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Vendredi 30 septembre 2022
Chères toutes et tous,

🗳️ Les urnes ont parlé ! Pour la troisième édition du « vert du faux », vous avez voulu, à 58,7 %, que l'on réponde à la question : « AB, Demeter, HVE... Les labels sont-ils vraiment écolos ? ». Vous aurez la réponse dans l'édition du jeudi prochain. Merci d'avoir participé et de nous avoir envoyé vos autres propositions par mail !
💚 Nous remercions chaudement Marie-Line, Nadine, Clothilde, Daniel, Amélie, Julie, Elise, Michael, Nicolas et Marc d'avoir ajouté leur pierre à l'édifice cette semaine en faisant un don. Vert est encore un peu plus costaud grâce à vous !
Les fossoyeurs du climat et du vivant creusent aussi la tombe des défenseurs de l'environnement.

En 2021, les assassinats de militants écologistes ont baissé, mais leur nombre reste alarmant

200 activistes écologistes ont été tué·es à travers le monde en 2021 en raison de leurs luttes, révèle l’ONG Global Witness dans son rapport annuel publié jeudi.

Aux Philippines, en Inde ou encore en République démocratique du Congo ; sur la planète, près de quatre militant·es écologistes ont été assassiné·es chaque semaine l’an passé. Au total, 200 ont perdu la vie, d’après le rapport annuel (en anglais) de l’ONG Global witness. Ce nombre est en légère baisse depuis 2020, où 227 activistes avaient péri dans le cadre de leurs luttes environnementales.

L’Amérique latine est de loin le continent le plus meurtrier, avec plus de la moitié des assassinats enregistrés dans seulement trois pays - le Brésil, la Colombie et le Mexique. Ce dernier a été le plus dangereux en 2021, avec 54 activistes tué·es au cours de l’année (+30 par rapport à 2020). Depuis plusieurs années, le Mexique connaît une explosion de la violence liée aux luttes écologistes. Global witness y a documenté 154 morts dans les dix dernières années, dont l’immense majorité (131) est survenue depuis 2017.

La répartition des pays montre une sur-représentation des conflits léthaux dans les pays d’Amérique latine. Cliquez pour voir les chiffres en plus grand © Global witness / traduit par Vert

L’ONG souligne qu’il est particulièrement difficile d’identifier les raisons des assassinats en raison du manque d’investigation et de la corruption. La plupart sont liées à l’accaparement de terres, mais 143 des 200 morts n’ont pas pu être attribuées à un secteur d’activité en particulier. Avec 27 victimes, l’exploitation minière est la responsable du plus grand nombre d’assassinats, dans les cas où une industrie a pu être identifiée.

Les peuples autochtones dans le viseur

Les membres des communautés autochtones sont surreprésenté·es parmi les personnes assassinées (40 % du total), alors qu’elles et ils ne représentent que 5 % de la population mondiale.

Global witness réclame « des actions urgentes » à l’échelle régionale, nationale et internationale pour « tenir les entreprises et les gouvernements pour responsables de la violence, la criminalisation et les attaques auxquelles font face les défenseurs de l’environnement ». L’ONG recommande notamment de renforcer les cadres juridiques pour exiger une plus grande transparence des entreprises dans la conduite de leurs activités et protéger les militant·es des tentatives d’intimidation et de criminalisation.

· Jeudi, l’Union européenne (UE) n’a pas retenu la proposition visant à interdire la senne démersale lors des négociations entre la Commission, le Parlement européen et le Conseil de l’UE. Un projet d’amendement visant à interdire cette technique de pêche industrielle destructrice pour les océans et les petits pêcheurs était soutenu par 143 élu·es français·es de tous bords. - Ouest-France

· Jeudi encore, le Fonds monétaire international (FMI) a annoncé que la Barbade serait le premier pays à bénéficier de son nouvel instrument pour aider les nations pauvres ou vulnérables à s'adapter au changement climatique. Au total, 300 millions d’euros devraient être attribués à ce pays insulaire des Caraïbes gravement menacé par la montée des eaux dans le cadre du « Fonds fiduciaire pour la résilience et la durabilité » et d’un autre programme, le mécanisme élargi de crédit, selon un accord qui doit encore être approuvé par le conseil d’administration du FMI. - RFI

