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Mercredi 26 mai 2021
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Un numéro où l'on verra qu'en matière de changement climatique, la science fait plus peur que la fiction.

La majorité des citoyens sous-estime l'ampleur du changement climatique

Mortel ! Un sondage international révèle une inquiétante déconnexion entre le consensus scientifique et l'opinion publique à propos du changement climatique.

Supervisée par le réseau de fondations Open Society (du milliardaire américain George Soros), l'enquête a interrogé plus de 10 000 citoyen·ne·s de 18 à 74 ans résidant dans huit pays d'Europe – Allemagne, France, Italie, Suède, Pologne, République Tchèque – et aux États-Unis. Si la réalité du changement climatique ne fait aujourd'hui plus de doute pour les répondant·e·s, cela n'empêche pas une importante partie de nourrir des opinions erronées sur sa véritable nature.

A côté des climato-sceptiques, désormais minoritaires, il y a par exemple « un groupe considérable de sceptiques 'légers' qui pensent que le changement climatique est causé, dans les mêmes proportions, par les activités humaines et les processus naturels », souligne l'étude. Elles et ils représentent 44% des répondant·e·s en France. Au final, « celles et ceux qui démentent ou sous-estiment la contribution anthropique [humaine - NDLR] au changement climatique sont majoritaires en France, en Pologne, en République Tchèque et aux USA », remarquent les auteur·e·s.

Les répondant·e·s qui estiment que le changement climatique aura un impact négatif sur leur vie classé·e·s en fonction de leurs orientations politiques (gauche, centre, droit). © Open Society Foundations

En plus de méconnaître la responsabilité humaine du changement climatique, une part significative des sondé·e·s se méprend également sur sa sévérité. Ainsi, seulement 23% des Français·es interrogé·e·s estiment que les effets du changement climatique seront « plutôt négatifs » sur la vie terrestre, tandis que 43% s'attendent à des effets « équilibrés » (balanced) et 34% à des effets « plutôt positifs ». S'agissant de leur vie personnelle à horizon 2035, 40% estiment que leur vie changera « quelque peu ». Mais autant pensent qu'elle sera fortement ou très fortement perturbée par le changement climatique.

L'étude démontre enfin que l'adhésion à des politiques de lutte contre le changement climatique est proportionnelle à la perception de l'urgence. Or, si la majorité des répondant·e·s (60% en France) estime que « nous devrions faire tout ce que nous pouvons pour stopper le changement climatique », elles et ils n'ont, à titre individuel, pas l'intention de participer à des protestations environnementales (77%), de rejoindre une organisation environnementale (79%) ou de voter pour un parti en raison de son agenda climat (57%).

 Dimanche, à Aubervilliers (Seine-Saint-Denis), les occupant·e·s de jardins ouvriers menacés par les Jeux Olympiques ont érigé une JAD (pour Jardins À Défendre). D’ici 2024, 4 000 m² de ces terres potagères seront artificialisés pour l'implantation d’un solarium, accolé à une piscine olympique. Ce, malgré l'engagement de Paris d'organiser des « jeux alignés sur l'Accord de Paris pour le climat ». Les jadistes ont écrit à la Solideo, société de livraison des ouvrages olympiques présidée par Anne Hidalgo, que « non, l’écologie populaire et la subsistance des jardins n’est pas compatible avec votre capitalisme vert » - Politis

• Mardi, une pollution aux pesticides a été identifiée dans la Seine, à hauteur de Rouen (Seine-Maritime), a annoncé la métropole rouennaise. La pollution, qui a occasionné une coloration bleue sur une surface de 500 m² provient d'une cuve appartenant à une entreprise de transports. « D'après nos informations, le produit pesticide contiendrait des néonicotinoïdes, en particulier du thiaméthoxame, substance hautement nocive, très soluble dans l'eau, interdite en France depuis près de trois ans ! », a expliqué la Métropole, qui a porté plainte. - France Info

• Votée à l'Assemblée nationale en janvier, la proposition de loi contre la maltraitance animale n'a toujours pas été mise à l'ordre du jour du Sénat, ont déploré 43 ONG et 30 parlementaires dans une lettre ouverte adressée, mardi, au gouvernement. Elles et ils lui demandent d'agir pour que ce texte soit débattu dans les plus brefs délais. « Un pan entier des êtres vivants doués de sensibilité est aujourd'hui laissé sans protection suffisante et il appartient aux décideurs politiques d'y remédier », plaident les signataires. - OABA

Climat : Total veut changer de nom mais pas de stratégie

Fossile à dire. Le géant pétro-gazier souhaite se rebaptiser TotalÉnergies pour mettre en avant sa diversification dans les énergies renouvelables. Une grossière opération de greenwashing.

