Nicolas Hulot (FNH). 

Lors du lancement du plan Ecophyto, en 2008, la France s'était donné pour objectif de diviser par deux la consommation de pesticides en dix ans. Hélas, celle-ci a augmenté de 22% au cours de cette période (Commissariat au développement durable). Au-delà de la question réglementaire (le gouvernement s'est plusieurs fois refusé à interdire l'usage du glyphosate, par exemple), il s'agit avant tout d'une histoire de gros sous. C'est le principal enseignement d'un rapport, publié ce mardi par le think tank de la Fondation Nicolas Hulot, qui interroge les raisons de ce cuisant échec.

Pulvérisation de pesticides © Zeynel Cebeci

Chaque année, quelque 23 milliards d'euros de subventions ou d'allègements fiscaux sont octroyés à des exploitations, par la France (60%) ou par l'Europe (40%). Seuls 11% de cette somme ont pour but de réduire les pesticides. Il s'agit principalement du « paiement vert » de la Politique agricole commune (PAC) ; une enveloppe à laquelle peuvent prétendre, en réalité, presque toutes les exploitations, peu importe leur utilisation des pesticides. 

Au final, seuls 220 millions d'euros (1% du total) permettent efficacement de réduire le recours aux « phytos » : ce qui correspond, en quasi-totalité, aux aides à l'agriculture biologique. D'un montant annuel de 71 millions d’euros, le plan Ecophyto ne représente que 0,3 % des financements publics attribués au secteur de l’alimentation. Celui-ci n'a donc « aucune emprise sur les leviers majeurs de l’utilisation des pesticides ».

Les financements privés - principalement des prêts aux agriculteurs et aux industries alimentaires- ne sont pas en reste. D'un montant de 19,5 milliards d'euros par an, ils reviennent en large majorité aux exploitations les plus gourmandes : la consommation de ces dernières (qui représentent 9% des exploitations agricoles) a augmenté de 55% en dix ans. 

La FNH propose notamment de multiplier par cinq les aides au bio dans le cadre de la PAC, ou d'appliquer des malus sur les prix des pesticides et des aliments produits en « conventionnel ». 

• Dimanche, la rupture d’un glacier himalayen dans le nord de l’Inde a causé la mort d’au moins 26 personnes et plus de 170 disparu•e•s, en raison de la brutale crue d’une rivière qui s’en est suivie. Le dégel du permafrost, généré par le réchauffement climatique, pourrait en être la cause. - La Croix (abonnés)

• Les émissions françaises de gaz à effet de serre ont baissé de 1,7% entre 2018 et 2019, a annoncé, dimanche la ministre de la transition écologique, Barbara Pompili. Elle s'est félicitée que la France ait atteint l’objectif annuel contenu dans la Stratégie nationale bas-carbone, sa feuille de route pour atteindre la neutralité carbone en 2050. Hélas, de nombreux observateurs ont gâché la fête en rappelant ce fait : début 2020, constatant que le compte n'y était pas du tout, le gouvernement avait abaissé l'objectif annuel de 2,3% à 1,5%. - Le Parisien

Le réchauffement nous monte au nez

Poil à gratter. Le réchauffement climatique allonge et aggrave la saison des pollens, causant des effets néfastes sur la santé.

Températures, précipitations... A des degrés divers selon les espèces, les arbres sont très sensibles aux dérèglements. Publiée dans la revue PNAS, une nouvelle étude établit un lien très clair entre réchauffement climatique et aggravation de la « pollution » au pollen. 

En Amérique du Nord, l'élévation des températures de l'air et l'augmentation du dioxyde de carbone (CO2) dans l'atmosphère ont bouleversé la saison des pollens. Celle-ci démarre désormais 20 jours plus tôt qu'en 1990 et la concentration en pollens s'est accrue de 21%. Une tendance qui s'accélère, note l'étude, qui s'est appuyée sur la collecte de données issues de 60 sites à travers le continent. 

Ces changements ont aussi des conséquences sanitaires : ils provoquent des allergies, ainsi que de l'asthme, de quoi craindre un véritable problème de santé publique. D'autant que les zones de propagation des pollens sont de plus en plus étendues. Une étude parue en 2020 a démontré que l'exposition au pollen affaiblissait les défenses immunitaires face aux virus respiratoires – comme celui à l'origine de la pandémie de Covid-19. Plus d'informations dans le New York Times (anglais). 

En Suède, la « ville minute »

Minute, papillon. Avec son projet de « ville minute », la Suède veut rendre aux riverain•e•s une partie de l'espace confisqué par les voitures et recréer des espaces de socialisation en bas de chez soi. 

Dans une rue de Göteborg, du mobilier d'un genre nouveau a remplacé plusieurs places de stationnement. On y trouve un banc, une table de pique-nique, de quoi garer vélos et trottinettes électriques, ainsi que des gens qui prennent du bon temps malgré les températures négatives, raconte le Guardian. Dans cette métropole du sud-ouest du pays, la Suède expérimente la « ville minute » (one minute city). 

Capture d'écran de la conférence TEDx de Dan Hill

Certain•e•s maires de grandes agglomérations, comme celle de Paris, Anne Hidalgo, s'emploient à mettre sur pied la « ville du quart d'heure ». L'idée : que chacun•e ait accès à tous les lieux indispensables en moins de quinze minutes à vélo ou à pied. La « ville minute », elle, veut permettre à chacun de transformer et de réenchanter les abords immédiats de son logement.

Expérimenté dans une poignée de lieux, le projet vise à « relooker toutes les rues du pays d’ici 2030 pour les rendre saines, durables et vivantes », a indiqué Dan Hill, urbaniste en charge du projet, dans une conférence TEDx. Celui-ci veut associer au maximum les riverain•e•s à ce processus. Parmi ses inspirations, il y a Ron Finley, le « jardinier gangsta » de Los Angeles qui a investi les platebandes de sa rue pour y planter fruits et légumes (Vert).

L'urbaniste compte également sur le think tank ArkDes, qui a développé des « unités » modulables de mobilier en bois. Celles-ci peuvent accueillir des jardinières, abris à oiseaux, scènes de théâtre ou skatepark, énumère We Demain. De quoi permettre à chacun•e de trouver midi à sa porte. 

Réparer son vélo pour les nul•le•s

Vous avez le bolide parfait pour arpenter les rues de la ville minute du futur mais, comme de nombreux•ses cyclistes, vous êtes nul•le•s en mécanique ? La série du Parisien « Biclou » nous emmène dans un atelier participatif pour nous apprendre quelques réparations de base. Nota bene : l'adhésion à de telles associations ne coûte que quelques euros par an, et non par mois, contrairement à ce qu'indique le reportage.

© Le Parisien

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