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INFOLETTRE DES Ã‰COLOGISTES
DE LA RÉGION GRAND EST


N°4 - MARS 2021
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SUR LE TERRAIN

 Rencontrer les associations et syndicats : 

Ces dernières semaines, nous avons continué à rencontrer les associations et syndicats de nos territoires, échangé nos points de vue, enrichi nos arguments  Nous avons rencontré des représentants de la CGT Grand Est et de la Fédération Nationale des Associations d'Usagers des Transports (FNAUT) Grand Est. Avec l'association  FNE Grand Est  nous avons principalement travaillé sur  les problèmes liés à la méthanisation.

Nous avons aussi rencontré deux associations nationales : le Réseau Environnement Santé et WELFARM. 

Le Réseau Environnement Santé,  fondé en 2009, œuvre à  l’amélioration de la santé environnementale. Avec son président, André Cicolella, nous avons évoqué la possibilité pour  la région de  réduire l’exposition des habitant.e.s aux perturbateurs endocriniens. 

WELFARM est une association qui oeuvre depuis plus de 20 ans pour améliorer le bien-être des animaux d’élevage. Nous avons  rencontré ses représentantes  pour affiner nos moyens d’actions pour améliorer le bien-être des animaux d'élevage à travers la commande publique, l’agriculture biologique et les fonds de la Politique Agricole Commune.

 Soutien à Oumar Dembele

Oumar Dembele est un jeune sportif nancéien originaire du Mali. Orphelin, il a quitté son pays natal pour rejoindre la France en 2018 alors qu’il n’avait que 15 ans.  Aujourd’hui, il est placé au centre de rétention administrative de Metz et fait l’objet d’une décision d’expulsion vers le Mali, pays en guerre où il n’a plus aucune attache. Cette décision du préfet de Meurthe-et-Moselle est injuste. 

En effet, Oumar Dembele est pleinement intégré dans la société française. Il était notamment étudiant en baccalauréat professionnel avant d’être incarcéré. De plus, il est licencié au club sportif « Nancy Athlétisme Métropole » où il excelle non seulement par ses résultats en compétition mais également par ses qualités humaines. Il fait partie des “espoirs” nationaux dans le lancer de poids et s’était classé sixième au niveau national dans sa catégorie en 2021. Il encadre également bénévolement de jeunes athlètes. 

Les représentant.e.s du club se mobilisent pour qu’il ne soit pas expulsé : le président du club a écrit au juge en charge de l’affaire pour l’informer qu’il souhaite signer un contrat de travail d’aide entraîneur avec Oumar Dembele. Le club a également lancé une pétition contre son expulsion qui a recueilli plus de 35 000 signatures. Nous vous invitons à la signer et à la partager en suivant ce lien.

Nous nous mobilisons contre cette expulsion :

Nous avons envoyé une lettre au préfet et Eliane Romani et Jean-François Secondé ont été manifesté leur soutien devant le centre de rétention administrative de Metz. Géraldine Krin a rencontré les soutiens d’Oumar Demeble lors d’un rassemblement contre son explusion: 

Défendons notre biodiversité culturelle !
Le 17 mars en Séance Plénière, nous déposerons une motion pour que la Région Grand Est soutienne l’usage et le développement des langues régionales dans notre territoire.

Nous avons déjà rappelé leur importance à l’occasion de la journée internationale des langues maternelles du 21 février dernier.  Cette diversité culturelle et linguistique est une richesse que la Région doit soutenir.  Explications. 

 

 Soutenir le régionalisme et les langues régionales au cœur du projet écologiste

Les écologistes sont profondément régionalistes et souhaitent œuvrer à la reconnaissance de la diversité culturelle locale. La vision écologiste de la proximité est démocratique et reprend à son compte le principe de subsidiarité :  la responsabilité d'une action publique revient à l'entité compétente la plus proche de celles et ceux qui sont directement concerné.es par cette action. C'est en somme la recherche du niveau  pertinent auquel doit être conçue une action publique. 

L’écologie dit que notre destin est terrestre et le régionalisme dit que nous ne venons pas de nulle part, qu’il faut protéger nos terroirs. Celles et ceux qui détruisent la planète, polluent nos cours d’eau, empoisonnent nos sols, défigurent nos paysages, sont les mêmes qui pratiquent l’appropriation culturelle, écrasent de leurs mépris les identités multiples, se gaussent de la diversité des langues et, au final, visent à uniformiser le monde. 

Dans notre Région  ces processus menacent la richesse de notre  diversité, paysagère et culturelle.. 

La langue est un maillon essentiel de  la “biodiversité” culturelle. De ce fait, la préservation et la promotion des langues régionales ne doivent pas être des mots vides, mais les fondements d’une politique consciente des enjeux en termes de démocratie, de cohésion sociale et de respect des objectifs de développement durable. 
 