Vendredi, lors de son Assemblée générale annuelle, le groupe Total proposera à ses actionnaires de valider son nouveau nom, ainsi qu'une stratégie pour réduire ses émissions de CO2 à l'horizon 2030. « TotalEnergies ancrera notre stratégie de transformation en un groupe multi-énergies », explique son PDG Patrick Pouyanné dans une vidéo promotionnelle. Quoique bien léché, le plan com’ ne résiste pourtant pas aux décryptages des associations écologistes. 

Oxfam rappelle qu'à ce jour, pour une unité d’électricité produite à partir de renouvelables, Total produit 447 unités d’hydrocarbures. En 2018, le groupe a seulement dédié 1,9% de ses investissements bruts aux renouvelables. A l'inverse, le groupe consacre plus d'un tiers de son budget communication à verdir son image de marque.

Les évolutions promises dans son plan climat pour 2030 sont loin d'être compatibles avec une trajectoire de réchauffement limitée à 1,5°C. En effet, près de 80% des investissements entre 2026 et 2030 resteront alloués aux énergies fossiles et l'entreprise n'a aucunement prévu de renoncer à ses projets, y compris dans des écosystèmes fragiles comme l’Arctique, ou la région des grands lacs d’Afrique de l’Est, explique la directrice de l'ONG Reclaim Finance, Lucie Pinson, dans une tribune au Monde.

Résultat : l'entreprise produira en 2030 deux fois plus d'énergies fossiles que ce que recommande le GIEC (groupement intergouvernemental d'experts pour le climat), rappelle Oxfam. Les expert·e·s jugent en effet nécessaire que la production brute de pétrole et de gaz diminue respectivement de 87% et 74% d’ici 2050, par rapport à 2010. Or, dans le scénario retenu par Total, la production mondiale de gaz augmente de 30% d’ici à 2050 et la production de pétrole ne diminue que de 43%.

En finir avec les installations abandonnées en montagne  

Glaciers d'acier. Depuis 20 ans, l'association Mountain Wilderness travaille au démantèlement de constructions obsolètes dans les montagnes françaises. Elle vient de lancer un site participatif pour mieux les recenser.

Il n'est pas rare, lors de randonnées en montagne, de croiser les vestiges d'un enclos oublié, un remonte-pente rouillé ou des pylônes délaissés. La pollution n'est pas seulement visuelle puisque les sols et les cours d'eau peuvent aussi en être affectés. Sans compter les multiples dangers pour la faune environnante. Depuis le 30 avril dernier, les promeneurs avertis sont invités à signaler ces installations sur le site installationsobsoletes.org, tout juste mis en ligne par l'association Mountain Wilderness.

Ancien téléphérique de l'Aiguille du Midi à Chamonix © Flickr/ Thierry llansades

La carte interactive, qui compte déjà 3 000 installations, doit aider l'association dans son travail de recensement, de démantèlement mais aussi de sensibilisation. En 20 ans, 60 chantiers ont été menés, pour 500 tonnes de matériaux enlevées, raconte le Monde. Cinq chantiers supplémentaires sont prévus en 2021. « Ces chantiers font avant tout figure d’exemples, et permettent de démontrer la faisabilité de tels projets », explique l'association sur son site internet.

En effet, Mountain Wilderness joue avant tout un rôle d'intermédiaire entre les différents acteurs à impliquer : propriétaires, communes, etc. Elle a également un rôle de plaidoyer pour améliorer la prise en charge des installations obsolètes. En 2016, elle a poussé à l’adoption d’un amendement de la loi « montagne », qui a introduit l’obligation de démonter les remontées mécaniques construites après 2016 dans un délai de trois ans après leur mise à l’arrêt définitive.

La maison en A

De A a Z. L'architecte Elizabeth Faure est à l'origine d'un concept de maison simple, économique et écologique. Elle fut la première à construire sa propre maison « en A », une bâtisse de 180 m² au budget minuscule de 40 000 euros. Depuis, le concept s'égrène un peu partout, porté par le succès du film documentaire qui lui est dédié. Avec Morgane Launay, la réalisatrice et photographe qui a suivi son aventure, elles ont décidé de publier une série de tutos pour diffuser leurs connaissances. Pour cela, elles viennent de lancer une campagne de financement participatif sur Ulule.

© Loopsider

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