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Jeudi 17 juin 2021
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Un numéro dans lequel on trouvera des prévenus accusés d'inaction et des actions qu'il aurait mieux fallu prévenir.

Une nouvelle plainte pour inaction climatique contre Jean Castex et ses ministres

Non assistance à climat en danger. L'eurodéputé Pierre Larrouturou et les militants Cyril Dion et Camille Étienne ont déposé plainte hier, mercredi, devant la Cour de justice de la République, seule habilité à juger des ministres dans l'exercice de leurs fonctions.

La plainte pour abstention à combattre un sinistre vise Jean Castex et quatre de ses ministres : Bruno Le Maire à l'économie, Barbara Pompili à la transition écologique, Jean-Baptiste Djebbari aux transports et Emmanuelle Wargon au logement. Le texte de la plainte, consulté par l'AFP, égraine les catastrophes climatiques déjà subies par la France et insiste sur « l'insuffisance » du projet de loi Climat et résilience actuellement examiné par les parlementaires. Selon les trois requérants, les ministres se rendent complices, par leur inaction, du « crime de l'humanité contre la vie » évoqué par Jacques Chirac au sommet de la Terre de Johannesburg en 2002.

© Brut

Pour Cyril Dion, intenter une action en justice « est parmi les stratégies non violentes les plus efficaces, même si les démarches sont plutôt longues ». Ces derniers mois, les décisions de justice à l'encontre de l’État se sont multipliées grâce à l'action des ONG. En début d'année, le tribunal administratif de Paris a reconnu l’illégalité de l’inaction climatique de la France et le préjudice écologique causé par ses émissions excessives de gaz à effet de serre (Vert). Le juge doit encore déterminer les mesures à ordonner à l’État.

Vendredi dernier, c'est le rapporteur public du Conseil d’État qui a reconnu l'insuffisance des politiques climatiques actuelles et préconisé des injonctions à agir assorties d'astreintes financières (Vert). En début de semaine, le vice-président du Conseil d’État Bruno Lasserre a rappelé que l’État risque déjà une astreinte de 10 millions d’euros par semestre pour non-respect de ses engagements en matière de pollution de l’air. Cette amende, si elle est confirmée, devra profiter aux défenseurs de l'environnement, a-t-il précisé.
• Dans un rapport publié aujourd'hui, trois associations sonnent l'alarme sur l'état des navires homologués par l’Europe pour l’exportation de bétail. Sur 78 bétaillères agréées, seules cinq ont été conçues à cet effet. Les autres sont des cargos vétustes reconvertis en moyenne à 29 ans, âge où ils devraient plutôt être envoyés à la casse. Pour maximiser le nombre d’animaux transportés, ces bateaux se voient souvent adjoindre plusieurs étages qui en modifient le centre de gravité et les animaux subissent des mouvements importants sans protection particulière. - Le Monde

• Hier, une enquête judiciaire a été ouverte par le procureur de la République de Brest suite à la pollution de la baie de Saint-Brieuc par le chantier de construction d'un parc éolien en mer. L'association Sea Shepherd a également déposé plainte. Une avarie sur le navire qui réalise les forages a libéré, hier matin, une nappe de fluide hydraulique longue de seize kilomètres et large de trois. - Actu Environnement

Compensation écologique : attention l'arnaque !

Une idée bluffante. Plutôt que d'interdire certains projets d'aménagement, les pouvoirs publics demandent que leurs impacts soient « compensés » par la restauration et/ou la protection d'écosystèmes similaires à ceux détruits.

La notion de compensation écologique est apparue pour la première fois en France dans la loi de protection de la nature de 1976. Le législateur y oblige les porteurs de projets à se soumettre au fameux triptyque « éviter-réduire-compenser » dans l'objectif d'avoir une « absence de perte nette voire un gain de biodiversité ». Sur le papier, la compensation permet potentiellement de générer encore plus de biodiversité que si le projet n'avait pas lieu ! Dans les faits, ce n'est pas ce qui arrive.

