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Jeudi 3 juin 2021
Chères toutes et chers tous,

Nous sommes ravi·e·s de vous présenter le dernier épisode de notre émission Au vert ! Comme vous le verrez au bas de ce numéro, nous avons rencontré Eric Piolle. Il fut autrefois le seul maire écologiste d'une grande ville française, celle de Grenoble, et aujourd'hui, il cache de moins en moins ses ambitions présidentielles.
 
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Laissés sur le bas-côté par les gouvernements, pendant que leurs communes sont malmenées par le réchauffement, les élus locaux sont peut-être la clef du changement.

Avec la nouvelle PAC, la France met "à poil" ses agriculteurs bio

Mercredi, des agriculteur·rice·s en bio ont manifesté à Paris dans le plus simple appareil pour dénoncer la version française de la Politique agricole commune (PAC) qui les met « à poil ».

A Bruxelles, la nouvelle version de la PAC pour la période 2023-2027 entre dans sa dernière phase d'élaboration. Avec son budget de 386 milliards d'euros, c'est le premier poste de dépense de l'Union européenne. Les associations et syndicats paysans espéraient que la France utiliserait les 9,4 milliards d'euros qui lui sont réservés pour favoriser une agriculture respectueuse du vivant (Vert), mais il n'en sera rien.

Rassemblement sur l'esplanade des Invalides, à Paris, ce mercredi. © William Lambert / Twitter

A l'appel de la Fédération nationale d'agriculture biologique (FNAB), quelques dizaines de paysan·ne·s se sont mis·es à nu sur l'esplanade des Invalides, ce mercredi. Elles et ils pointaient du doigt la volonté du gouvernement de supprimer l'aide au maintien en bio. Cette subvention, qui succède à l'aide à la conversion octroyée au cours des cinq premières années, se monte à 150€ par hectare et par an pour les viticultures, et jusqu'à 600€ pour le maraîchage et l'arboriculture. Sa suppression représentera une perte de plusieurs milliers d'euros pour de nombreuses exploitations.

Le gouvernement se défend en arguant que l'enveloppe pour l'aide à la conversion passera de 250 à 340 millions d’euros par an. L'objectif est d'atteindre 18% de la surface agricole cultivée en bio contre 9,5% en 2019.

Autre point de tension : les éco-régimes, prévus par la nouvelle PAC. Ceux-ci consistent en une aide supplémentaire accordée aux pratiques les plus vertueuses. Or, ils seront attribués au bio comme aux exploitations à Haute valeur environnementale (HVE). Comme Vert l'avait raconté, ce label n'a rien à voir avec le bio et permet l'emploi de pesticides à grandes doses.

Pour toutes ces raisons, craignent les associations, la version française de la PAC décidée par le ministère de l'agriculture risque de décourager les paysan·ne·s tenté·e·s par le bio.

• Fin mai, Yuka a été condamnée par le tribunal de commerce de Paris pour « dénigrement » et « pratique commerciale déloyale et trompeuse » à l'encontre de la filière française de la charcuterie. L'application d'informations nutritionnelles était visée par une plainte de la Fédération française des industriels charcutiers traiteurs. Celle-ci lui reprochait d'afficher une pétition pour l'interdiction des additifs nitrités lorsque les consommateur·rice·s scannent un produit de charcuterie. En janvier, des député·e·s avaient déjà proposé de bannir les sels nitrités, qui donnent son rose artificiel au jambon et qui sont soupçonnés de provoquer des cancers (Vert). Yuka a annoncé qu'elle ferait appel. - Le Monde (abonnés)

A Miami, un mur de six mètres de haut contre le bouleversement du climat

Barrage contre l'Atlantique. A Miami, ville américaine qui souffre déjà des effets du dérèglement du climat, un projet de mur géant contre les tempêtes fait débat.

Arbres déracinés, inondations, bateaux jetés dans la ville... En 2017, après que l'ouragan Irma a mis la ville sens dessus dessous, les autorités ont commencé à songer sérieusement à la meilleure manière de protéger Miami et ses alentours des catastrophes liées au climat. Fin mai, le corps des ingénieurs de l'armée américaine a proposé une solution : construire une immense digue de six mètres de haut et de près de 10 kilomètres de long.

