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Mercredi 19 mai 2021
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Un numéro où l'on verra que personne, pas même la réalité, ne pourra priver le ministre des transports, Jean-Baptiste Djebbari, de son rêve de gosse d'un « avion vert ».

Vers un quatrième été de sécheresse en France

Eau secours. La France se dirige vers un quatrième été de sécheresse d'affilée, d'après les prévisions de Météo-France.

L'un après l'autre, les été 2018, 2019 et 2020 ont chacun battu le record de l'été le plus sec jamais mesuré en France (Vert). Et le pays se dirige vraisemblablement vers une quatrième saison estivale fortement déficitaire en eau. C'est ce que prévoient Météo-France et le BRGM (le Bureau de recherches géologiques et minières, notamment chargé d'évaluer l'état des nappes d'eau souterraines). Les deux organisations l'ont indiqué dans une carte prévisionnelle, dévoilée lundi par Bérangère Abba, secrétaire d'Etat à la biodiversité.

Cliquez sur l'image pour l'afficher en grand. © Compte Twitter de Bérangère Abba

La menace de la sécheresse plane sur la quasi-totalité des départements de la métropole, avec un niveau de risque « très probable » autour de la Méditerranée, et du Midi à l'Allier. Seules les régions de l'Ile-de-France, des Hauts-de-France et une partie de la Normandie pourraient être épargnées. L'actuel épisode de pluie ne rattrapera pas le manque de neige et de précipitations de ces derniers mois.

Afin d'anticiper ce risque, Bérangère Abba a demandé aux préfets d'envisager « dès maintenant des mesures de restriction là où elles sont nécessaires » (Actu-environnement). L'exécutif a aussi mis sur pied un nouveau Comité d'anticipation et de suivi hydrologique (Cash), qui sera chargé de rassembler représentant·e·s de l'Etat, agriculteur·rice·s, entreprises, consommateur·rice·s pour anticiper et mieux gérer la pénurie.

Ces dernières années, les conflits d'usage et les retenues d'eau illégales par des exploitations agricoles se sont multipliées, comme à Caussade (Lot-et-Garonne). En août dernier, le ministre de l'agriculture Julien Denormandie avait promis qu’une part importante du plan de relance post-Covid serait consacrée à l’adaptation de l’agriculture française au changement climatique. Mais seul un milliard d’euros concerne le secteur agricole, dont la moitié servira bien à financer la transition vers une agriculture agroécologique, plus vertueuse et moins gourmande en eau.

• Mardi, pour la première fois, un actionnaire de Total s'est opposé au plan climatique du géant de l'énergie. Le gestionnaire d'actifs OFI Asset Management juge impératif que Total s'engage à « à réduire la production d’énergies fossiles ». Or ce n'est pas ce que contient la résolution sur le climat, soumise à l'ensemble des actionnaires, le 28 mai, qui prévoit de poursuivre l'exploitation du gaz ou du pétrole au cours des prochaines années. - Reporterre

• Lundi, Leonardo di Caprio a annoncé avoir réussi à mobiliser 43 millions de dollars (35,15M€) pour restaurer la faune et la flore des Îles Galapagos, situées au large de l'Equateur. Cette somme a été obtenue au travers de Re:wild, l'association que l'acteur américain a créée de concert avec de nombreux spécialistes équatoriens de la biodiversité. Ce projet prévoit de réintroduire de nombreuses espèces éteintes localement, comme le Moqueur de Floreana, premier oiseau moqueur décrit par le naturaliste Charles Darwin. - The Guardian (anglais)

L'« avion vert » de Total et du gouvernement carbure au greenwashing

De l'huile de friture comme carburant d'un vol transantlantique : l'opération de com' pleine de greenwashing de Total, Air France et du gouvernement ne résout rien au problème climatique de l'aviation.

« Il est 15h40. Le vol AF342 vient de décoller de Roissy, direction Montréal. C’est le tout premier vol long-courrier avec du biocarburant aérien durable produit en France. » Ce mardi 18 mai, à lire les tweets du ministre délégué aux transports Jean-Baptiste Djebbari, nous sommes en train de vivre un moment comparable au débarquement des humains sur la lune.

