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Vendredi 5 février 2021

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Les glaces fondent, la pluie tombe, l'eau monte et les citoyen•ne•s bouillent. Et, oui, il y a une contrepèterie dans le titre de cette lettre.

Les inondations que nous nous infligeons

Tant de crues... sommes-nous cuits ? Les inondations qui embourbent actuellement la France sont le résultat de l'artificialisation des sols et du dérèglement climatique.

Jeudi, 19 départements métropolitains étaient en vigilance orange pour risque de crues. Dans le Lot-et-Garonne, pendant que la Garonne connaissait sa crue la plus importante depuis quarante ans (AFP), 45 routes départementales étaient coupées et six écoles restaient fermées, jeudi matin. 

En milieu de semaine, la superbe Roque-Gageac (Dordogne) ne se pratiquait plus qu'en kayak. Le reportage de France 3. 

Comme l'explique le Parisien, les dépressions se succèdent depuis la fin décembre, sans que l'anticyclone des Açores ne soit assez fort pour faire revenir le soleil. Résultat, il pleut à torrents. « Depuis le début de l'hiver, il est tombé en moyenne en France une fois et demie la quantité normale de pluie », explique au Parisien Laurence Pujo, directrice du Service central d'hydrométéorologie et d'appui à la prévision des inondations (Schapi). 

L'artificialisation des sols aggrave les conséquences de ce phénomène météorologique. Le béton des villes ne permet plus aux sols de capter l'eau, dont le ruissellement peut causer des affaissements et autres glissements de terrain. Les terres cultivées en agriculture « conventionnelle » sont beaucoup plus compactes que les sols naturels, et retiennent mal l'eau de pluie.

Ces crues ont également une cause climatique : « la douceur de ces derniers jours a fait fondre la neige dans l'Est de la France, contribuant à faire remonter le niveau de l'eau dans les rivières », ajoute Laurence Pujo. Pis, le dérèglement du climat devrait causer une intensification des pluies en hiver, comme l'a indiqué Météo France dans ses projections pour 2100, publiées en début de semaine (Vert). Dans le scénario le plus pessimiste, la pluviométrie de l’hiver pourrait augmenter de 9 à 20% tandis que celle de l’été baisserait de 22% en fin de siècle. Les fortes pluies de l'hiver n'annoncent, de loin pas, la fin des sécheresses estivales. 

Le météorologiste et chimiste néerlandais Paul Crutzen est mort le 28 janvier, à l’âge de 87 ans, vient d’annoncer la Société Max Planck (communiqué). Il avait obtenu le prix Nobel de chimie en 1995 pour avoir mis au jour l’effet destructeur de certains gaz (les CFC) sur la couche d’ozone. C’est également lui qui a grandement popularisé le terme d’ « anthropocène » : l’ère géologique dans laquelle l’écosystème terrestre est bouleversé par les activités humaines. - Le Temps

• Mercredi, la Hongrie a été condamnée par la Cour de justice de l’Union européenne (CJUE) pour le dépassement répété des normes d’émissions de particules fines PM10 (d’un diamètre inférieur à 10 micromètres). La France est visée par une procédure similaire auprès de la CJUE. En outre, le délai de six mois que le Conseil d’Etat avait laissé au gouvernement pour réduire cette pollution - majoritairement due au trafic routier - a expiré le 11 janvier. L’Etat s’expose à une astreinte de 10 millions d’euros par semestre de retard. - Actu-environnement (abonnés)

Entre le Pérou et l'Allemagne, une bataille juridique inédite autour de la fonte d'un glacier

Au Pérou, un fermier se bat contre un géant de l'énergie pour faire reconnaître sa responsabilité dans la fonte du Palcaraju, un glacier qui menace des dizaines de milliers de personnes.

La fonte de cet immense glacier des Andes péruviennes s'accélère alors que la température a augmenté d'un degré Celsius dans la région. A tel point que le volume du lac Palcacocha, qu'il alimente de son eau, a été multiplié par 34 depuis 1990 (USaid). En contrebas, Huaraz et ses quelque 120 000 habitants se préparent depuis des années à la possibilité d'un déversement du lac et à de gigantesques glissements de terrains. En 1941, un tel événement avait emporté un tiers de la ville et causé la mort de 1 800 personnes.

Extrait du documentaire « Sur le front des glaciers » (2020), qui raconte comment la ville de Huaraz se prépare à la catastrophe. © France 2

Dans une étude tout juste publiée dans la revue Nature geoscience, des scientifiques établissent un lien formel entre l'aggravation de cette menace et le réchauffement climatique lié aux activités humaines. De quoi donner des arguments supplémentaires aux tenant•e•s d'une procédure judiciaire inédite. 

Depuis 2015, le fermier et guide de montagne Saúl Luciano Lliuya se bat contre le géant allemand de l'énergie RWE, qu'il accuse d'être en partie responsable du réchauffement à l'origine de la fonte du glacier. En 2017, des juges du tribunal régional de Hamm, en Allemagne ont validé la procédure. Ce qui, pour Roda Verheyen, l'avocate de Lliuya, signifie que les principaux émetteurs de CO2 sont désormais légalement responsables de leurs impacts climatiques (Guardian).

De quoi donner des idées à d'autres plaignant•e•s ? Si Lliuya ne réclame que 20 000 dollars, de prochain•ne•s demandes pourraient se chiffrer en milliards. Retardée par le Covid, la procédure suit son cours. 

Le vendredi, chez Vert, c'est le jour du Do it yourself (faites-le vous-même) ! Cette semaine, voici une recette de crème hydratante pour le corps et le visage, facile à faire et bon marché !

Vous pouvez cliquer sur l'image pour l'afficher en plein écran et l'enregistrer d'un coup de clic droit © Vert

La grande malbouffe

Bon appétit bien sûr. Sels de fonte, dioxyde de titane, transglutaminase, et autres auxiliaires technologiques... L'industrie n'est jamais à cours d'idées pour nous rendre accro et faire baisser le prix des produits ultra-transformés qu'elle nous sert. Un simple cordon bleu de supermarché peut contenir jusqu'à une trentaine d'ingrédients : c'est l'exemple choisi par La grande malbouffe (2020) pour nous raconter les dessous plus ou moins avouables de l'alimentation industrielle. 

S'il oublie notamment de suggérer une alimentation moins carnée et non transformée (relire notre article sur l'impact environnemental de nos régimes low cost et carnivores), ce film offre un riche tour de la question, ainsi qu'un bon film d'épouvante. Pour digérer tout cela, rien de tel que Le jeûne, une nouvelle thérapie ?, également disponible sur le replay d'Arte

La grande Malbouffe, 2020, Maud Gangler et Martin Blanchard, à voir sur le replay d'Arte

© Arte

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