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Mercredi 16 juin 2021
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Un numéro qui multiplie les tuyaux pour résoudre la crise climatique à tous les niveaux.

Ce que les régions peuvent pour l'écologie et le climat

De bons conseils (régionaux). A quelques jours du premier tour des élections régionales, dimanche 20 juin, faisons le tour des outils à la disposition des régions pour favoriser la transition et lutter contre le bouleversement du climat.


Transports
Les régions sont compétentes en matière de transports. Ce sont elles qui gèrent le réseau des trains express régionaux (TER) et leurs gares. Elles peuvent mettre en place une tarification solidaire ou augmenter le nombre de trains pour favoriser ce mode de transport, ainsi qu'encourager l'intermodalité : en créant des places de stationnement vélo dans les gares, ou des places réservées dans les wagons. Elles ont aussi la main sur le réseau cyclable hors des villes et peuvent subventionner l'achat de vélos électriques. Elles gèrent aussi les transports en commun interurbains. Les conseils régionaux ont également la possibilité de subventionner (ou non) les aéroports et de refuser leurs extensions.


Agriculture et alimentation
Les régions gèrent certains fonds européens : le FEDER, qui œuvre au développement rural et le FEADER, une partie de l'enveloppe de la politique agricole commune. Aussi, elles ont la possibilité d'encourager les pratiques les plus vertueuses et de soutenir, par exemple, le développement des cultures de légumineuses, alternative écologique aux protéines animales.

Elles choisissent aussi les menus des cantines des lycées et peuvent mettre en place des repas végétariens et se fournir en aliments bio et locaux.


Energie
Comme l'a noté le Réseau action climat dans un important travail de synthèse, les régions ont le pouvoir de contribuer au développement de régies locales et citoyennes d'énergies renouvelables.

 
Formation et développement économique
Elles sont aussi compétentes en matière d'orientation et de formation professionnelle pour les jeunes et les adultes, notamment au travers des centres de formation d'apprentis (CFA) : elles peuvent ainsi développer les formations vers les métiers de la transition.
Les régions ont divers moyens de venir en aide aux entreprises. Elles peuvent entrer au capital de sociétés ou soutenir financièrement des compagnies en difficulté. Ainsi, elles ont le choix d'orienter l'activité vers des secteurs tels que la rénovation thermique des bâtiments.  

Biodiversité
Parmi les nombreux plans établis par les régions, le Sraddet (schéma régional d’aménagement, de développement durable et d’égalité des territoires) leur permet, entre autres, d'agir sur l'urbanisation, de lutter contre l'artificialisation des sols, ou de contribuer à l'adaptation des forêts au changement climatique. Enfin, les régionaux participent à la création gèrent les parcs naturels régionaux.

• Après la fuite d'huile observée lundi dans la baie de Saint Brieuc sur un chantier d'éoliennes offshore, la société Ailes marines a reconnu, mardi, un « problème technique » sur le navire qui réalise les forages dans la zone. Celui-ci a « entraîné l’écoulement de fluide hydraulique Panolin HLP Synth utilisé dans les systèmes de guidage des foreuses », selon l'entreprise, qui assure que ce fluide est biodégradable. Lundi, la fuite avait créé une nappe de 16km de large sur 3km de long non loin des côtes. - 20 Minutes

• Mercredi, la municipalité de Paris a annoncé la fin du stationnement gratuit pour les deux-roues motorisés dès 2022. Le tarif sera deux fois moindre que pour les automobilistes. Une mesure prise pour réduire la pollution et le bruit et inciter à passer à des modes de transport moins carbonés : s'ils sont plus petits, les deux-roues à moteur thermique consomment au moins autant de carburant que les voitures. Le détail dans le Parisien (abonnés)

« Pas besoin d’attendre les partis politiques pour faire de la décroissance »

Dans un entretien accordé à Vert, l'économiste Timothée Parrique décrypte le concept de décroissance, conspué par l'ensemble de la classe politique et qui permettrait pourtant, selon lui, d'atteindre les objectifs climatiques en luttant contre les inégalités. Voici un extrait :

En novembre 2020, Christian Jacob, président du parti Les Républicains, écrivait : « Si l’on voulait respecter les objectifs des accords de Paris sur le climat en 2050 via la décroissance, il faudrait rester confinés pendant… trente ans. La décroissance est donc une voie sans issue. » La décroissance s’apparente-t-elle à ce qu’on a pu connaître pendant le confinement : des restrictions énormes, du chômage de masse, une récession économique ?