Lui-même pilote et amoureux inconditionnel de l'avion, Jean-Baptiste Djebbari applaudit : « les réservoirs de l’avion sont remplis d’un mélange de kérosène et de biocarburant (16%, précisément). Ce biocarburant, c’est 91% d’émissions de CO2 en moins par rapport au kérosène. » Ce qu'il oublie opportunément de préciser, c'est que 84% du plein est toujours fait au kérosène et l'on ne sait guère faire mieux pour l'instant.

Sur Twitter, le PDG de Total a applaudi l'événement. Une belle opération de communication - soutenue par le gouvernement - pour son entreprise, qui vient de se lancer dans la production de biocarburants pour l'aviation. © Compte Twitter de Patrick Pouyanné

Se refusant à réduire sérieusement le trafic aérien, seule manière de faire baisser efficacement les émissions de ce secteur (Vert), le gouvernement mise désormais sur les biocarburants pour ne rien changer sur le fond. À partir du 1er janvier 2022, les compagnies aériennes devront utiliser au minimum 1 % de ce biocarburant à base d'huiles de cuisson usagées, puis 5 % en 2030, d'après la feuille de route du gouvernement.

Par ailleurs, les capacités de production actuelles ne suffisent de loin pas à répondre à cette potentielle demande. Selon l'Observatoire de la sécurité des flux et des matières énergétiques, en 2025, la production mondiale de biokérosène ne devrait couvrir qu'environ 1% de la demande en carburant.

Et leur coût (4 à 5 fois supérieur au kérosène) reste prohibitif pour les compagnies aériennes : « Il ne faut pas rêver : croire que l'on fera cette transition énergétique et écologique sans impact, que cette énergie sera au même coût, c'est un Graal, on en est loin », a expliqué, mardi, le patron de Total, Patrick Pouyanné (France 24). Mais personne ne semble pouvoir empêcher Jean-Baptiste Djebbari de croire en ses rêves.

L'Espagne passe toutes ses villes à 30 km/h

Automoville. L'Espagne vient de limiter la plupart des rues de ses villes à 30 km/h, une bonne nouvelle pour la sécurité et la santé des citadins.

Depuis le 11 mai, la vitesse maximale de la totalité des rues qui comportent une voie par sens de circulation (pas les deux fois deux voies) est désormais restreinte à 30 km/h. Ce qui concerne entre 70 et 80% des calles espagnoles.

Cette mesure a été prise par le gouvernement pour lutter contre la mortalité routière qui, si elle a globalement baissé d'un tiers depuis dix ans, stagne dans les villes. A Barcelone, métropole pionnière où la vitesse avait déjà été abaissée début 2020, le taux d'accidents a chuté de 40%, indique le quotidien El mundo. Selon le conseil national de la sécurité routière, à 50 km/h, le risque de mourir d'une collision avec un véhicule est multiplié par six par rapport à 30 km/h.

La baisse de la vitesse s'accompagne également d'une réduction de la pollution sonore, comme l'a démontré l'association Bruit Parif, qui nuit gravement à la santé de l'ensemble du vivant. En 2019, une étude avait démontré que 107 766 années de vie en bonne santé étaient perdues chaque année en Ile-de-France à cause des nuisances des transports (Le Monde).

Les conséquences en termes d'amélioration de la qualité de l'air sont encore méconnues. En 2014, l'Agence de la transition écologique (Ademe) avait conclu qu'aucune tendance claire ne se dégageait de l'abaissement de 50 à 30km/h, « des évolutions allant de -40% à +30% pour les concentrations de NO2 » [dioxyde d'azote] selon les zones étudiées.

En France, après Grenoble qui est passée à 30 km/h en 2016, Paris prévoit d'en faire de même dans toutes ses rues, à l'exception des grands axes et du boulevard périphérique d'ici la fin 2021 ou le début 2022.

Les tomates bio ne sont pas toujours écolo

Vos tomates rouges sont-elles vertes ? D'année en année, l'appétit des consommateur·rice·s pour le bio s'aiguise, tout comme celui des industriels pour ce juteux marché. Parmi ces derniers, on en trouve qui accomplissent un miracle : faire pousser des tomates en hiver. Comme le Parisien le raconte dans cet épisode de sa série « Food checking », les tomates bio de nos étals ne sont pas toujours écolo.

© Le Parisien

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