 La Région a les compétences pour soutenir les langues régionales 

La diversité linguistique est un bien commun qui doit être préservé et le Conseil Régional a les compétences pour favoriser son usage et son développement, notamment grâce à la formation professionnelle, les lycées ou encore à travers les subventions au monde de la culture.

Des politiques linguistiques pertinentes sont possibles et sont déjà mises en place dans des régions comme la Nouvelle-Occitanie, la Bretagne, la Corse et même dans le Limousin. La nomination ( ? ) d’une vice-présidente de la Région au bureau de  l’Office pour la Langue et les Cultures d'Alsace et de Moselle doit montrer l’intérêt que la Région Grand Est porte à la promotion et à la sauvegarde des langues régionales.  

 Le régionalisme ne doit ni servir au repli identitaire, ni aux calculs politiciens

Loin d’un repli identitaire qui mettrait en opposition les territoires, il s’agit au contraire de valoriser leurs atouts et d’en faire un projet commun d’ouverture et de partage. Certains partis de droite ou d’extrême droite utilisent le régionalisme pour justifier les thèses de rejet et de mépris des autres. Cela n’est pas acceptable : défendre sa culture, c’est avant tout permettre de s’ouvrir à celle des autres. 

D’autres utilisent le régionaliste pour faire de la politique politicienne. C’est le cas notamment de Frédéric Bierry, président de la Collectivité Européenne d’Alsace qui utilise une consultation sur l’avenir de l’Alsace pour exister politiquement. 

Si nous sommes favorables à  la consultation des citoyen.nes le plus souvent possible, nous estimons que celle-ci n'a aucune légitimité dans la forme et risque au contraire de créer de la frustration, puisqu’elle ne pourra aucunement aboutir. Les votes démontrent néanmoins qu’il y a bien un malaise chez certain.es citoyen-ne-s :  il devient  nécessaire de se poser la question de la réorganisation des territoires. 

Les Grandes Régions ont été découpées sur un coin de table et notre région n'a pas fait la preuve de sa capacité à répondre  aux besoins des citoyen-ne-s . 

Comme le démontrent les taux d’abstention toujours plus élevés à chaque élection, il y a urgence à réformer nos institutions et à donner plus de proximité aux décisions publiques. Nous pensons que cela doit se faire à l’échelle nationale, avec un vrai débat sur nos institutions et  sur la manière de rapprocher les décisions des citoyen-e-s. 

 

AGRICULTURE ET POLITIQUE AGRICOLE COMMUNE

 Entretien croisé avec : 

Laurent Dreyfus 
ancien éleveur, conseiller régional à la Région et membre de la commission “Agriculture”

 

                        
Christophe Dumont 
chargé de développement dans une coopérative conseiller régional  Grand Est et membre de la commission "agriculture" 

 

 

Cela fait maintenant plus de huit mois que vous avez pris vos fonctions comme conseillers régionaux et que vous siégez à la commission agriculture. Quel bilan faites-vous ?

Laurent : Je tire un bilan plutôt négatif de l’action de la majorité régionale sur les sujets agricoles pour bon nombre de raisons. La première est le manque de transparence et de démocratie. En tant qu’élu d’opposition, peu d’informations, voire aucune pour certains dossiers, ne me sont transmises avant la tenue des commissions. J’ai l’impression que sur les dossiers les plus importants, comme la maquette pour gérer le budget de la nouvelle Politique Agricole Commune (PAC) pour la période 2023-2027, la majorité travaille de son côté avec des représentants des agriculteur.ice.s, mais sans nous consulter, ni les associations de protection de l’environnement, de bien-être animal ou de consommateurs. Pourtant, je serais ravi de pouvoir travailler avec la majorité sur des sujets comme l’installation des jeunes agriculteur.ice.s, les formations en agroécologie et bien-être animal dans les lycées agricoles ou le développement de circuits courts. On retrouve parfois des bonnes initiatives sur ces dossiers. 

Mon second constat est que la majorité soutient prioritairement un modèle agricole intensif, désormais uniquement basé sur les technologies. La majorité ne parle que d’agriculture de précision et de méthanisation pour régler la crise de la biodiversité et climatique. Ce sont de fausses solutions. Par exemple, des dysfonctionnements de certaines installations de méthanisation se sont déjà produits en France et ils ont entraîné la pollution de rivières. En plus, il y a le risque que les paysan.ne.s produisent davantage pour faire de l’énergie au lieu de nourrir la population. Or, c’est maintenant qu’il faut agir en changeant de modèle : Yannick Jadot aura pour première mesure la sortie de l’élevage intensif. 
 

Christophe : Nous constatons un fossé entre le discours de la majorité qui vante un virage vers une transition écologique et ses actes : elle contribue à développer un modèle agro-industriel.

On évoque beaucoup dans le budget compétitivité, digitalisation, bio économie, chimie verte, robots, intelligence artificielle, agriculture de précision, mais on parle finalement assez peu de nourrir les 5 millions et demi d’habitant-e-s de notre Région.

