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Un numéro où l'on verra que les excréments sont au service de la préservation du vivant. 

Les excréments au secours du vivant 

Etronnant, non ? Technique scientifique qui a le vent en poupe, l'analyse ADN des matières fécales des animaux en danger d'extinction pourrait permettre de mieux les connaître et les protéger.

Avant d’entreprendre de sauvegarder une espèce, encore faut-il la nommer. Et il est parfois très compliqué d'enquêter sur certains animaux parmi les plus timides ou les plus rares. Par exemple, on connaît encore mal les semnopithèques – ou langurs – petits singes dont les nombreuses espèces et sous-espèces peuplent l'Asie du sud-est. Ne se laissant pas approcher, il est quasi-impossible d'effectuer des prélèvements de leur ADN.

Un semnopithèque malais - ou Presbytis femoralis

C'est en analysant le contenu de leurs matières fécales, glanées sur le sol des forêts de Singapour et de Malaisie, qu'une équipe internationale a pu déterminer l'existence de trois nouvelles espèces de langurs, considérées jusqu'alors comme des sous-espèces du semnopithèque malais. « Grâce à l'analyse fécale, nous pouvons récolter des informations bien plus rapidement, a expliqué au Guardian Andie Ang, autrice principale d'une étude, publiée en juin dans la revue Nature. Non seulement nous pouvons extraire l'ADN de l'hôte, mais nous obtenons aussi des informations sur son régime alimentaire, sa flore intestinale et sa charge parasitaire ».

En danger critique d'extinction à cause de la déforestation, deux des trois nouvelles espèces de langurs recensées ont intégré la liste rouge des espèces menacées de l'Union internationale de conservation de la nature (UICN), ouvrant la voie à des programmes de protection sur-mesure. 

Non-invasive et riche en enseignements, l'analyse de l'ADN fécale pourrait-elle faire florès ? C'est ce qu'espère Rudolf Meier, l'un des auteurs de l'étude : « Même si on plaisante sur la « science de merde » au labo, il y a une quantité gigantesque d'informations biologiques dans les excréments des animaux ». A lire dans le Guardian (en anglais). 

• La planète vient de connaître son troisième mois d’octobre le plus chaud jamais mesuré, à seulement 0,1°C des mois d’octobre 2015 et 2019, selon les relevés publiés jeudi par Copernicus, programme européen de surveillance de la Terre. L’Europe, elle, a connu son mois d’octobre le plus torride. Sur les douze derniers mois, la température moyenne à la surface du globe s’élève à 1,3°C au-dessus de celle de l’ère préindustrielle. Pour rappel, l’Accord de Paris vise l’objectif (de moins en moins réaliste) de contenir le réchauffement à 1,5°C. - 20 Minutes (AFP)

Cliquez sur le tweet pour voir les images satellitaires en grand. © Copernicus

A68, le plus gros iceberg du monde, s’approche de l’île de Georgie du Sud, située au large de la Patagonie. D’une superficie de 3 500 km2 - plus vaste que le Luxembourg, il ne se trouve plus qu’à 500 km des côtes. S’il venait à s’y amarrer, il pourrait perturber la faune locale pendant des années, raconte Courrier international, empêchant les manchots et autres phoques de se rendre facilement sur leur terrain de chasse. Il se peut toutefois que l'iceberg contourne l'île et se rende au nord vers des eaux plus chaudes.

Raviver les braises du vivant

Il n'y a pas l'humain et la nature ; il n'y a que le vivant. C'est ce qu'assure le philosophe Baptiste Morizot dans son puissant essai Raviver les braises du vivant. 

« Le vivant n'est pas une cathédrale en flammes – c'est un feu qui s'éteint, explique-t-il d'emblée. Le vivant est le feu lui-même […] Le défendre ce n'est donc pas le rebâtir, c'est l'aviver ». Pour mobiliser contre l'effondrement de la vie, l'auteur invite à dépasser les concepts bornés de l'exploitation de la nature d'un côté, et de la sanctuarisation de l'autre. 

Baptiste Morizot érige des ponts entre toutes les initiatives qui prennent soin du vivant. Celles-ci sont liées par un ennemi commun : l'exploitation industrielle extractiviste et productiviste. Surtout, elles se rejoignent dans la confiance profonde en la capacité hautement créatrice de la biosphère. La nature sauvage n'est plus une force à contrer, ni même à protéger. Tous ceux qui travaillent avec elle appartiennent à la même famille, au vivant lui-même qui accompagne ses propres dynamiques. 

Le philosophe met en avant des leviers d'action comme celui de « Vercors Vie Sauvage » : une forêt dans les gorges de la Lyonne acquise par une association de citoyens pour la restituer à elle-même. Pour l'auteur, l'originalité et la puissance de ce projet résident dans la volonté de ne rien faire de ce lieu : « Ici le propriétaire n'achète pas pour jouir. Il achète pour restituer la jouissance à d'autres formes de vie ». Baptiste Morizot enjoint les lecteur•rice•s à s'en inspirer pour devenir des gardien•ne•s du feu et raviver les braises du vivant.

Une chronique signée Juliette Quef

Baptiste Morizot, Raviver les braises du vivant, Actes Sud, 2020, 199p, 20€

Le vendredi, chez Vert, c'est le jour du Do it yourself (faites-le vous-même) ! Cette semaine, la recette d'une lessive gratuite (!) au lierre. Une recette simplissime trouvée sur le site ecoconso

Vous pouvez cliquer sur l'image pour l'afficher en plein écran et l'enregistrer d'un coup de clic droit © Vert 

À dans 100 000 ans !

Comme Vert l'écrivait hier, il n'existe pour l'heure aucun site de stockage définitif des matières radioactives issues de nos centrales nucléaires. Au début des années 2000, la Finlande s'est lancée dans le creusage d'Onkalo, un site qui devra permettre, dès cette décennie, d'enfouir ses déchets atomiques à 450 mètres de profondeurProblème : ces rebuts resteront dangereux pendant 100 000 ans

Dès lors, comment faire comprendre aux humains du (très lointain) futur - qui ne partageront pas nos langues, notre technique, nos besoins - de rester loin de ce danger ? Des risques et un défi parfaitement insondables, décrits dans le vertigineux documentaire qu'est Into Eternity (2011), disponible en VOST sur Youtube.

Into Eternity, Michael Madsen, 2011

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