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Mardi 12 janvier 2021

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De sommets en conférences, les grand•e•s de ce monde arborent des mines toujours plus contrites au chevet du vivant.  

Un sommet pour si peu

Organisé en ligne depuis l'Elysée, lundi, le One planet summit consacré à la biodiversité a été l'occasion de plusieurs annonces, aussi volontaristes que peu concrètes

Après le report, en raison de la pandémie, de nombreux événements prévus en 2020, 2021 promet d'être une année-clef dans la lutte pour la sauvegarde du vivant. A quelques mois du congrès mondial de la nature à Marseille, suivi de la quinzième conférence des parties (COP 15) sur la biodiversité de Kunming en Chine, c'est le thème qui a été choisi pour le One planet summit de ce lundi.

Rassemblant une trentaine de chef•fe•s d'Etats et de gouvernement, ce raout en ligne a été l'occasion de créer de nombreuses coalitions sur des sujets variés. Mise sur pied par le Costa Rica, la France et le Royaume-Uni et comptant une cinquantaine d'Etats, une « coalition de la haute ambition pour la nature et les hommes » doit permettre de protéger « au moins 30 % des terres et des océans » d'ici 2030. Un objectif relativement vague qui ne dit pas quelles mesures devront être mises en place, ni quel sera le niveau de protection choisi. La France, en revanche, s'est promise de placer 10 % des terres et des mers sous protection forte d'ici 2022. 

La vidéo du sommet en intégralité © One planet Summit

Une autre coalition doit permettre de préserver la biodiversité en mer Méditerranée. Hélas, elle ne compte pour l'heure que six pays. L'Elysée souhaite la mettre au menu du congrès de Marseille, en septembre prochain. Une coalition pour la convergence des financements en faveur du climat et de la biodiversité, ainsi qu'une autre pour l'engagement climatique des acteurs financiers, ont été mises en chantier. 

Principale annonce de la journée : à l'occasion d'un événement parallèle à ce sommet, des acteurs de la finance, publique ou privée, ont déclaré que seraient débloqués 14,3 milliards de dollars sur la période 2021-2025 pour accélérer l'immense projet de muraille verte au Sahel (expliqué en détail par 20 Minutes). Plus d'informations dans Actu-Environnement (abonnés). 

Greta Thunberg n'a pas été impressionnée par les déclarations des décideur•se•s à l'occasion du One planet Summit de l'Elysée. La militante suédoise l'a fait savoir dans ce tweet, qui résume le sentiment d'une partie des observateurs écologistes :

"En direct du #OnePlanetSummit de Paris : Bla bla nature, Bla bla important, Bla bla investissements verts, Bla bla grande opportunité, Bla bla croissance, Bla bla neutralité carbone" etc. 

Pour être poursuivies dans le cadre du futur délit d'écocide, il faudra que les entreprises se soient rendues coupables d'une pollution intentionnelle : c'est ce qu'a annoncé avec embarras la ministre de la transition écologique Barbara Pompili, lundi sur France Info. Autrement dit, une fuite de produits chimiques ou toxiques rejetés dans la nature ne pourra valoir une poursuite à son auteur pour « écocide » que si elle est commise délibérément. Une situation extrême qui ne devrait concerner qu'un petit nombre d'affaires. - France Info

• Lundi, Total a annoncé avoir acquis Fonroche Biogaz, entreprise spécialisée dans la construction et l'exploitation d'unités de méthanisation. Le pétrolier multiplie les projets pour augmenter sa capacité de production de biogaz afin d'atteindre 1,5 térawattheure (TWh) par an de biométhane d'ici 2025. - Actu-Environnement (abonnés) 

Canal + se paie la planète 

Le monde ou rien. Le groupe Canal + détient les droits sur le mot « planète » et menace celles et ceux qui osent s'en servir

En 1999, raconte Reporterre, le groupe Canal + a déposé les termes « planète » et « planet » auprès de l’Institut national de la propriété intellectuelle (INPI). Depuis des années, la multinationale menace ou attaque les entreprises ou associations qui auraient le malheur d'utiliser ce terme. 

Dernièrement, ce fut le cas de l'association Run for planet, qui veut lever des fonds pour planter des arbres en Sibérie. Après le dépôt de la marque en mai dernier, le groupe Canal a demandé à sa direction de changer de nom, rapporte encore Reporterre.

Baptisé « Notre planète à tous », un collectif d'organisations a vu le jour, en novembre 2020, pour défendre l'emploi du mot planète (leur tribune dans Marianne). Parmi ses membres, Yann Arthus-Bertrand, fondateur de GoodPlanet, ou Yolande de la Bigne, créatrice de la revue Néoplanète. 

Cette situation est d'autant plus ubuesque qu'il est en principe impossible de déposer un nom commun pour une activité qui s'y rapporte. Explication : on peut déposer le nom « Orange » pour commercialiser des forfaits téléphoniques, mais pas pour vendre des oranges. C'est d'ailleurs au nom de ce principe qu'il n'a pas été possible de protéger la marque « Vert » pour un média sur l'écologie. Il est difficile de concevoir au nom de quel principe une chaîne de télévision qui parle de la planète pourrait confisquer un mot aussi universel. Plus d'informations dans Reporterre

Une action en justice contre les toxiques cachés dans les pesticides

Du poison, dans du poison, dans du poison... Neuf associations ont lancé une action en justice contre l'Etat et une pétition pour retirer du marché des pesticides contenant des toxiques cachés.

Arsenic, métaux lourd... Publiée fin octobre, une étude avait révélé que 14 pesticides commercialisés en Europe contenaient des substances toxiques non-déclarées. Ces produits sont proposés par leurs fabricants comme des alternatives au glyphosate, substance herbicide controversée dont les usages seront bientôt restreints en France (AFP).

Scandalisées par ces révélations, neuf associations écologistes, dont Générations futures ou Nature et progrès, ont porté plainte en décembre contre l'Etat pour « carence fautive ». Celui-ci est accusé de n'évaluer que le principe actif du produit - et non la totalité de ses ingrédients – avant d'autoriser sa commercialisation. Une deuxième plainte a été déposée contre X pour fraude à l’étiquetage, mise en danger de la vie d’autrui et atteinte à l'environnement.

En parallèle, les associations ont lancé une campagne en ligne baptisée Secrets toxiques, assortie d'une pétition déjà signée par plus de 10 000 personnes, visant à obtenir le retrait des produits incriminés et « la condamnation des responsables ». Affaire à suivre. 

« On a déjà transformé notre planète en enfer » 

Parfois déprimant mais toujours passionnant, l'astrophysicien et docteur en philosophie Aurélien Barrau est un ardent défenseur du vivant. Il le fait savoir dans cette riche causerie en ligne accordée en novembre dernier aux étudiant•e•s de l’école de commerce HEC. 

© HEC Paris

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