Non, pas du tout. Toutes nos institutions sont organisées autour de la croissance : le monde de la finance, le commerce international, le marché du travail, les systèmes de retraite et de santé. Pendant la pandémie, nous avons mis l’économie de croissance en pause. Mais c’est comme lorsqu’on fait du vélo : quand on perd de la vitesse, si on ne pose pas le pied à terre, on s’écroule.

J’aime bien la définition de la décroissance que donne l’anthropologue Jason Hickel : « une réduction planifiée de l’utilisation excessive d’énergie et de ressources dans les pays riches, afin de rétablir l’équilibre entre l’économie et le monde vivant, tout en réduisant les inégalités et en améliorant l’accès des populations aux ressources dont elles ont besoin pour vivre longtemps, en bonne santé et s’épanouir ».

Timothée Parrique © Document remis

Le but de la décroissance est de construire une économie plus résiliente et qui permette de satisfaire les besoins de manière efficace, juste, et soutenable. Ce modèle économique alternatif demande de repenser le travail, la propriété, la monnaie, la finance, le commerce, afin que tout cela puisse fonctionner sans dépasser les limites écologiques tout en préservant les minimas sociaux.

Cette transition doit s’opérer de manière démocratique. Faire la distinction entre l’essentiel et le superflu, ce n’est pas quelque chose que nous pouvons laisser aux économistes.

Un entretien à lire sur vert.eco

Supprimer la plupart des lignes aériennes intérieures pourrait se faire sans trop de difficultés

L'avion prend un coup dans le train. La suppression des lignes aériennes qui ont un équivalent de moins de 4 heures de train représente un gain de temps, d'argent, de confort et de CO2, d'après le Réseau action climat.

Parmi leurs 149 propositions faites en juin 2020, les membres de la Convention citoyenne pour le climat avaient suggéré d'abandonner les lignes aériennes quand le même trajet pouvait se faire en 4h de train. Dans son projet de loi « climat et résilience », le gouvernement avait repris cette idée en la vidant de sa substance, limitant la mesure aux trajets de moins de 2h30. Ce qui ne devrait concerner que cinq lignes (dont Paris-Bordeaux ou Lyon-Marseille). Qui plus est, avec une dérogation dans certains cas de liaisons entre des vols internationaux.

Constitué d'une trentaine d'associations, le Réseau action climat (RAC) remet le couvert ce mercredi, avec un rapport qui achève de prouver les bénéfices d'une telle mesure.

Si l'on compte le temps passé à gagner les aéroports depuis les villes, à enregistrer ses bagages et passer les contrôles de sécurité, le train est - porte à porte - plus rapide que l'avion sur une douzaine de lignes, selon le RAC. Sur de nombreuses autres lignes, la différence de temps ne représente que quelques dizaines de minutes.

Sur de nombreuses lignes, le train est plus rapide que l'avion si l'on prend en compte l'intégralité du trajet, porte à porte © Réseau action climat

Contrairement à un argument répandu, le train pourrait absorber le surplus de voyageur·s·es descendus des avions sans grande difficulté, indique l'ONG, qui a collaboré avec le bureau d'études Egis rail. 20 des 23 lignes ferroviaires concernées par la proposition du RAC n'auraient presque aucun changement à faire. Les trois autres (dont Paris-Marseille), devraient par exemple rajouter un train aux heures de pointe.

Enfin, cette version permettrait de tripler les bénéfices climatiques par rapport à la réforme portée par le gouvernement.

Les curieuses histoires du Museum

Savez-vous pourquoi la girafe ne se couche presque jamais? En partenariat avec France culture, le Museum national d'histoire naturelle ouvre sa riche collection et ses nombreux savoirs au grand public pour nous raconter ses Curieuses histoires. Dans cette série de 40 podcasts de 7 minutes, le MNHN nous emmène à la rencontre d'animaux et végétaux présents, disparus - comme le tricératops, ou légendaires, comme le dodo.

© MNHN

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