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Lundi 7 juin 2021
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Un numéro où l'on verra que sur les nitrates et le glyphosate, il y a ceux qui sont diplomates et ceux qui passent aux actes.

Le G7 veut astreindre les multinationales à la transparence climatique

Papiers s'il vous plaît. Réuni·e·s en sommet à Londres ce week-end, les dirigeant·e·s du G7 ont fait un pas vers l'obligation aux grandes entreprises de dévoiler leur impact carbone ainsi que leur exposition aux bouleversements climatiques.

« Nous sommes favorables à la publication obligatoire des données financières liées au climat, qui apportent des informations fiables et utiles à la décision pour les participants de marché », ont écrit les ministres des Finances et gouverneurs de banques centrales des sept puissances économiques que sont l'Allemagne, le Canada, les États-Unis, la France, l'Italie, le Japon et le Royaume-Uni. « Nous sommes d'accord sur le besoin de normes mondiales pour la communication en matière de durabilité », ont-ils également ajouté dans un communiqué.

L'objectif est à la fois de mieux évaluer l'impact financier de la crise climatique sur les entreprises concernées, mais aussi de distinguer celles qui sont compatibles ou non avec la transition écologique. « Cela aidera à mobiliser les milliers de milliards de dollars du secteur privé » pour financer des activités durables, expliquent encore les dirigeant·e·s.

Les dirigeant·e·s du G7 lors du sommet organisé par la France à Biarritz en 2019 © G7UK

Cité par l'AFP, un porte-parole de l'association britannique Positive Money estime cependant que « ces publications auraient dû être obligatoires il y a longtemps, mais [qu']à ce stade de la crise climatique et écologique, l'appel pour de meilleures données est une distraction dangereuse ». Espérer que les marchés financiers opéreront leur mue uniquement sur la base de nouvelles données financières semble relever de l'utopie.

Surtout, ce sont les règles de mise en œuvre qui conditionneront l’efficacité de cette mesure. Ce week-end, les pays du G7 ont aussi validé l’instauration d’une taxation minimale de 15% sur les multinationales, qui doit permettre de lutter contre le dumping fiscal. Or, ses modalités d'application devraient finalement entraîner des pertes budgétaires importantes pour la plupart des pays (Attac).

• Le Brésil est sous la menace d'une grave sécheresse qui met en péril l'approvisionnement en électricité du pays via ses centrales hydroélectriques et compromet la production agricole. Selon le gouvernement brésilien, le manque de pluies dans le sud-est et le centre-ouest du pays est le pire depuis près d'un siècle. La situation ne devrait pas s'améliorer avant fin septembre, époque où doit normalement reprendre la saison des pluies. - Nice-Matin (AFP)

• L'ancien patron de Volkswagen Martin Winterkorn va s'acquitter d'environ 11 millions d'euros de dommages et intérêts auprès de la firme, qui l'accuse de négligence dans le cadre du scandale « dieselgate ». L'entreprise et ses dirigeant·e·s sont impliqué·e·s dans une immense fraude aux contrôles révélée en 2015 et qui visait à faire apparaître leurs véhicules au diesel moins polluants qu'ils ne l'étaient en réalité. - Le Figaro (AFP)

Nous sommes tous des pisseurs de glyphosate

Damn pipi ! Près de 7 000 prélèvements urinaires réalisés par la Campagne Glyphosate révèlent la présence systématique et à des taux élevés de ce puissant pesticide.

Le 3 juin, l'association a publié les premiers résultats de sa campagne de tests, conduite entre juin 2018 et janvier 2020. Au cours de 175 séances de prélèvements réalisées sous la supervision d'huissiers, les bénévoles ont recueilli l'urine de personnes âgées de 6 mois à 94 ans, issues de 84 départements français. Du glyphosate a été détecté dans presque 100% des cas. Seules 14 personnes sur 6 848 ont présenté des résultats négatifs. Le taux moyen est de 1,17 ng/ml, « près de 12 fois supérieur à la norme de qualité de l’eau qui est de 0,1 ng/ml », écrivent les auteur·ice·s.