· Jeudi toujours, le principal producteur d’énergie australien, AGL, a annoncé la fermeture de ses centrales électriques à charbon une décennie plus tôt que l’objectif qu’il s’était précédemment fixé. Située au sud-est de l’État de Victoria (sud), la centrale Loy Yang A cessera toute production d’énergie à partir de charbon d’ici à la mi-2035. En Nouvelle-Galles du Sud, la centrale Bayswater serait en bonne voie pour fermer avant 2033. - Sud-Ouest (AFP)

5 000

Déconnage imminent ! Depuis 2019, au Royaume-Uni, pas moins de 5 000 avions ont décollé sans le moindre passager à bord, tandis que 35 000 vols commerciaux ont été réalisés avec moins de 10% de sièges remplis, révèle le quotidien britannique The Guardian. Si les raisons pour lesquelles ces « vols fantômes » ont été opérés ne sont pas parfaitement claires, les auteur·rices de l’enquête évoquent la potentielle perte de créneaux de vols chez les compagnies qui ne les utiliseraient pas, les poussant à opérer des vols à vide (notre article). Une règle pourtant suspendue au pic de la pandémie. Parmi les autres raisons invoquées par les transporteurs : les rapatriements liés au Covid, le repositionnement des avions ou le transport de fret.

Plutôt nourrir : pour un élevage paysan sans cruauté ni candeur

Cochons comme copains. Dans Plutôt nourrir, Clément Osé met en récit l’appel poignant de l’éleveuse Noémie Calais. Un texte à deux voix sur l’élevage paysan, où la vie et la mort des animaux sont indissociables de celle des humains et où se façonnent d’autres manières d’être au monde.

Après un brillant parcours universitaire et un début de carrière stoppé net par des ennuis de santé, Noémie Calais décide de prendre la tangente. Direction le Gers pour élever des cochons. Elle se forme à la boucherie-charcuterie et s’installe à la ferme des Bourdets aux côtés d’autres paysan·nes. Entre l’élevage de ses soixante cochons noirs, les virées à la CUMA pour la découpe de la viande et le marché, la vie est rude. Noémie fait tout par elle-même. Elle aimerait faire plus encore : pourquoi, alors qu’elle aime tant ses animaux, doit-elle les faire tuer par d’autres ? Elle voudrait leur offrir une belle mort, comme celle qu’elle a dû infliger à sa truie préférée, Merveille, qui était blessée.

Clément Osé a vécu quelques années dans une ferme décroissante des Pyrénées d’où il a repris contact avec Noémie, son ancienne camarade de promo à Sciences po. En reporter sensible, l’auteur tente de démêler les émotions et les réflexions de la paysanne, jusqu’à questionner la possibilité-même d’élever des cochons dans un monde en surchauffe. « Il m’est insupportable de recevoir des leçons de personnes qui s’achètent une bonne conscience en décidant de s’extraire du rapport à l’animal plutôt que d’oser le regarder en face, dans sa complexité et son ambivalence », répond le journal intime de Noémie.

Solitude, ajustements, rencontres, colocations, associations : l’éleveuse traverse toutes les épreuves avec courage, résignation et une volonté saisissante d’inventer d’autres manières de nourrir les humains. Un récit élégant et bouleversant sur la rudesse et la beauté de vivre en cohérence avec ses idées.

Plutôt nourrir, l’appel d’une éleveuse, Noémie Calais, Clément Osé, Tana, septembre 2022, 256p, 18,9€

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Faut-il arrêter de faire des enfants pour sauver la planète ?

Combien d’humains la Terre pourra-t-elle supporter ? Dans le premier épisode de la nouvelle saison du podcast du Monde Chaleur humaine, le journaliste Nabil Wakim a invité l’ingénieur Emmanuel Pont, auteur d’un livre sur le sujet, à explorer le débat sur l’impact de la démographie sur le climat.

© Le Monde

+ Loup Espargilière, Juliette Quef et Gabrielle Trottmann ont contribué à ce numéro.
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