D'une part, parce que l'équivalence entre les espaces détruits et ceux restaurés est une imposture scientifique. L’idée que les écosystèmes sont substituables les uns aux autres ne résiste pas aux analyses des écologues. L'exemple de Notre-Dame-Des-Landes, qui aurait dû être le plan grand projet de compensation de France, est iconique de ce point de vue. Les 1 650 hectares de zones humides impactés par le projet d'aéroport comprenaient onze habitats protégés, deux zones naturelles d’intérêt écologique, faunistique et floristique et quatorze espèces protégées. La possibilité de reconstituer ailleurs la complexité de ces écosystèmes et de leurs interactions a été très rapidement contestée.

Le projet de loi climat et résilience prévoit d'interdire les nouvelles zones commerciales de plus de 1000m2, sauf si un projet de compensation existe  © Jean-Louis Zimmerman (Auchan d'Avignon) 

D'autre part, parce que le rapport de force entre les aménageurs et les fonctionnaires censés contrôler les projets, est trop déséquilibré pour permettre des opérations ambitieuses. Pressés par des exigences politiques relatives au développement économique des territoires, par le manque de temps et de moyens, les agents de l’État ont peu de marge de manœuvre face aux dossiers adroitement ficelés par des sociétés d'envergure internationale. Au final, 80% des opérations de compensations ne permettent pas d'éviter une perte de diversité, a montré une étude réalisée par des scientifiques du Muséum national d’histoire naturelle et d’AgroParisTech en 2019. Pour en savoir plus sur ce sujet, consulter ce dossier sur l'économie verte.

Travailler moins pour polluer moins

Work in progress. Une étude britannique estime que la généralisation des semaines de quatre jours permettrait de réduire l'empreinte carbone du pays de 21,3%.

Rarement une mesure de réduction des émissions de gaz à effet de serre n'aura été si attrayante ! Dans son rapport intitulé « stop the clock » (arrêter l'horloge), l'association britannique Platform détaille les impacts écologiques d'une réduction généralisée du temps de travail, sans réduction de salaire. Un des effets les plus perceptibles serait la baisse des trajets domicile-travail qui peut représenter jusqu'à 558 millions de kilomètres « économisés », soit 9% de trafic en moins. La semaine de quatre jours entraînerait également une baisse de la consommation d'électricité des entreprises, qui sont bien plus énergivores que les foyers. Par ailleurs, elle offrirait le temps nécessaire pour recourir à des modes de consommation plus sobres. Des études existantes montrent en effet que les personnes aux temps de travail plus étendus ont un bilan carbone plus important du fait notamment d'un recours accru aux repas ultra-transformés et aux achats en ligne.

Au Royaume-Uni, le transport représente 28% des émissions de CO2, c'est la première source du pays.  © Flickr / James Lane

Pour démontrer que le surplus de temps libre n'est pas consacré à des escapades lointaines ou à la surconsommation de biens, l'étude s'appuie sur l'exemple français du passage de 39 à 35 heures qui s'est traduit par davantage de temps consacré à des activités domestiques. En outre, un sondage de l'Université de Reading révèle que deux tiers des répondants britanniques souhaiteraient utiliser leur temps libre supplémentaire pour le passer avec leurs amis et famille, tandis que la moitié cuisinerait davantage. L'étude insiste toutefois sur la nécessité d'axer les politiques publiques sur le développement des activités culturelles et sportives locales afin que les lieux de vie soient aussi des lieux de loisirs.

Une ville sans voitures, c'est possible !

Il serait temps de passer la seconde. Être asphyxié par le trafic automobile en centre-ville n'a rien d'inéluctable. En témoigne l'exemple revigorant de Pontevedra, au nord-ouest de l'Espagne. Cette ville de la taille de Poitiers a réussi à supprimer 90% du trafic, tout en rendant la ville agréable aux piétons. Les équipes d'Envoyé Spécial s'y sont rendues pour comprendre comment y parvenir. Leur reportage est à retrouver ce soir sur France 2.

© Envoyé Spécial

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