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jeanne bucher jaeger

LA GALERIE VIENT À VOUS N°5

RUI MOREIRA
Machine of entangling landscapes VIII, 2019, Gouache et aquarelle sur papier, 152,5 × 237 cm. © Cintra & Castro Caldas


Cher(e)s Ami(e)s de la Galerie,

L’expérience de Rui Moreira avec le Sahara ne saurait être anodine puisque l'artiste a réalisé plus de 12 voyages dans le désert depuis le début des années 2000. Voyage initiatique, à la fois en épreuves et en révélations, cette expérience lui a permis chaque fois de pousser un peu plus loin les limites de ses perceptions corporelles et sensorielles, le plaçant à 2 reprises face à la mort.

Dessinant alors de façon ininterrompue à ses retours de voyage, Rui Moreira effectue une sorte d’exercice mnémonique en revivant à travers son corps d’une manière totalement instinctive le cycle  naturel de chaque expérience afin d’en traduire toutes les nuances. Il rejoint ainsi, dans la transe de son dessin, entre ferveur et extase, la trajectoire du poète portugais Herberto Helder qu’il admire infiniment, dont « l’écriture est exercée comme une calligraphie extrême du mondeun texte apocalyptiquement corporel » qui peut « ébranler l’ordre de l’univers » selon les mots du poète.

Tantôt mer tantôt cathédrale de sable sculptée par le vent, les paysages désertiques auxquels l'artiste œuvre actuellement sont constitués de superpositions de vues prises à différents niveaux entre cartes du ciel et vues aériennes laissant apparaître les structures invariantes des fractales de la nature nommées par Mandelbrot. Vus du ciel, ces paysages de sable s’animent de la fluidité et de la force du vent qui sculpte ces surfaces tout autant qu’ils font écho aux immenses réserves d’eau que recouvre ce sable depuis plusieurs milliers d’années, offrant une respiration composée d’air, de terre et d’eau. 

Rui Moreira associe cette période de confinement à ses expériences au sein du désert où tout être est dénudé et en contact avec sa propre mortalité, expérience dont il est ressorti chaque fois plus vivant, à la manière du Petit Prince de Saint-Exupéry s’exclamant « ce qui embellit le désert c’est qu’il cache un puits quelque part ».
En s’immergeant à dessein dans son dessin des mois durant, l’artiste a l’infime soupçon d’œuvrer à une saudade à la fois nostalgique et utopique d’une mémoire future.

Nous nous réjouissons de vous retrouver à la galerie à partir du 2 juin et toujours sur rendez-vous jusque là et vous adressons tous nos messages amicaux.

Véronique Jaeger
Cathédrales du vent I, avril-mai 2020, crayon sur papier, 101 × 153 cm
Seascape II, 2019, Encre sur papier, 56 × 77 cm. © Cintra & Castro Caldas
Rui Moreira dans le désert du Sahara
Espace St Germain
53 rue de Seine
75 006 Paris – France
T +33 (0) 1 42 72 60 42
Mardi-Samedi, 10 h - 18 h
Espace Marais
5 rue de Saintonge
75 003 Paris – France
T +33 (0) 1 42 72 60 42
Mardi-Samedi, 10 h - 19 h
      

Copyright © 2020 Jeanne Bucher Jaeger, All rights reserved.

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