Cette ferme du futur, cette agriculture 4.0 que la majorité appelle de ses vœux, loin de marquer une nécessaire transition, n’opère qu’un changement à la marge de notre système agricole, ajoutant une dépendance technologique à toutes celles que nos paysan-ne-s subissent déjà.

En bref, comme me le disait récemment un ami paysan, « on bouche les trous sur le mauvais chemin ». Il faudrait d’ailleurs une bonne dose d’hypocrisie pour prétendre renouveler les générations d'agriculteur-ice-s en continuant à développer ce modèle industriel qui supprime les emplois.

Face à ce premier bilan, quelles sont vos priorités pour les prochains mois ? 

Christophe : Les chiffres du recensement agricole viennent de paraître : 1/3 des éleveur-se-s du Grand Est ont disparu en 10 ans et en 50 ans, ce sont les 2/3 de nos fermes qui ont été rayées de la carte.

En 10 ans, la taille moyenne des exploitations s’est accrue de 20 %. Avec la moitié des agriculteur-ice-s en âge de partir à la retraite à court terme, le renouvellement des générations est un enjeu primordial. Il faudrait d’ailleurs une bonne dose d’hypocrisie pour prétendre renouveler les générations en continuant à développer ce modèle industriel qui supprime les emplois.

La nouvelle politique agricole commune n’arrange rien, s'entêtant à rechercher une illusoire compétitivité de nos fermes. Agriculture bio et certification à haute valeur environnementale (HVE) y sont logées à la même enseigne, alors que les exigences HVE sont bien moindres,

En Grand Est, le CESER dans son avis sur ce budget et nous alerte en émettant des réserves sur cette "troisième voie" en agriculture qui consiste à créer de nouveaux labels très peu exigeants qui, je cite le CESER, "pourraient compromettre l’atteinte des objectifs affichés pour le développement de l’agriculture bio". Il y a un terrible paradoxe Ã  diminuer les aides à la bio, à mesure qu’on lui fixe des objectifs toujours plus importants à atteindre. Le fait pour la Région de financer la certification viticulture durable, alors qu’elle ne finance plus la certification bio, apparaît comme une véritable provocation.

La Région a également supprimé les aides au maintien en agriculture biologique  et a plafonné  les aides à la conversion, à tel point que les conversions progressent moins vite actuellement. Nous avons fait des propositions lors de la plénière sur le budget pour consacrer à l'agriculture bio les crédits qu’elle mérite. Les aménités de ce système pour nos territoires sont reconnues en termes de santé, d’environnement mais aussi d’emploi.

Plus généralement, nous ferons durant tout notre mandat des propositions en faveur d’une agriculture ouverte sur la société, qui rémunère bien ses agriculteur-ice-s et qui procure une nourriture saine aux habitant-e-s du Grand Est. C’est comme cela que les écologistes envisagent la ferme du futur.

Laurent : nous allons poursuivre nos efforts de proposition. Ce sera crucial dans les mois qui viennent car la Région discutera et votera sur les aides de la nouvelle PAC pour la période 2023-2027. Ce débat sera crucial pour décider du modèle agricole que nous voulons avoir dans la prochaine décennie. 

Si avec la réforme de la PAC, les régions françaises ont perdu certaines compétences, elle garde toujours la gestion des aides à l’investissement et à l’installation. Nous ferons des propositions sérieuses avec les marges de manœuvre que nous avons. De plus, nous continuerons à dénoncer les fausses solutions défendues par la majorité. En plus de l’agriculture de précision et de la méthanisation, la Région subventionne la certification HVE (Haute Valeur Environnementale) au détriment de l’agriculture biologique. Or, la certification HVE a des critères bien moins stricts. Par exemple, elle n'intègre aucun critère de bien-être animal. et elle peut utiliser des pesticides sans aucune contrainte.

Question: dans le débat politique national, on entend généralement que les écologistes ont des positions qui vont à l’encontre des paysan.ne.s. Qu’en pensez-vous ?

Laurent : c’est un faux débat et un faux procès. C’est le modèle actuel, intensif et basé sur l’agrobusiness, qui écrase les petit.e.s paysan.ne.s. A l’échelle européenne, 80% des aides de la PAC vont dans les poches des 20% plus grosses exploitations. En France, un éleveur sur quatre vit sous le seuil de pauvreté. Le système actuel a montré ses limites et ne profite qu’à une poignée d’exploitations. Au contraire, nous portons une autre voix pour aider les paysan.ne.s locaux.les. Par exemple, nous défendons le développement des circuits courts et une hausse des produits locaux dans les cantines des lycées pour aider les paysan.ne.s de notre territoire, alors que d’autres partis votent en faveur d’accords commerciaux à Bruxelles et à Paris qui conduisent à importer plus de produits agricoles en France qui ne respectent ni nos normes environnementales ni nos normes de bien-être animal. de manière générale, les agriculteurs bio voient leurs revenus s'améliorer après leur conversion.

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