Une rue de Miami après le passage de l'ouragan Irma en 2017 © Daniel Di Palma

Ce projet, qui n'est qu'au stade de l'étude de faisabilité, pourrait coûter quelque six milliards de dollars. En défigurant le paysage, il risque de faire chuter le prix de l'immobilier, déjà mis à mal par la montée des eaux dans l'Etat de Floride (Vert).

Après une saison des ouragans record dans l'Atlantique en 2020 (due au réchauffement), face à l'inexorable élévation de l'océan et à la multiplication des vagues de chaleur, les Miaméen·ne·s savent que des solutions draconiennes devront être prises dans les années à venir.

Comme l'explique le New York Times, le sud de la Floride est bâti sur un sol calcaire et bas, qui permet à l'eau de l'océan de s'infiltrer dans les terres lorsque les eaux montent, notamment à l'occasion de tempêtes ou de marées hautes. Ces avancées de l'eau de mer salée menacent de polluer les réserves d'eau potable souterraine, et font sauter les tuyaux d’égouts et les vieilles fosses septiques. Autant de sujets qu'ont refusé de traiter les Républicains au pouvoir depuis 20 ans dans l'Etat, jusqu'a tout récemment.

L'étude de l'armée prévoit aussi d'adapter les fosses septiques et les réseaux d'égouts, de surélever habitations et commerces, et de bâtir d'autres murs dans la ville. Des pistes qu'il reste à étudier pour les autorités locales et qui se chiffrent en nombreux milliards de dollars. La facture de l'inaction sera salée.

Laisser pousser les bas-côtés de nos routes

Changement de tonte. Des chercheur·se·s proposent de laisser pousser la végétation au bord des routes pour permettre au vivant de s'y développer.

Quoi de plus artificiel qu'un bas-côté de route régulièrement rasé de près, sinon la route elle-même ? Et pourtant, ces bandes inertes pourraient accueillir une foisonnante biodiversité si l'on voulait bien laisser faire la nature.

Dans leur étude, publiée dans la revue Landscape and Urban Planning, des chercheur·se·s ont étudié le cas britannique. Entre l'Angleterre, l'Ecosse et le pays de Galles, les bordures de routes représentent plus de 2 500 kilomètres carrés de terre, soit 1,2% de la surface totale du Royaume-Uni. Dont 41% de prairies, 19% de bois, 11% de broussailles et 27% (soit 707 km2) de pelouse régulièrement coupée.

En passant la tondeuse seulement une ou deux fois par an, les végétaux auraient le temps de se développer pour offrir un habitat à de nombreuses espèces. Et les insectes – dont les précieux pollinisateurs - auraient le loisir de se développer. De quoi nourrir les oiseaux, qui connaissent un grave déclin en France comme ailleurs. Etc. Des arbres pourraient être plantés pour accélérer le processus.

« Puisque la pénurie de terres est un obstacle majeur s'opposant à la résolution de nombreux problèmes environnementaux, les bords de routes présentent une formidable opportunité en matière de protection de la nature, de captation de carbone et de verdissement urbain », indique les auteur·rice·s.

Dans la mesure où les bords de routes sont gérés par un faible nombre d'acteurs (essentiellement les pouvoirs locaux et les concessionnaires d'autoroutes), un tel changement pourrait être opéré rapidement.

Au Vert avec Eric Piolle, maire de Grenoble

En 2014, il fut le seul maire écologiste élu dans une grande ville de France - celle de Grenoble. Aujourd'hui, il est candidat pas encore déclaré à la présidentielle de 2022. Vert a rencontré celui qui prône l'alliance d'un « arc humaniste », qui irait des Insoumis·es aux déçu·e·s du macronisme en passant par la société civile, afin de défaire « les puissances de l'argent » qui nuisent au climat, et proposer un autre modèle de société que celui de la croissance verte.

Précisons que cet entretien a été tourné avant la récente convocation en garde à vue d'Eric Piolle, au sujet de laquelle nous n'avons donc pas pu l'interroger.

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© Vert

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