Ce pesticide à large spectre, qu'Emmanuel Macron avait promis d'interdire d’ici 2021 (Vert), est suspecté de favoriser l'apparition de cancers chez les personnes exposées. L'organisation mondiale de la santé l'a qualifié de « cancérogène probable » en 2015 avant de le déclasser en 2016 et la controverse fait toujours rage entre ses défenseurs et ses détracteurs (lire à ce sujet le vrai-faux réalisé par le Monde).

A Paris, les député·e·s Loïc Prud’homme (1,09), Delphine Batho (2,44) et Benedicte Taurine (1,91) ont participé au glyphotest. Les chiffres sur leurs affichettes correspondent à la quantité de glyphosate (en ng/ml) trouvé dans leur urine © Campagne glyphosate Paris

La Campagne Glyphosate souligne en tout cas que l'exposition de l'ensemble de la population est probablement plus élevée que ce que révèlent ses analyses. L'échantillon étudié est en effet largement composé de personnes sensibilisées au sujet et témoignant d'un comportement censé limiter leur exposition aux produits phytosanitaires. Par exemple, 93% de l’échantillon s’alimentent en partie avec des produits bio et la moitié a une alimentation composée de plus de 70% de produits bio.

5 500 participant·e·s au « glyphotest » ont déjà porté plainte auprès du tribunal de grande instance de Paris pour mise en danger de la vie d'autrui, tromperie aggravée et atteintes à l'environnement contre les firmes fabriquant des pesticides à base de glyphosate et contre les organismes ayant contribué à leur mise sur le marché.

L’État condamné à agir contre les algues vertes en Bretagne

Malaise Breizh. Le tribunal administratif de Rennes a donné quatre mois au préfet de Bretagne pour prendre de nouvelles mesures contre la pollution des eaux au nitrate.

Les marées d'algues vertes qui prolifèrent en Bretagne depuis les années 1960 sont provoquées par l'épandage excessif de fertilisants pour l'agriculture. L'azote qui n'est pas absorbée par les plantes se transforme alors en nitrate et contamine l’eau des nappes et des rivières, qui s’écoule jusqu'au bord de mer. Saisi par l'association Eau & Rivières de Bretagne, le tribunal administratif vient de reconnaître l’insuffisance des mesures prises par le préfet de Bretagne. De fait, malgré la succession de « programmes d'action » depuis les années 1990, leur inefficacité se mesure à chaque printemps lorsque démarre la saison des algues vertes.

Samedi, à Lorient, des manifestant·e·s ont mis la tête dans le sable pour dénoncer la politique de l'autruche de l’Etat sur les algues vertes © Eau & Rivières de Bretagne

Dans un jugement rendu vendredi, le tribunal a d'abord décidé d'annuler le refus du préfet de prendre des mesures supplémentaires, comme le lui avait demandé Eau & Rivières de Bretagne. Il a ensuite ordonné au préfet de région d'agir dans un délai de quatre mois « par toute mesure de maîtrise de la fertilisation azotée et de gestion adaptée des terres agricoles dans les bassins versants situés en amont des sites littoraux concernés par les échouages d’algues vertes ».

L'association Eau & Rivières s'est félicitée de cette « victoire historique ». Pourtant, ce n'est pas la première fois que l'Etat est condamné pour sa gestion des marées vertes. La cour administrative d'appel de Nantes a déjà sanctionné le laxisme des préfets bretons et reconnu la responsabilité de l'Etat dès 2009. Fin 2014, la cour d'appel a également confirmé quatre jugements du tribunal administratif de Rennes enjoignant aux préfets bretons de renforcer les programmes de lutte contre la pollution par les nitrates.

Les croisières de la colère

La croisière, ça use. Après 18 mois de pandémie, les immenses paquebots de croisière font leur retour à Venise, en Italie. Samedi, ils ont été accueillis par des habitant·e·s en colère, dénonçant à la fois l'impact visuel, la pollution marine et la fragilisation de la ville et de ses habitations. Le mois dernier, le gouvernement avait annoncé avoir interdit leur présence dans le centre historique. Visiblement, il n'en est rien.

© France Info

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